HUILE
plusieurs heures, et suppose chez son auteur une solide documentation. Ainsi Jean D... possède à fond la nomenclature des évêques de France, non parce que les évêques l’intéressent, mais parce qu'il voit en eux la pépinière des futurs cardinaux. Aussi, quelle joie lorsque l’un d’entre eux vient prendre place parmi les élus ! Quelle délectation de penser « à la belle promotion de 1916, celle de Monseigneur Dubois, de Monseigneur Dubourg et de Monseigneur Morin, évêque de Grenoble, de penser à la promotion plus belle encore de 1910, où le choix de Pie X se porta sur Monseigneur Amette, Monseigneur Dubillard, Monseigneur de Cabrière et Monseigneur Billot, père Jésuite à Rome ». « Qu'il meure, ce pape, mais qu'il fasse des cardinaux ! », s’écrie Jean D... à l’occasion d’une promotion dont l’annonce se fait attendre, et il collectionne photos et dessins traitant du sacre des cardinaux. Il va plus loin : dès qu'il se détache du réel, son imagination lui offre le spectacle de cérémonies religieuses où domine, coiffé du chapeau et vêtu de pourpre, un cardinal. Il éprouve alors un plaisir violent. Mais ce plaisir est au moins aussi vif lorsque sa représentation mentale se limite aux seuls attributs — essentiels pour lui — du cardinal : la robe et le chapeau.
Jean D... qui est intelligent, donne de tout cela une explication ingénieuse : le cardinal, étant à ses yeux le personnage le plus représentatif de l'Eglise, demeure pour lui le symbole toujours présent de l'Idéal qu'il n’a pu atteindre.
Or ces représentations cardinalices se produisent de préférence au lit, dans cet état incertain qui n’est ni la veille ni le sommeil et qui favorise au plus haut point les combinaisons de la rêverie. Et Jean D... reconnait que ces images alternant avec les images érotiques déjà décrites, donnent un plaisir physique de même qualité. I n'en faut pas davantage pour voir là une variété de fétichisme homosexuel,
Ainsi D... cultive et développe un état obsédant en rapport avec sa perversion, À son insu, il s’est créé un symbolisme de luxe, où des cardinaux vêtus de rouge, dans l’attitude de la prière et de la bénédiction, parmi les magnificences des cérémonies catholiques, retiennent son attention et son intérêt. »
OBsERvVATION IV (Résumée).
(Henri CLauDE et Brancan, Sur un cas d’obsession génitale avec angoisse et tendance à l'exhibitionnisine chez la femme, Congrès des aliénistes et neurologistes de langue française. Luxembourg- Metz, 1°%-6 août 1921.)
Mme S.., 47 ans, a toujours joui d'une bonne santé. Ses antécédents héréditaires et collatéraux sont excellents. Pas d’antécédents personnels notables. L'examen somatique et fonctionnel ne montre rien de saillant, sauf un trouble de l'équilibre vago-sympathique, bien mis en évidence par une forte réaction à la pilocarpine.
Mme S... a toujours été d’une parfaite insensibilité génitale, Jeune fille, femme ou mère, elle n’a jamais éprouvé ni sensations ni désirs sexuel$. Elle affirme n'avoir jamais pratiqué la masturbation. Il y a une dizaine d'années, une nuit, elle connaît des impressions nouvelles. « Elle ressent une vive chaleur au niveau des organes génitaux, son corps est animé de mouvements désordonnés, ses mains tremblent, et pour la première fois de sa vie elle éprouve de vives jouissances. Elle se réveille et se retrouve les cuisses serrées com- “pressant la vulve, mais rapidement l’orgasme diminue et disparaît. Toutefois le souvenir de ces sensations fait éclore dans son esprit un léger désir de les éprouver à nouveau. »
A trois autres reprises, deux ou trois jours avant l'apparition des règles, les mêmes phénomènes se reproduisent, et dans les mêmes conditions, et toujours après le réveil l’état de jouissance s'évanouit. Enfin, il y a deux ans, à la suite d’une cinquième édition de ces phénomènes, l’état voluptueux disparaît bien au réveil, « mais l’état d’excitation persiste, et, les jours suivants, loin de s’apaiser, il s’exagère ». Bientôt, l'excitation sexuelle est paroxystique, la simple agitation du bassin et des cuisses, éléments de son rêve de la veille, ne lui suffisent plus. Elle rêve d’une petite casserole, entrevue dans la journée de la veille et aussitôt réveillée se sent poussée à aller frotter sa vulve contre cet objet, à le serrer entre ses cuisses. A quelques jours de là, la vue d’un beau cheval
EST RS blanc déclenche l'impulsion génitale et le désir d’avoir des râpports avec cet animal. Le lendemain, la vue d'un quelconque animal suffit. « Mais bientôt son obsession devait s'enrichir d’un nouvel élément, consistant dans l'idée de violenter l'objet de ses convoitises. Non contente de songer à le serrer, à l’étreindre, à s'y frotter, elle voulait désormais, si c'était un être aimé, le faire crier, le pincer, le mordre, et si c'était un objet le déchirer, le couper, le briser. » Ce sont bientôt des êtres humains, des enfants surtout auxquels s’attachent ses désirs.
