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LES OBSESSIONS SYMBOLIQUES

La pathogénie des Névroses et des Psychoses, telle que la conçoit la Psychanalyse, s’écarte manifestement des notions classiques; le rôle attribué jusqu'ici au facteur héréditaire y est singulièrement restreint; la part prépondérante attribuée par Freud au facteur « acquis » s'explique par le fait qu'il recherche les raisons premières de la Psychose, comme de la Névrose, dans « un développement défectueux ou une mauvaise satisfaction de la Libido. Considérée comme une maladie du développement de l’Individu, Psychose et Névrose prennent la valéur d’une réaction de défense du sujet contre luimême où même d’ « une espèce d’autoguérison avortée ». « Défense naturelle de l’organisme contre la difficulté de l’adaptation du sujet au milieu social, à la réalité. » (Régis et Hesnard, p. 223). ot

L'oubli actif de souvenirs associés aux premières expériences sexuelles, oubli conditionné par la censure, la conscience, toutes les forces policières de notre moi mobilisées contre les tendances instinctives de la Libido, permet d’assimiler la maladie ainsi conçue à une « vaste et illégitime amnésie infantile » (Régis et Hesnard, p. 241), et l’on a pu parler de « Régression » ici comme dans le Rêve.

Aussi ne devons-nous pas nous étonner de la signification sexuelle attribuée la plupart du temps au symbolisme pathologique par Freud et son Ecole. Quelques exemples vont nous permettre de vérifier plus avant la réalité de cette hypothèse.

Nous allons voir également que si l'élément symbolisant peut parlois revêtir une forme pour le moins surprenante,

or.

rendant d'autant plus pénible son interprétation, le voile est

souvent bien .ténu qui peut faire illusion au malade lui-même

sur le sens de ses symptômes. Parfois aussi le malade prend conscience, de façon plus ou moins confuse, des secrètes correspondances qui s’établissent avec son Inconscient. Pareil fait s’est déjà présenté à nous lors de l'étude du Rêve (exemple du Rêve érotique). Le premier cas est cépendant et de beaucoup le plus fréquent. En saurait-il être différemment? Psychasthéniques, obsédés ou anxieux, hallucinés ou délirants, Schizophrènes ou délirants mystiques se présentent à nous comme diminués dans un ou plusieurs de leurs facultés. Certes, il ne faut pas oublier que la Schizoïdie, voire la Schizophrémie, tout au moins dans les premières étapes de la maladie, ne sont pas incompatibles avec une intégrité relative du Raisonnement, et qu'il n’y a de changé que la « direction » seule selon laquelle fonctionne ce raisonnement; il n’en demeure pas moins que. dans l'immense majorité des cas, la personnalité de ces malades nous apparaît comme troublée, amoindrie par ce phénomène étranger, parasite, qu'est leur affection. |

Freud, reprenant la thèse de la base émotive des obsessions, chère à Pitres et à Régis, estime, en eflet, que l’état émotif restant le même, l’idée caractéristique de l’obsession peut changer. Ainsi, ses « dérivées substituées », issues d’un besoin de déguisement compréhensible en ce cas, paraissent-elles isolées, absurdes, sans lien logique avec l’état émotif. C’est là un caractère symbolique par excellence.

De ce mécanisme de défiguration, Freud a étudié les différents temps.

Il distingue

4° L'Ellipse : une omission, une coupure dans le raisonnement syllogistique qui rattache normalement le symbolisant (idée) au symbolisé (émotion);

2° L'Intervalle : localisation par le malade dans un événement actuel d’un état émotif bien antérieur (nous savons qu'il date presque toujours de l'Enfance);

3° Le déplacement affectif, qui nous est connu;

4 Le choix inconscient d’une « formulation verbale », dont le caractère équivoque égare la conscience loin du sens réel de l’obsession et protège de ce fait l'existence de

celle-ci.

Nous allons voir que ces phénomènes ne sont pas des « vues

de l'esprit ».

OgservaTion II (Résumée).

(MM. Cn. Pernens et P. Desporr, Congrès des Aliénistes et Neurologistes de France, 28° session, Bruxelles, 3 août 1924.)

G... (Simone), 21 ans, présente une hérédité chargée. Née en état de mort apparente, toujours malade, elle n’a marché qu'à 8 ans. Son développement intellectuel fut très lent, comme son développement physique. Atteinte d'asynergie cérébelleuse et d'épilepsie (qui cède au traitement), elle est internée en 1921 à cause de son instabilité et de ses obsessions impulsives nombreuses.

Dagnostie. — Obsessions impulsives chez une dégénérée atteinte de lésions encéphaliques diffuses.

Malingre, bancale, la tête en extension forcée, la bouche de travers et de menton baveux, Simone n'a d'un être déchu que l’appàrence trompeuse; elle se montre douée de mémoire et de jugement; elle est orientée, ne délire pas et se montre, à l'occasion, spirituelle.

Le caractère antisocial de ses réactions a justifié son internement : Tics de salutation, impulsions à toucher personnes et objets voisins du plat de la main ou de la pointe du pied, Elle fait des scènes d'exhibitionnisme, soulève, dès qu'on s'occupe d'elle, sa robe jusqu'au nombril et applique la paume de sa main droite sur ses parties génilales, ou bien s'étend sur le parquet au milieu de ses compagnes, élalant sa nudité dans une attitude lubrique. Un cérémonial particulier préside à ses repas : elle ne porte son pain à la bouche qu'après l'avoir frotté contre ses parties génitales. Quand on l'en empêche en nouant sa jupe, elle se satisfait en promenant le pain dans ses cheveux. À côté d’un besoin intermittent de dire des gros-

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