LA VALEUR DU SYMBOLISME
Aristote posait déjà la question : Des rapports du Génie avec la Folie. Depuis, on a retourné en tous sens les termes du problème, et il semble qu’on en revienne aujourd'hui sur ce sujet aux plus chères conceptions des Grecs. Les rhéteurs nous ont entre temps exposé bien des erreurs, jetant même le discrédit sur une science qui méritait mieux : la Psychiatrie appliquée à la Littérature.
Les travaux spécialisés se sont multipliés depuis quelques années : Rogues de Fursac, Antheaume et Dromard, Vinchon, ont étudié l'inspiration ou la réalisation esthétique chez les aliénés ou les névropathes. Hans Prinzhorn, s’attachant à l'élaboration d’une psychopathologie de la création esthétique, a mis en lumière un fait déjà contrôlé par l'expérience : la grande ressemblance entre les dessins des aliénés et ceux des enfants ou des peuplades primitives. L'isolement, l’indifférence vis-à-vis du milieu social qui n’exerce plus sa censure, constituent sans doute les facteurs principaux de cette ressemblance. L’analogie du dessin enfantin avec les dessins préhistoriques est parfois si frappante que l’on a pu parler de « réminiscences phylogéniques » :de l'individu. Une certaine tendance moderne, nous l’avons vu, également marquée par un besoin de « régression », explique que l’on ait pu voir Hernandez, lors de sa dernière exposition au Musée des Arts décoratifs, afficher auprès de ses statues de biches et de panthères, des dessins ocrés, copies faites par lui des bisons de la grotte d’Altamira, toute proche de son lieu de naissance.
Cette parenté très réelle entre l'enfant, le primitif, l'artiste, le psychopathe, nous nous sommes attaché, au cours de cette étude, à en dégager quelques aspects; comment ne pas être frappé par les profondes résonnances que suggèrent en nous