OBSERVATION VI
Ta... ben S... Il s’agit d’un jeune soldat de 21 ans, originaire de l’Afrique du Nord, envoyé dans le service de neuro-psychiatrie de l'Hôpital Desgenettes, pour « syndrome parkin-
sonien fruste à forme hémiplégique ».
L’interrogatoire est rendu difficile, le malade s Rat très mal en français. Néanmoins, grâce à un interprète, on a pu obtenir quelques FENSRR Rene
Antécédents héréditaires.
à la suite d’une affection dont il ignore la nature. Sa mère est vivante.
Antécédents collatéraux. — Il aurait deux frères et deux sœurs en bonne santé.
Antécédents personnels. — Le sujet dit n’avoir jamais été
malade, il nie la spécificité.
L’affection actuelle remonte à environ dix-huit mois, date de son hospitalisation à Biskra. Il aurait présenté un épisode infectieux aigu qui se serait accompagné de diplopie et un peu plus tard de dysarthrie, avec impotence fonctionnelle
des membres supérieur et inférieur gauches. Le malade, à facies « figé », à voix monotone et unicorde avec dysarthrie, se plaint de céphalées à caractère frontal, de sensations vertigineuses survenant par crises et accompagnées de spasmes des oculogyres. Il existe une gêne fonctionnelle à la marche du côté gauche, mais le sujet ne se plaint pas de ce trouble. Il ne se sert pas volontiers du bras gauche et s’il le fait, on remarque une bradykinésie.
Lorsqu'on mobilise les divers segments des membres, on constate que les mouvements, bien que n’étant nullement gênés ni diminués dans leur amplitude, sont plus difficilement réalisés du côté gauche que du côté droit, il y a une légère hypertonie. Le tonus des muscles de la loge antérieure de la cuisse et de la loge postérieure de l’avant-bras est augmenté. La force musculaire est intacte.
L'étude de la marche montre, du côté gauche, la gêne fonctionnelle dont nous parlons plus haut. Il y a bradykinésie, perte des mouvements automatiques et associés et le malade traîne sa jambe sur le sol. Les réflexes tendineux sont normaux; le rotulien gauche est cependant un peu plus vif que le droit. Il n’y a pas de signes de perturbation pyramidale : le réflexe cutané plantaire se fait en flexion le long du bord externe comme du bord interne du pied, pas de signe d’Oppenheim ; pas de réflexes de défense. 11 n'existe pas de flexion combinée de la cuisse et du tronc.
On ne note rien du côté de l'appareil cérébelleux. Pas de signe de Négro, pas de réflexes toniques de posture. Le liquide céphalo-rachidien est normal ; Wassermann négatif. La réaction de Wassermann avait été positive dans le sérum sanguin, il y a quelques mois. Le syndrome en question s’est développé malgré un traitement d’épreuve.
En plus de son affection nerveuse, le malade se présente comme un débile mental, puéril, offre des troubles de caractère se traduisant par des niches vis-àvis de son entourage, des perversions sexuelles et morales (vols, masturbation habituelle).
Conclusions. — En somme, il s’agit d’un syndrome parkinsonien fruste, à topographie hémiplégique gauche, consé-
Ne
cutif à une encéphalite et présentant comme signes : un facies fisé, une dysarthrie d’apparition récente, une légère gène fonctionnelle à la marche du côté gauche. Il n’y a pas de {[lexion combinée de la cuisse et du tronc. Malgré l'absence de ce signe on ne peut pas considérer ce trouble moteur comme étant d’origine hystérique.