Dans une deuxième phase de l’obsession-impulsion génitale, survient une dissociation des différents éléments de l'impulsion chacun d’eux devenant indépendant et continuant à se développer pour son propre compte. Le besoin de violenter l'objet de ses désirs, qui accompagnait auparavant l'impulsion non réalisée, à se frotter contre lui, constitue maintenant par moments le fond même de l'impulsion, de sorte que, se trouvant devant une personne, l’idée de lui faire du mal surgit dans son esprit, indépendamment, de toute idée de contact sexuel. La modalité de l’action malfaisante varie sans cesse, mais en gardant toujours plus ou moins une teinte génitale. Enfin, un jour, se promenant, elle se sent poussée à se dévêtir devant tout le monde dans un jardin et à accomplir des actes obscènes. Hospitalisée le 15 mai 1920 à la Salpêtrière, où elle resta neul mois, elle entre après quelques semaines de calme à l'Hôpital Saint-Antoine, dans le service de Claude, à cause de « la persistance de ses obsessions impulsives et de la honte qu'elle en ressent ». Pour Claude et Biancani, la pathogénie des troubles mentaux de Mme S... peut ainsi se résumer : Des troubles du sym-. pathique pelvien ont créé un état cœnestopathique spécial de la région du bas-ventre, qui sont à l’origine des réflexes voluptueux et de l’activité onirique spéciale à la malade. Un antagonisme s’est créé entre la personnalité morale de la malade et l'incitation génitale, Force est restée à la censure en un cerlain sens puisque la malade n'a pas cherché à assouvir son désir par des relations sexuelles de nature quelconque, Mais la malade a payé cher ce refoulement, L'exeès de Ja Libido s'est déversé dans le Rôve d’une part, dans les déviations complexes que nous avons énumérées.
d'autre part, cette énergie se traduisant alors spontanément par des débauches de déviations génitales qui peuvent rentrer dans la bestialité et le sadomasochisme, alors que cette femme, par son éducation, ignore tout de ces pratiques anormales. Enfin la substitution à été poussée si loin que les idées dérivées-substituées ont laissé place à des éléments affectifs nouveaux, dégagés de l’expression psychose%uelle et se traduisant uniquement par des impulsions à la violence, ete., « car les tendances exhibitionnistes ne peuvent être considérées ici que comme une expression de la charge psychomotrice ».
OBSERVATION V (Résumée).
(Fromenry, thèse de Bordeaux, 1925, Erotisme et hallucinations.)
Jeanne, institutrice de #1 ans, entre, le 45 avril 1924, à la Maison de santé de Château-Picon. « Une grande asthénie, des hallucinations, des illusions sensorielles, auxquelles pendant un temps elle attache sa croyance, mais qu'elle rectifie ensuite. » Tel est son certificat d'admission.
Lourde hérédité morbide.
Antécédents personnels : Mariée à 24 ans. Deux fausses couches spontanées, et salpingo-ovarite ayant nécessité la castration. Deux enfants auparavant. En dix-sept ans de mariage, au dire de son mari, elle n'a eu que deux ans de bonne santé et d’entrain. Elle présente, sur un fonds de lassitude mentale et physique, des crises hallucinatoires et des obsessions s’accompagnant d’une céphalée extrème. Entre les crises, elle est aboulique, abrutie, désorientée, se confine parfois dans la stupeur. Divers médecins la soignent. Leur diagnostie oscille entre l’encéphalomyélite épidémique, la syphilis cérébrale, une tumeur cérébrale du lobe occipital (hallucination de l’ouie).
