CHAPITRE III
L'été venait de finir, et Valserine habitait, depuis plusieurs semaines déjà, la maison de la mère Marienne.
Le fils de la vieille femme l'avait retrouvée couchée parmi les buis et les cyclamens sauvages, le lendemain du jour où elle avait appris la mort de son père. Elle était toute raidie par le froid et le chagrin, et ses cris de petite fille désolée, semblaient ne jamais plus pouvoir s'arrêter.
La mère Marienne en fut épouvantée, et comme si propre peine eût dû effacer celle de Valserine, elle se mit à lui raconter comment son mari avait été tué par les douaniers.
" Il s'appelait Catherin," dit-elle, "et il faisait la contrebande de l'alcool. Souvent, il partait pour plusieurs jours, avec son cheval et sa voiture. Les douaniers le poursuivaient de tous côtés, mais il était adroit et savait les dépister. Il était hardi
aussi, et quand les douaniers le menaçaient, il leur répondait en riant :
" 'Aussi longtemps que je serai vivant, je vous échapperai/
" Mais voilà qu'une nuit, ils imaginèrent de fermer les bamères d'un passage à niveau, qui se trouvait au fond d'une vallée. L'attelage de mon mari, lancé à fond de train, sur la route en pente, brisa la première barrière, et vint s'écraser contre la seconde ; et lorsque les douaniers accoururent pour fouiller la voiture, ils trouvèrent le corps de Catherin, pUé en deux sur la barrière.' "
La vieille femme se tordit les mains, et, d'une voix pleine de détresse, elle termina en disant :
" Il était mort depuis deux jours quand ils me l'ont rapporté. ..."
Les jours passèrent, et chacun d'eux emporta un peu du chagrin de la fillette. Maintenant, elle restait de longs moments assise, sur le seuil de la maison. Elle se tenait toute ramassée comme une vieille femme, mais ses yeux noirs suivaient le
vAi^Eïaim
chemin, qui s'en allait au pays de Gex, et qui se montrait de place en place à travers les pins. Elle revoyait la plaine avec ses joutes et ses villages, et sa pensée s'arrêtait sur un arbre tout mince, seul au milieu d'un pré, et que le vent courbait violemment à chaque instant.
A présent, elle n'avait plus peur de la mère Marienne. La vieille femme lui parlait tantôt comme à une petite fille, et tantôt comme à une fenune, et leurs malheurs, si semblables, les unissaient comme un lien de parenté.
Le fils de la mère Marienne partait chaque semaine à Saint-Claude, pour en rapporter plusieurs douzaines de pipes, sur lesquelles il taillait des figures. Il posait sa corbeille sur une petite table, qu'il installait dehors, près de la porte.
Valserine suivait son travail avec attention, et la maison était pleine de tranquillité.
Un jour, la mère Marienne vint s'asseoir sur le seuil, auprès de la fillette, et elle lui dit :
VAI^ERINE
'' Mme Rémy te fait demander si tu veux retourner à la diamanterie."
Valserine secoua la tête pour dire non; œpendant, elle répondit:
" Oui/'
La vieille f enmie reprit :
"Tu lui as causé un grand tourment. Elle avait la tête perdue ce soir-là, et Grosgoigin ne pouvait pas la décider à rentrer à Saint-Claude avec ses enfants.
Valserine baissa son visage plein de confusion, et la mère Marianne ajouta :
'* Elle n'est pas fâchée contre toi, et ne demande qu'à te garder comme autrefois."
Valserine ne répondit pas. Elle semblait écouter le léger claquement des pipes, que le fils de la mère Marienne rejetait une à une dans la corbeille, après les avoir tenues quelques instants dans ses mains ; puis, brusquement, elle regarda la vieille fenmie, pour lui demander :
" Est-ce que les femmes font aussi des pipes ? "•
Les yeux de la mère Marienne devinrent brillants comme des pierres taillées, quand elle répondit :
" J'étais polisseuse de pipes avant de me marier/'
Et comme si toute sa jeunesse lui revenait à la mémoire d'un seul coup, elle parla longuement. Elle parla de la ville de Saint-Claude et du quartier de la Poyat, où ses parents avaient été pipiers. Elle dit comment les polisseuses de pipes entouraient leurs cheveux d'un mouchoir, pour les protéger contre la poussière de racine de bruyère, qui teignait les cheveux noirs, en une couleur rose foncée.
