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VII. Voilà les événements dont la côte de Biesme était

* Galbaud, Observ., 21 ; lettre à Servan, 11 septembre ; Buirette, 11^ 598-599 ; lettre de Marceau (Doublet, 142).

* Pap. de Galbaud. Arch. nat., AA 61, Dumouriez, Dillon et^le directoire de Sainte-Menehould à Galbaud, 4 septembre, p. 73, 74, 75 ; Bibliotb. de Verdun, Verdun-EévoL, II, p. 24 et 32; Dumouriez à Galbaud, 2 septembre ; Luckner à Galbaud, 4 septembre ; Galbaud, Obterv., p- 23 ; n ajoute que les bataillons d'Eure-et-Loir et de la Charente-Inférieure ne purent se rallier entièrement : t un grand nombre continua sa route pour Châlons, sans vouloir recevoir aucun ordre >.

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le théâtre pendant que Dillon marchait de Gornay sur Yarennes et La C4halade. Les paysans qui voyaient les troupes de Galbaud se replier en désordre sur Châlons, s'imaginaient que les Prussiens étaient maîtres des Islettes, et Dillon, croyant trop légèrement à leurs rapports, se rejetait en arrière sur Vienne-le-Châleau. Il y passa la nuit du 4 au 5 septembre dans de cruelles perplexités. Mais le lendemain il apprit la vérité. Il vint aussitôt à Sainte -Menehould, et, sans s'arrêter, poussa droit à la côte de Biesme où Tattendait Galbaud *.

Dillon avait été chargé par Dumouriez non seulement de tenir les Islettes, mais de défendre les gorges de l'Argonne de Vienne-le-Ghâteau à Passavant. Il établit son quartier général à la Grange-aux-Bois. Il ne mit pas un soldat de ligne à Sainte-Menehould ; les troupes qui gardaient la ville, se composèrent de dix compagnies de grenadiers de Beims, de 200 hommes d'un détachement de Seine-et-Oise, et d'une compagnie du 4*^ bataillon de Beims. Il répartit le reste de ses troupes et le peu de renforts qu'il reçut jusqu'au 30 septembre dans tous les villages qui bordent le cours de la Biesme, à La Chalade, à Glaon, au Neufour. Il mit au Four des Moines, le long du ruisseau de Vaux, la compagnie franche des Bansonnets ; à Florent le 2" bataillon de Saône-et-Loire que commandait le lieutenant-colonel Ghazault ; au village des Islettes, le 5^ régiment de hussards soutenu par 100 hommes du 6^ régiment d'infanterie et 400 hommes du 5" bataillon des Vosges ; è la Verrerie, au bas de la côte de Biesme, 400 hommes d'un bataillon de la Marne ; à la côte de Biesme, 3 régiments de ligne, le 6«, le 8«, et le 47" ainsi que le l*"" bataillon de la Charente-Inférieure, le 5"^ bataillon des Vosges, le 4^ bataillon des grenadiers de la réserve commandé par De ville, une compagnie de grenadiers delà Meurthe, 4 60 volontaires de Vitry-le- François et 60 volontaires de Slenay ; à Futeau • et à Courupt, 400 hommes du 8^ régiment d'infanterie et ce

' Dillon, Compte renduy 19 ; il arriva le 5 septembre à trois heures de Taprès-midi.

^ Plus tard (le 16 septembre), le 58« régiment de ligne. Dillon, Compte rendu ^ 29.

l'argonne 73

4®' bataillon d'Eure-et-Loir dont Marceau était le lieutenant-colonel en second; à Beaulieu, le 9^ bataillon d'infanterie légère qui garda le cbâteau avec deux pièces de canon ; à Passavant, à la pointe de la forêt d'Argonne, presque toute la cavalerie, trois régiments de chasseurs, le 3°, le 4i«, le 42®, et le 6® régiment de hussards, commandés par le colonel Frégeville qui devait enlever dans les villages des environs les vivres et les fourrages et pousser des reconnaissances sur le chemin de Bar-le- Duc *. A l'ouest de Passavant, à Chatrices et à Villersen-Argonoe cantonnèrent une compagnie de chasseurs de Reims et le \^^ bataillon de Mayenne-et-Loire que Luckner avait, à la prière de Dumouriez, renvoyé de Châlons •.