Les hallucinations dé Jeanne sont d’une extraordinaire variété, et, depuis deux ans, Jeanne vit autant dans le rêve que dans là réalité. Elle rêve sans se croire endormie et s’éveille sans rien oublier de son rêve. Une demi-obscurité, un moment de silence, le soir, voici que son visage s’anime, elle s’agite, parle à demi-voix,
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mais très vite, se lève, marche au hasard et se retrouve n'importe où dans les postures les plus variées. Elle entend marcher près de son lit « à pas de loup ». Une foule bariolée emplit sa chambre. Des bêtes féroces énormes, à tête presque humaine, s’approchent et grimacent horriblement.
Deux scènes reviennent comme un leit-motiv dans ses rêves Deux hommes, qu'elle connaît bien, viennent à tour de rôle pour en user avec elle comme un époux. Leur approche la remplit d’effroi, mais en s’approchant d'elle ils sont si caressants et si tendres qu’elle n’est qu'à demi-violée. Au réveil, Jeanne est honteuse et dégoûtée.
Elle a aussi des halluecinations lilliputiennes : De petites femmes court-vêtues entament dans la ruelle de son lit un ballet digne de l'opéra, mais celui-ci verse rapidement dans la Pornographie. Parfois même, prenant une grandeur naturelle, ces danseuses vont jusqu’à baiser Jeanne sur la bouche, sans aller cependant jusqu'à l'audace des amants de l’autre rève.
Le passé affectif de Jeanne jette quelques clartés sur le contenu des rêves et des hallucinalions : son père, ivrogne, venant dans sa chambre de fillette, aurait crié, le regard fixe : « Regarde toutes ces petites femmes qui dansent ! »
Les amants hallucinatoires ont eu des précurseurs, ou, plus exactement, des prétendants, Jeanne aurait sauvé par deux fois son honneur de haute lutte en résistant héroïquement à de pressantes avances. Le mari de Jeanne est bien froid, or Jeanne est « un foyer de caresses brûlantes ». Pour pallier à cet érotisme surchaufté on fait à Jeanne une série d'injections épidurales de cocaïne qui donnent heureusement d'excellents résultats. Jeanne va beaucoup mais deux épisodes hallucinatoires sont remarquables par leur signification symbolique.
Un rève.. Des singes lui montrent leur sexe. Puis un coursier rapide tourne autour d'elle en resserrant sa piste jusqu’à pouvoir lui montrer qu'il est un étalon. Puis des théories de belles jeunes filles s'approchent pour l’embrasser et se métamorphosent alors en hommes.
Un autre jour, son mari la conduisant à travers le pare, ils re-
gardent une femme qui donne du grain à la volaille, Jeanne regarde fixement la femme : Tout angoissée, elle vient de voir au milieu de la volière, à la place de la femme, une danseuse. Ses hanches, ses reins, Son ventre, mimaient une danse lascive, ses bras balancçaient au-dessus de sa tête un objet étrange, une sorte de ballon de baudruche, allongé, phalloïde..…….
Par la suite, Jeanne s'améliore sulfisamment pour pouvoir retourner à son ménage, mais revient à Château-Picon au bout de quelques temps dans un élat peu brillant. Des hallucinations de l'ouïe apparaissent, accompagnées d'’interprétations délirantes, elle combine les éléments du tableau clinique de la Psychose hallucinatoire chimérique.
Trois étapes ont marqué l'évolution chez Jeanne de sa propre conception sur la nature de sa maladie : Elle à d’abord fait des rèves érotiques aussi francs que possible, en a conçu des serupules qu'elle s'est dépèchée de rejeter. Mais si elle n’y a réussi qu’en partie, il ne faut pas chercher ailleurs la cause de ses obsessions symboliques.
Puis Jeanne s’est considérée comme malade. Chaque poussée d’érotisme la voyait se remettre, confiante, aux mains des médecins. Guérie, elle ne gardait ni reproche, ni crainte.
Le troisième temps correspond au séjour de Jeanne dans sa famille; les reproches injurieux de sa belle-mère et de son mari l'ont fait se replier sur elle-même. Elle établit un rapport entre son délire et ceux qu'elle connut à son père. Elle est désespérée et demande d’abord à mourir. Elle préfère, dans la suite, se justifier par un délire d'interprétation.
OBsErvAaTION VI.
(Communiquée par M. le Docteur PERRENS.)