Elle nonunait les jeunes filles d'alors, conune si Valserine les avait connues.
** Adèle portait un mouchoir bleu.
Agathe en avait toujours un jaune."
Et elle s'arrêta après avoir dit, en relevant la tête :
*' Moi, je portais un mouchoir rouge."
Sa main toucha œlui qui était sur sa tête en ce moment ; mais elle rabaissa aussitôt, comme s'il lui avait suflS de le toucher, pour voir qu'il était de couleur noire.
Il y eut un long silence.
La mère Manenne semblait regarder maintenant au fond d'ellemême, et son fils avait cessé de gratter ses pipes.
Valserine se mit debout. Elle repoussa des deux mains les boucles noires qui recouvraient ses joues, et avec un accent plein de fermeté, elle dit:
** Je veux être polisseuse de pipes/'
La vieille femme se mit debout aussi, et son visage était tout joyeux quand elle demanda à la fillette :
" Tu aimes donc mieux être polisseuse que diamantaire ? "
*' Oui," dit Valserine, " les pipes sont plus belles que le diamant."
La vieille femme prit plusieurs pipes dans la corbeille de son fils, et après les avoir fait rouler d'une main
dans l'autre, elle les reposa doucement, en disant :
" Le diamant ne sert à rien."
Quelques jours après, le fils de la mère Marianne revint de Saint- Claude avec la réponse que Valserine attendait.
La fillette habiterait chez des pipiers qui avaient connu et aimé son père, et elle irait chaque jour à la fabrique de pipes au lieu d'aller à la diamant erie.
La veille de son départ, elle voulut monter jusqu'à *' la chambre du gardien," mais comme elle se dirigeait au hasard du chemin, elle vit tout à coup que la masse de terre qui surplombait la cachette s'était éboulée.
Une énorme quantité de sable et de cailloux avait glissé, en entraînant la plupart des arbres qui se trouvaient sur la pente ; plusieurs étaient à moitié enfouis et paraissaient déjà morts, tandis que d'autres se penchaient pour s'appuyer de toutes leurs branches contre ceux qui étaient restés debout,
VAI^ERINE
Valserine se rappela que la " chambre du gardien " avait été formée par un éboulement, et il lui sembla entendre encore une fois la voix de son père, quand il lui avait dit : " Cette année-là il y eut un orage si violent qu'il dévasta la montagne et fit de grands dégâts dans la ville de Saint- Claude."
Maintenant Valserine pouvait partir, " la chambre du gardien " s'était fermée pour toujours, conune si elle voulait garder le secret du contrebandier.
La fillette entra dans sa maison, et le dernier souvenir qu'elle y avait laissé lui revint aussitôt à la mémoire.
Ses oreilles s'emplirent du même bruissement qui l'avait tant effrayée pendant la nuit où elle attendait le retour du prisonnier.
Aujourd'hui, la maison était pleine de clarté, et cependant des nodlliers de voix fines et harmonieuses se croisaient et s'unissaient dans l'air.
Et lorsque Valserine les eut écoutées longuement, elle reconnut que
VAI^ERINE
le silence avait aussi des voix, que l'on pouvait entendre quand on les écoutait.
Le lendemain, au moment où Valserine allait partir pour Saint-Claude, la mère Marienne la retint un instant sur le seuil. Elle tenait à la main un mouchoir noir, qu'elle lui donna en disant :
*' Prends-le. Il te servira pendant le temps de ton deuil."
La fillette eut un mouvement plein de vivacité affectueuse vers la mère Marienne, puis elle mit le mouchoir dans sa poche et rejoignit en courant le fils de la vieille femme, qui s'engageait déj à dans le sentier de traverse.
Tout était clair dans la vallée ce matin-là, et le vent frais déchirait en petits morceaux les nuages, qui semblaient vouloir se reposer un instant sur la montagne.
A l'endroit où le sentier coupait la route, Valserine vit passer le courrier de Saint-Claude à la Faucille, et elle ne put s'empêcher d'imiter tout bas la voix du conducteur :
VAI^ERINE
" AUonlonlon."
Peu après, le sentier longea le ruisseau du Flumen, et les voix d'enfants qui se répondaient à travers la montagne n'arrivèrent plus jusqu'à cet endroit si resserré de la vallée.
La fillette suivait le pas allongé du fils de la mère Marienne sans en ressentir de fatigue. Une joie se levait en elle, et c'est à peine si elle entendait le bruit du ruisseau qui courait d'un caillou à l'autre.