Gobert, chef de Tétat-major, fit, en sa qualité d'officier du génie, le service d'ingénieur. Il ferma les chemins qui menaient à la forêt, de La Ghalade à Beaulieu, par des barricades d'arbres renversés. Il éleva sur tout le front du village des Islettes un retranchement défendu par de grands abatis et en avant de ce retranchement deux petites redoutes*. Galbaud prit le commandement de l'artillerie ; il réquisitionna de tous côtés des ouvriers et des soldats qui portèrent les canons à force de bras sur les hauteurs de la forêt ; il disposa vingt-cinq pièces en batteries au sommet et sur les côtés de la route. Si l'ennemi prenait le village des Islettes, il avait encore, dit Gobert, à passer la rivière de Biesme gonflée au-delà de ses bords par plusieurs retenues et à passer la chaussée, sur laquelle plusieurs batteries à différentes étages croisaient leurs feux ; on pouvait regarder le poste comme inforçaàle ^.

* Tout rhonneur de ces dispositions revient à Dumcuriez. c J'ordonne à Dilloa de porter toute sa cavalerie, très inutile derrière les bois, a Passavant, etc. > (Dumouriez à Luckner, 7 sept.)

* Luckner à Galbaud, 6 septembre (pap. de Galbaud, arch. nat.) ; Dumouriez à Luckner, 7 sept. ; le bataillon arriva le 8 septembre à Sainte-Menehould ; il devait se rendre le 14 au camp de Grandpré.

' Ces redoutes ne furent construites que le 17 septembre, après la première attaque des Uessois.

« Mém. de Dillon et.de Gobert; Money, The campaign, 61-63 (ordre de bataille). Deux députés du corps électoral de l Aube, venus a la côte de Biesme, faisaient 1' < esquisse > suivante du camp de

Inforçable, il ne Tétait pas aussi bien Que le poste de Grandpré. Dumouriez disait superbement que les Islettes et Grandpré étaient les Thermopyles de la France, et qu'il serait plus heureux que Léonidas. Toutes les gorges et travées, mandait Westermann à Danton, sont occupées d'une manière si avantageuse qu'il est impossible de nous forcer '.

Dumouriez oubliait que sa ligne était trop considérable. Une armée qui se dissémine et se fractionne sut une longue étendue de collines, est nécessairement débordée. Lors même que toutes les routes seraient gardées, Tennemi n'a besoin que de porter tous ses efforts sur un seul point ; une fois ce point forcé, et il Test toujours par la supériorité du nombre et la vigueur de l'attaque, la ligne entière est rompue ; il suffit qu'elle fléchisse en un endroit : l'armée qui la défend, menacée sur ses derrières, n'a plus d'autre ressotiree que la retraite *.

Dillon : « Il est posté sur une éminence extraordinainittient escarpée, défendue de tous côtés par des bois immenses dont tOntfes les issues sont jonchées d^abatis considérables, et tons ces différents postes sont hérissés d'hommes et de bombes à feu; rartillerie Men servie peut faire du haut du retranchement le feu le plus meurtrier : ce qui fait croire que 15 à 20,000 hommes peuvent défendre ces gorges contre une armée doublement forte. Je tiens du général lui-même qu^il ne croit pas que Tennemi fasse de tentative pour forcer ce poste, parce quHl serait sûr d'y perdre les deux tiers de son armée. > Le député Èeaupuy, commissaire de l'Assemblée législative, écrivait de Ghftlons à Servan : i Les passages (des Islettes) sont inattsquables, parce que la nature offre à l'art des ressources infinies ; jetés les yeuk sur la carte et voyez • (Arch. guerre, lettre des deux députés du corps électoral de VAube, 7 sept., et lettre de Beaupuy, 9 sept.).

* Dumouriez, M(f»K, I, 265 ; Dillon, Compte rendu, 20 : < la côte de Biesme est devenue pour la France le détroit des Thermopyles >. Westermann à Danton, 10 septembre (Prudhomme, Séool, de Paris, XIII, 491). Soit, répliquait Laclos, mais il faut être sCkr d^avoir des Spartiates, et mourir n est pas vaincre (lettre du 12 septembre, arch. guerre).

* Cp. Boguslawski, Der Creneral Dumowrie*^ II, 22 ; Técrivain allemand rappelle le passage des Balkans forcé en 1877 par les Russes.

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