OBSERVATION XII
BVJo.., s11ans.
Le malade qui touche une pension de 15 %, pour tremblement et faiblesse des membres supérieur et inférieur gauches et gêne légère de la marche, demande la révision de sa pension, son état s'étant aggravé,
Mobilisé le 2 août 1914, il fit dix mois de front et fut évacué pour hémiplégie gauche et aphasie motrice consécutive à une commotion ou contusion cérébrale.
Réformé temporaire en 1915, il est classé dans le service auxiliaire en 1916, pour hémiplégie d’origine hystérique avec une pension de 15 %,.
A l’examen, on constate de suite une très légère raideur des membres supérieur et inférieur gauches. Les mouvements passifs des différents segments de ces membres offrent plus de résistance qu’à droiïte, et les mouvements actifs, surtout lorsqu'on veut les faire exécuter rapidement, se font avec un retard appréciable par comparaison avec le côté droit. Cette hypertonie musculaire, qui est à peu près inexistante au repos, détermine une démarche légèrement inégale, spasmodique pour le membre gauche, mais le sujet ne fauche ni ne drague. Il n’y a d’ailleurs pas d’équinisme ; on a simplement l'impression d’une légère spasticité, plus marquée à la course.
Ces différents exercices mettent en évidence des troubles particuliers du tonus musculaire, surtout visibles au niveau de la cuisse. Pendant la marche et surtout pendant la course, la contraction des muscles de la loge postérieure de la cuisse principalement, et, avec une intensité moindre, celle des muscles de la loge antérieure se fait d’une manière plus marquée qu’au nivau de la cuisse droite, les groupes musculaires
pâräissent alors plus volumineux, bien qu’au repos on constate une légère atrophie. De plus, quand ils se contractent, ils paraissent plus durs que ceux du côté opposé ; leur contraction se fait inégalement, avec des nœuds et des ventres. On obtient les mêmes résultats lorsqu’on demande au malade couché sur le ventre de fléchir les deux jambes sur les cuisses ; on constate alors qu’il apparaît, au niveau des muscles de la loge postérieure une hypertonie dynamique,
avec nœuds et ventres de contraction, que l’on ne retrouve
- pas du côté sain. Il n’y a pas de troubles de la station debout.
L'étude des réflexes tendineux et ostéo-périostés confirme les observations précédentes : le réflexe rotulien est plus vif à gauche et de plus grande amplitude ; il en est de même pour le réflexe stylo-radial. Les autres réflexes tendineux existent aussi et sont sensiblement égaux.
Pas de trépidation épileptoïide du pied ni de clonus de la rotule. Il n’y a pas de signes de la série pyramidale. Le réflexe cutané plantaire se fait en flexion des deux côtés. Il n'y a pas de réflexes de défense. D’ailleurs les caractères de l’hypertonie que nous avons décrits ne font pas songer à priori à une lésion du faisceau pyramidal. Il n'y a pas de flexion combinée de la cuisse et du tronc ; pas de signe du peaucier.
Les réflexes crémastériens et abdominaux sont facilement obtenus. !
Pas de troubles de la sensibilité.
Pas de signes non plus de la série cérébelleuse ; il n’y a rien à signaler du côté des nerfs craniens; en particulier les pupilles sont égales, régulières et réagissent à la lumière et à l’accommodation.
Les troubles du tonus musculaire que nous avons décrits, l’hypertonie dynamique, le tremblement ancien, aujourd’hui disparu, joints à l’exagération des réflexes tendineux du côté gauche font songer à une lésion du système moteur extrapyramidal.
D'autre part, il n’y a pas dans les antécédents du malade d’épisode aigu, pouvant être attribué à l’encéphalite épidémique. Il n’a jamais eu de diplopie et ne présente pas à