‹ Valeur sémiéologique de la flexion combinée de la cuisse et du troncChapitre 24 sur 29 · GS · texte numérisé non relu

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dité, du côté parésié, mais il suffit, le sujet étant assis, par exemple de mobiliser passivement la jambe sur la cuisse (flexion et extension successives) pour se rendre compte qu’il existe d’autres troubles du tonus que l’hypotonie déjà signalée. On voit, du côté gauche, qui n’est pas plus musclé que le droit, apparaître la saillie de certains faisceaux musculaires, du droit antérieur, par exemple, ou du vaste externe, alors que le même mouvement, d’une amplitude égale, ne la fait pas apparaître du côté droit. Il existe une véritable incoordination du tonus que l’on peut encore mettre en évidence, au niveau du quadriceps fémoral, en demandant au malade couché de soulever son membre inférieur étendu. Du côté droit, le relief musculaire est absolument normal ; du côté gauche, les saïllies des divers segments constitutifs du quadriceps ne se dessinent pas de la même façon ; elles sont irrégulières, bosselées. Sur le droit antérieur, par exemple, apparaissent plusieurs nœuds ou ventres de contraction, que l’on n’observe pas à l’état physiologique. Le mouvement d’élévation du membre, la jambe étendue sur la cuisse, se fait difficilement.

Les mouvements actifs de flexion et d'extension des orteils, de flexion dorsale et d’extension du pied, de latéralité du pied sont complètement abolis du côté droit. Les mouvements de flexion, d'extension de la jambe sur la cuisse sont possibles, avons-nous dit, et d’une amplitude normale ; la force musculaire segmentaire est simplement diminuée à leur niveau.

Au membre supérieur, quand les muscles se contractent, le sujet effectuant un mouvement volontaire, on ne retrouve pas l’incoordination du tonus signalée aux membres inférieurs : l’hypotonie est le seul trouble objectivement décelable.

La marche est difficile : le sujet steppe assez nettement, par suite de l'abolition de la flexion dorsale du pied, ce dernier tombant en équinisme. Mais la démarche n’est pas digitigrade, ni spasmodique : c’est à peine si le malade soulève un peu plus la cuisse du côté gauche que du côté droit, pour compenser la chute du pied.

Les réflexes tendineux et ostéo-périostés des membres supérieurs et inférieurs sont conservés, à peu près égaux des

deux côtés. Peut-être le réflexe rotulien gauche est-il un peu moins vif que celui du côté opposé. Réflexes crémastériens et abdominaux conservés.

Le réflexe cutané plantaire est aboli du côté gauche : il n'existe pas de réflexes de défense ni d’autres signes de pertubation pyramidale. Les réflexes de posture n’existent pas. Aucun tremblement. Aucun trouble de type parkinsonien ; aucun phénomène excito-moteur. Pas de flexion combinée de la cuisse et du tronc ; le signe du peaucier est négatif. Aucune : amyotrophie, aucun trouble sphinctérien.

Le malade ne souffre pas, mais accuse une sensation marquée de pesanteur, de lourdeur et d’engourdissement au niveau du pied et de la main droits. Il remarque que ces derniers sont plus froids que ceux du côté opposé et que la sécrétion sudorale est plus marquée à leur niveau.

Il n'existe plus, lors de l’entrée du sujet dans le service, aucun trouble de la sensibilité au tact, à la piqûre, au chaud et au froid, si ce n’est une légère hypoesthésie avec troubles de la discrimination tactile et douloureuse à la face postérieure du bras et de l’avant-bras dans le territoire de C8 et de D1. Cette hypoesthésie disparaît au bout de quelques jours. Sensibilité profonde normale ; notion des attitudes segmentaires conservée.

Le réflexe cutané plantaire est aboli, avons-nous dit, du côté malade, alors qu’il se fait très nettement en flexion du côté sain, le mouvement des orteils présentant, de ce côté, une amplitude considérable. Or, il suffit d’un bain de pied chaud d'environ dix minutes, pour le faire reparaître en flexion, ovec une amplitude égale à celle qu’il présente du côté sain. Le réchauffement rend également possible les mouvements actifs de flexion et d’extension des orteils, mais avec une faible amplitude.

L'indice oscillométrique est nettement plus petit, au bras comme à la jambe, du côté droit : la tension artérielle est de 13.5 — 9,5 au bras, au Pachon-Gallavardin. On constate une hémihypercrinie nette, survenant du côté droit, en particulier au niveau de la main, spontanément, sans cause apparente ou sous l’influence du réchauffement.

L'examen des nerfs craniens est presque absolument néga-

tif. Peut-être existe-t-il une très légère inégalité pupillaire, inconstante d’ailleurs, la pupille gauche étant, à certains moments, plus grande que la droite. Mais les contours des pupilles sont réguliers, les réflexes photomoteurs et à l’accommodation sont conservés ; cependant, quand elles se contractent sous l’influence de la lumière, les pupilles soutiennent mal la contraction. Le malade accuse un certain degré d’asthénopie accommodative, postérieure à l’épisode aigu qui a marqué le début de l'affection actuelle.

Ponction lombaire : pas de lymphocytose ; albumine : 0,20 ; Wassermann négatif.

Réactions électriques normales.

Des injections veineuses de salicylate de soude (2 gr. par jour pendant dix jours), l’urotropine par voie buccale, un traitement d’épreuve au novarsénobenzol n’ont amené aucune amélioration. L’état du malade s’est, au contraire, progressivement aggravé, tout au moins en ce qui concerne la main. Les doigts sont légèrement fléchis sur la paume, la deuxième et la troisième phalange en flexion légère sur le métacarpien correspondant. L’attitude du pouce est tout à fait particulière ; les tendons des muscles de la tabatière anatomique dessinent sous les téguments une saillie qu’il est absolument impossible de reproduire volontairement en portant ce doigt en abduction et en extension forcées. D’autre part, la première phalange est fléchie sur le métacarpien correspondant, formant avec ce dernier un angle obtus, mais avec refoulement en arrière de la tête de la phalange, qui est presque subluxée sur le métacarpien. La saillie, qu’elle consitue ainsi, s’accentue quand le sujet essaie d’étendre les doigts, et de redresser le pouce. Il y parvient péniblement en ce qui concerne les doigts, mais ne peut étendre le pouce ni corriger l'attitude vicieuse plus haut décrite. Cette attitude n’existait pas lors de son entrée. Elle est en quelque sorte apparue sous nos yeux.

Le sujet, qui est intelligent, et qui n’a pas du tout tendance à exagérer la gravité des troubles fonctionnels qu’il présente, dit qu’il lui faut déployer volontairement un effort considérable pour porter ses doigts en extension, et arriver à vaincre la force qui tend à les porter en légère flexion. Or, nous

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