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18 mars : « C’est toujours pareil, mais c'est ce coq qui m'agace. — Quel coq? — Celui qui est dans le jardin; je ne peux pas le voir, Brrrou ! ça me fait un contact. — Agréable ? — Je ne sais pas. C'est agaçant ! »
13 avril : Sentiment. d'agression psychique. Hallucination psychomotrice. « Il m'est arrivé de croire qu'on lâchait l'imagination de ‘quelqu'un. Qu'on parlait dans ma tête. J'ai failli mourir cette nuit (avec un sourire) : j'avais le « Têta ».
— C'est un ver, je pense, un ver blane. Il me semble que j'ai deux tibias. »
(Elle se met à rire à la perspective d’une mort prochaine.)
23 avril : «Je sens une odeur de cafard, Peut-être par un conduit qui monte au cerveau ? Je voudrais que vous soyiez un « gastronome ». — Pourquoi ? — Il me semble que vous devez lâcher un gaz pour faire du bien, »
Armandine rit doucement et voile sa bouche de sa main droite, en rougissant ,puis, les yeux baissés : « Au cinéma, on projetait le mot « Vache », il me semble... Je me suis vue moi-même une fois sur l'écran. »
€ Rèvez-vous loujours — Oh, oui ! et des choses sales. J'ai vu
une tête d'homme, ça m'a énervé, réveillée et je me suis mise à plat ventre. Depuis ça me cuit. Je suis très grossière (suit une liste digne d'un corps de garde)... la nuit, je me mets à plat contre le rebord du äit... jambes moitié écartées pour m'ouvrir... C'est mauvais.
— Puisque c'est mauvais, pourquoi le faites-vous ? — C'est plus fort que moi. On me passerait quelque chose comme un doigt dans la Nature. Quand j'étais au bureau, un monsieur est venu me voir. Quand il est reparti, j'ai vu une bouche rouge sur la vitre... »
Tout à coup : « Tiens, j'ai la voix de ma cousine ! Est-ce par les ouilles? Je vois une andouille sur moi, je dois être une andouille. Hier j'ai ramassé une crotte et j'en ai fait un va-et-vient dans le sacrum...; etc. »
25 octobre : « J'ai des démangeaisons sur le bouton et je suis forcée de le gratter. Cela me procure un soulagement des nerfs et de la tête. |
— Cela vous arrive-t-il souvent ?
— Non, Monsieur, il y a à peine quinze jours; mais, l’année dernière, j'avais éprouvé les mêmes sensations, mais je n’obtenais un soulagement qu'en frottant ma nature contre le bord du lit. Cette pauvre nature doit être moins jolie qu'autrefois, car je l’ai tellement tripotée qu'elle ne doit plus être la même... I m'arrive aussi de mettre mon doigt dans l’anus pendant un quart d'heure; il me semble alors que je respire mieux.
— Il ne vous arrive pas d'obtenir les mêmes satisfactions par d’autres moyens À
— Non, Monsieur, j'ai aussi l'impression que quelque chose de pointu, analogue à un suppositoire pénètre dans mon anus, traverse mon corps et ressort au niveau de mon bouton... cela me pique.
— Quel âge avez-vous maintenant ?
— 28 ans depuis le 20 août.
— Vous êtes allée en classe lorsque vous étiez toute petite ? Vous étiez là, sans doute, en compagnie de petites filles et de petits gar- ‘Ççons ?
— Oui, Monsieur, et un jour, devant l’école, j'avais alors 11 ou 12 ans, plusieurs petits garçons ont mis leurs mains sur ma nature
vet j'en ai été très vexée.
— Depuis, avez-vous éprouvé une affection pour une personne quelconque de sexe masculin ou féminin ?
— Non, Monsieur. Des affections ordinaires, oui, mais pas de l'amour, une impression que je ne connais pas, que je ne sais pas définir.
— Quelle différence faites-vous entre l'Amour et l'Affection ?
. — L'amour, c'est du feu. L’affection, c'est des caresses... »
Armandine R... est rappelée dans sa famille le 25 octobre 1929. Son état n’a pas changé.