X... (Jeanne), est une jeune fille de 20 ans que nous voyons, pour la première fois, dans le courant de l’année 1926, sur la demande du médecin de sa famille qui la traite depuis longtemps déjà.
Par lui et par la jeune fille elle-même, nous apprenons que l’affection pour laquelle nous sommes appelé date de deux ans, et que rien
/ Moreau 7
he pouvait la laisser prévoir, sinon une sensibilité un peu vive et une humeur parlois capricieuse, On ne signale, dans le passé de la malade ou dans ses antécédents héréditaires, aucun fait qui mérite d'être noté : l'apparition des règles, en particulier, ne provoque aucun désordre.
C'est donc à l’année 1924 qu'il faut remonter pour trouver les premières manifestations d'un état pathologique d'’allure particulièrement grave : un matin, en se levant, Jeanne se-découvrit le désir, ou plutôt le besoin, de déplacer trois fois chacun des objets qui se trouvaient à sa portée. Elle se laissa entraîner sans résistance à des actes qu'elle considérait comme inofiensifs, tout en remarquant qu'elle éprouvait une impression pénible si elle retardait leur réalisation.
Bien vite son inquiétude prit une importance démesurée; décidée à rompre avec une habitude qu'elle sentait devenir tyrannique, elle multiplia les efforts pour ne pas céder. Ce fut, au prix d'un redoublement d’anxiété, l’apaisement, relatif d’ailleurs et bien momentané, ne lui étant offert que par la triple répétition des actes différés. Voyant l'insuccès de ses tentatives, elle s'’abandonna entièrement; dès lors, au milieu des signes d'une anxiété très douloureuse, accompagnée de pleurs, de désolation et parfois d’une irritabilité qui se déchaïnait contre ses parents, elle employa toutes les minutes de ses pensées à l'accomplissement de ses obsessions impulsives. Le principe était de répéter trois fois un acte qu'on eût pu considérer comme achevé en une seule; dès son réveil, elle se mettait à l'œuvre. Il serait fastidieux de la suivre dans tous les détails de sa vie monotone et insupportable, Ouvrir les paupières une fois, puis deux, puis trois, répéter trois fois encore chacun des mouvements nécessaires pour se lever, faire trois fois sa toilette, s'habiller trois fois, se peigner trois fois en veillant à ne se servir de son peigne et de ses différents objets de toilette qu'après les avoir pris une fois et remis à leur place exacte, les avoir pris une deuxième fois et replacés au même endroit, après les avoir repris enfin pour la troisième fois.
On devine combien l'observation minutieuse d’un pareil protocole devait être absorbante, Comme elle s’imposait avec autant de rigueur
pour les repas, pour toutes les obligations de la vie quotidienné, comme notre jeune malade ne pouvait voir un objet sans le prendre, le soupeser, le poser soigneusement sur le meuble d’où elle l'avait enlévé afin de le prendre encore deux fois'avant de le poser une troisième; il lui était impossible de s'occuper librement, de se distraire, de sortir; depuis plusieurs mois, elle s'était interdit toute promênade et demeurait confinée dans sa maison.
Lors de notre premier examen, ellectué en présence de ses parents et du médecin de la famille, Jeanne X... ne nous fit aucune confidence de nature à nous éclairer sur l’origine de ses troubles. Son état général était bon : quelques signes légers d'embarras gastrique, de la constipation, rien d'autre. Son sommeil, parlois irrégulier, était, dans Fensemble, satisfaisant. Huit jours après, au cours d’un second examen seul avec la malade, en insistant beaucoup pour avoir des précisions, nous apprimes que les phénomènes obsédants n'avaient pas commencé effectivement le matin du jour qu'on nous avait d’abord indiqué.
La veille au soir, après s'être couchée bien portante, parfaitement tranquille, Jeanne X..., aurait été prise tout à coup d’une crise anxieuse sur les motifs de laquelle il lui semblait impossible de s'expliquer, mais dont elle pouvait dire que sa durée avait été de plusieurs heures et que l’apaisement permettant enfin le sommeil n'avait été dû qu'à la prière.
