‹ Valeur sémiéologique de la flexion combinée de la cuisse et du troncChapitre 23 sur 29 · D AE · texte numérisé non relu

D AE

ET Vu

l'heure actuelle les symptômes de la maladie de Parkinson : il n’y a pas de viscosité motrice, ni de signe de la roue dentée. Pas de kinésies paradoxales.

Cependant la raideur qu’il accuse au niveau des membres gauches se rapproche plus de la rigidité parkinsonienne que de la contracture pyramidale. De plus, il y a une certaine hyperexcitabilité idio-musculaire, surtout marquée au niveau de la loge postérieure de la cuisse, mais très localisée, donnant un myoœdème au point de percussion. |

Conclusions. — Il s’agit en somme, d’une hémiplégie dont l’origine organique est incontestable bien qu’elle ne soit pas conditionnée par une lésion pyramidale, et qu’il ne s'agisse pas davantage d’un syndrome parkinsonien à forme hémiplégique. Son origine mésencéphalique est certaine, et il est probable que la localisation qui la conditionne est voisine de celle qui provoque les syndromes parkinsoniens ; le tremblement qui a persisté trois ans après la commotion initiale était sans doute symptomatique d’une localisation au niveau des noyaux gris centraux.

Enfin, M. Rouquier a récemment identifié un syndrome moteur à topographie hémiplégique, dont l’origine organique totale, extra-pyramidale paraît certaine, puisque la plupart des symptômes ou des signes objectifs que présentent ces malades, ne peuvent être reproduits volontairement, et sont, par conséquent, absolument indépendants de la suggestion qui, avec l’immobilisation, peut seule créer les troubles d’origine pithiatique ou hystérique. Ce syndrome dont il a réuni plusieurs observations, typiques ou à forme fruste, est caractérisé globalement par l’hypotonie musculaire, la prédominance des troubles au niveau des extrémités, la diminution ou l’exagération des réflexes tendineux, variables et parfois si

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minimes qu’ils peuvent sembler normaux ; le réflexe cutané-plantaire est ordinairement aboli ou tout au moins diminué, et il existe une exagération parfois marquée, parfois si insignifiante, qu’elle peut passer inaperçue, de la sécrétion sudorale du côté malade. On constate une légère hyperexcitabilité mécanique des muscles associée à l’hypotonie. Le réchauffement des extrémités fait apparaître les mouvements actifs avec une amplitude inférieure à ce qu’elle est à l’état physiologique. Enfin, il existe souvent du côté malade des phénomènes douloureux et une instabilité vasomotrice susceptible de se traduire par la diminution de l'indice oscillométrique et qui semblent bien être la conséquence d’une localisation thalamique ; on peut même observer des troubles de la sensibilité objective (hypoesthésie au tact et à la piqûre, au chaud et au froid) parfois de type syringomyélique du côté où existent les troubles moteurs : ces troubles prédominant habituellement au niveau des extrémités. Les formes frustes de ce syndrome, le plus souvent conséquence d’une encéphalite larvée ou caractérisée, guérissent habituellement ; les formes graves évoluent vers la chronicité, et se compliquent parfois, du côté malade, d’un tremblement de type parkinsonien.

Les malades dont il s’agit traînent la jambe en marchant comme il est naturel de supposer, puisque l’hémiplégie est flasque ; l’un d’eux présentait même un steppage assez accentué. On peut donc dire qu’ils présentent la « marche de Todd » que l’on considérait, avons-nous déjà dit, comme caractéristique de

l’'hémiplégie hystérique à un moment où lon ne savait pas exactement ce qu'était l'hystérie. Si l’on veut bien se rappeler que certains neurologistes ont trouvé, chez des malades atteints d’hémiplégie dite hystérique ou pithiatique, les réflexes tendineux exagérés alors que d’autres les trouvaient diminués ; qu’en fait, cette exagération ou cette diminution sont minimes, que, le plus souvent les réflexes tendineux sont à peine modifiés ; si l’on veut bien ajouter à cette description les troubles vaso-moteurs décrits entr’autres par Raymond, il est logique de supposer qu’on se trouvait en présence du syndrome récemment identifié par M. Rouquier, et qui, étant donné les connaissances actuelles concernant la séméiologie des noyaux gris centraux, paraît incontestablement provoqué par une lésion mésencéphalique, voisine de la couche optique, intéressant même peut-être cette dernière.

Voici deux observations typiques de ce syndrome.

OBSERVATION XIII M. RoUQUIER (Revue Neurol. Mars, 1928, n° 2)

V.., 22 ans, cultivateur, cavalier au 4° régiment de cuirassiers, entre, en novembre 1922, dans le service des contagieux de l'Hôpital Desgenettes pour angine. Température peu élevée, aux environs de 38°5 au maximum. Ensemencement du mucus rhinopharyngé sur sérum coagulé : pas de bacilles de Lôffler. Sept ou huit jours après le début de l’affection, alors que la température était redevenue normale, nouvelle élévation thermique ne dépassant pas davantage 38°5 et qui ne dure que trois jours. En même temps, s’ins-

talle une hémianesthésie intéressant la moitié gauche du corps, avec troubles moteurs superposés, diminution de la force musculaire, sensation de pesanteur, de lourdeur au niveau du membre supérieur et du membre inférieur, mais sans phénomènes douloureux. On fait, dans un service de médecine générale, le diagnostic de troubles de la sensibilité d’origine pithiatique, bien que ces derniers disparaissent assez rapidement, les troubles moteurs persistant seuls et s’aggravant plus qu’ils ne s’améliorent. Puis le malade est évacué sur le

‘service de neurologie.

Il accuse, à son entrée, environ trois semaines après le début des accidents, des troubles moteurs intéressant la moitié gauche du corps. Au niveau du membre supérieur, légère diminution de la force musculaire segmentaire de la main, de l’avant-bras, du bras et de l’épaule ; tous les mouvements actifs sont néanmoins possibles avec une amplitude normale. Le sujet se sert assez difficilement de son bras, mais s’en sert tout de même. Au repos, les doigts sont légèrement fléchis sur la paume de la main, bien qu’il n’existe aucune contracture appréciable des muscles de l’avant-bras. Quand il marche, le bras pend inerte le long du tronc. Il est facile, en déplaçant symétriquement et simultanément les deux bras, l’observateur étant placé en face du malade debout au assis, de se rendre compte que le tonus musculaire est notablement diminué du côté gauche. L’hypotonie apparaît d’ailleurs quand le sujet, après avoir effectué des mouvements d’élévation du bras, le laisse retomber ; l’avant-bras et la main retombent plus lourdement que du côté sain. Si on porte le bras en abduction et si on le rapproche ensuite brusquement du thorax, en essayant de le faire claquer contre la paroi thoracique, on constate que le claquement se fait plus souvent et plus fortement du côté gauche que du côté sain, à cause même de cette hypotonie.

La même hypotonie se retrouve, au repos, du côté du membre inférieur et la force musculaire segmentaire y est également diminuée : mais, pour mettre la première en évidence, il est encore nécessaire de mobiliser la jambe sur la cuisse et la cuisse sur le bassin, par comparaison avec le côté opposé. La palpation des muscles, au repos, ne révèle aucune ses

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