La soudaineté des accidents, la manière dont ils avaient été caïmés, faisaient penser à un conflit moral dont les termes se seraient posés pour la première fois à l'esprit de notre malade; il était naturel d'insister encore pour l’obliger à des aveux. Voici les évènements qu'il nous fut permis de reconstituer : En se couchant le soir, Jeanne X, envahie par des préoccupations lascives, avait fait son premier essai d’onanisme et le succès n'avait été que trop complet. Immédiatement après, elle fut saisie d'une grande frayeur, celle d’avoir commis un péché impardonnable et de s'être damnée. Aucune tentative de critique, aucun raisonnement en vue de se jus-
tifier: sa crainte lui apparaissait légitime, le châtiment devant être
proportionné ‘à la faute que, d'emblée, elle avait tenue pour très grave. Affliction, larmes, gémissements, tout à coup un espoir.
Qui sait si une prière fervente ne l’aiderait pas à mériler son pardon? Elle se leva, s’agenouilla sur sa descente de lit et, les mains jointes, fil sa prière, Elle venait de la terminer lorsqu'elle s’avisa que dans son trouble, elle n'avait pas prononcé tous les mots qu'il fallait. Afin que sa prière fut valable et pour que tous les mots qui la composaient fussent récités au moins une fois, elle décida de la dire trois fois. Elle le fit, fut apaisée, se coucha et dormit. Le lendemain malin, alors qu'elle était fatiguée et toute vibrante de l'émotion de la veille, elle instituait le régime que l’on connaît.
Il n’est pas utile de se livrer à de plus longues analyses pour voir dans les actes obsédants autant de rappels, de symboles, de la prière trois fois répétée qui avait procuré le calme et permis le repos. C’élaient des actes de conjuration contre un danger toujours redouté, parceque notre malade n'avait pu, d'elle-même, le réduire à ses vraies proportions. L'aide du médecin lui était indispensable, et il se fit qu'en lui démontrant la bénignité de sa faute, son caractère, sinon général, du moins extrèmement fréquent, en lui donnant ainsi le moyen de « liquider » la cause originelle de ses troubles, tout de suite elle fut guérie, et entièrement.
OgservarTioN VIIT (Résumée).
(Docteur PERRENs, extrait de la Gazette hebdom. des sciences médicales de Bordeaux, 27 mars 1927.)
Un jeune névropathe de 14 ans et 1/2, sujet à des crises de violences impulsives, se plaint d'être incommodé chaque nuit par un rêve à peu près identique : Il traverse « un jardin à la Française, plein de grottes et de sources vives », lorsqu'un personnage inconnu lui confie un écrin, Cet écrin, qui contient sûrement un bijou, il doit le porter à quelqu'un, il ignore exactement à qui, dont l’habilalion n'est autre que la vaste maison qui se dresse à l'extrémité d'une grande allée plantée d'arbres. Entré dans la maison, il longe un corridor éclairé sur sa partie gauche par des fenêtres haut placées près du plafond et bute tout à coup contre une large armoire. Une angoisse soudaine ! Mais il se rappelle qu’en ouvrant la porte
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de la fameuse armoire, il obtiendra le réveil et que ce geste nécessaire apaisera ses craintes. Il ouvre brusquement et aperçoit alors un spectacle horrible et familier : dans le bas, une chaise; sur une étagère, un petit squelette, grand comme un crayon et qui se balance d'avant en arrière et d’arrière en avant sur un rythme lent. Il prend parlois la porte de droite, à l'extrémité du corridor, laissant de côté l'armoire et's’inslalle confortablement dans le fauteuil, au coin de la cheminée d’une vaste salle à manger, envahi d’un bien-être qu'il sait ne pas devoir durer Tout à coup, en effet, il aperçoit sur la table un long elou, comme vivant, se balançant d'avant en arrière et d’arrière en avant, lentement; en même temps, sous le fauteuil, en face de lui une marmotte qui dort. Saisi d’une grande frayeur, il éprouve en même temps un violent désir de caresser cette marmotte et se lève pour le réaliser. Il se réveille alors brusquement le cœur battant, les tempes moites.
L'analyse se montre particulièrement significative quant aux deux éléments du clou et de la marmotte. L'interrogation du malade sur les idées à lui suggérées par certains mots de son propre récit enregistre les deux réponses suivantes :
D. — Marmotte
R. — Fourrure. Femme.
D:—Clou?
R. — Carnage, Homme.
Ces réponses rapidement obtenues se renouvelant après une demiheure d’un nouvel entretien semblent bien indiquer l'existence entre les trois termes : marmotte — fourrure — femme d’une part, clou — carnage
homme d'autre part, « d’une association résistante et telle que chacun des termes pourrait aisément remplacer l’un des autres ».