Ils eurent bientôt dépassé les villages de Coiserette et la Renfile, et, au moment où ils allaient entrer dans Saint-Claude, Valserine remarqua près de la route un bouleau qui s'était dépouillé de toutes ses feuilles pendant la nuit, et elle s'arrêta pour regarder le feuillage qui traînait maintenant à terre comme un vêtement fané.
Ils descendirent très vite la rue raboteuse de la Poyat, et la fillette entra en même temps que le fils de la mère Marienne dans la fabrique de pipes. Elle traversa l'atelier où les
scies filaient des sons aigus en donnant une forme aux racines de bruyère Elle vit voler sur elle et autour d'elle les fins copeaux roulés, qui sautaient des établis pendant que les machines à tourner et à percer chantaient comme un essaim de bourdons dans la montagne.
Elle remarqua les visages ouverts et pleins d'énergie des ouvriers, et quand le fils de la mère Marienne la fit entrer dans l'atelier des polisseuses, elle regarda sans crainte les femmes, toutes debout et tournées de son côté, comme si elles guettaient son entrée.
Elle eut encore le temps de voir le poêle en forme de pipe, qui se trouvait au milieu de la pièce, et tout de Suite une ouvrière vint la prendre pour la conduire à sa place. L'ouvrière marchait devant en écartant du pied les paniers qui encombraient le passage, et après avoir aidé la fillette à mettre sa blouse de polisseuse, elle lui offrit un mouchoir de même couleur que celui qu'elle portait.
Valserine remercia d'un geste plein de gratitude, elle eut un sourire qui éclaira tout son visage en repoussant doucement le mouchoir bleu, puis elle tira de sa poche celui que la mère Marienne lui avait donné le matin môme, et elle en couvrit aussitôt ses cheveux.
MÈRE ET FILLE
MADAME PÉLISSAND entra dans le petit salon ; elle en fit deux fois le tour, en tenant dans ses mains une corbeille pleine de bas et de pelotes de cotons à repriser. Elle s'arrêta devant un fauteuil, conune si elle allait s'asseoir dedans ; mais elle le repoussa, et s'assit sur une chaise, tout près du piano.
Aussitôt, Marie Pélissand cessa de jouer. Elle savait que sa mère n'aimait pas la musique, et tout en regrettant de ne pouvoir finir le morceau qu'elle aimait, elle pivota sur son tabouret, et elle se mit à feuilleter les brochures qui étaient sur la table.
Madame Pélissand retint à deux mains sa corbeille sur ses genoux et elle dit, sans regarder sa fille :
MERE ET FILLE
" Tu peux jouer encore, Marie."
Cette fois, Marie se retourna pour regarder sa mère. Son regard exprimait la surprise, et c'était comme si elle eut dit tout haut : *' Mais qu'a-t-elle donc ? "
Depuis quelques jours, en effet.
Madame Pélissand n'était plus la même. Autrefois, elle ne serait jamais entrée au salon pendant que sa fille était au piano. Il en était de même pour le métier d'institutrice de Marie. Madame Pélissand le détestait et ne pouvait supporter que sa fille y employât tout son temps.
Et voilà que, totis ces jours passés, elle était restée le soir dans la salle à manger, pendant que Marie corrigeait les cahiers de ses élèves. Hier soir, elle s'était mise aussi près que possible de sa fille, et plusieurs fois Marie l'avait vu faire un mouvement de tête en haut en ouvrant la bouche, comme si elle allait parler : puis, chaque fois, elle avait baissé la tête d'un air gêné.
Marie n'osait se remettre au piano ;
MERE ET FILI/E
ff
mais sa mère lui répéta du même ton que la première fois :
" Tu peux jouer encore, Marie.
Marie reprit sa place sur le tabouret, mais ses doigts n'avaient plus autant de sûreté, et son morceau favori la laissait indifférente. Elle regardait sa mère à la dérobée.
Madame Pélissand fixait profondément le tapis, et ses mains avaient Tair de se cramponner à la corbeille de vieux bas.
A un moment, Marie la vit si nettement faire le mouvement des gens qui vont parler qu'elle s'arrêta de jouer pour demander :
" Voyons, maman, qu'as-tu ? " • Les yeux de Madame Pélissand chavirèrent. Elle lança les mains en avant comme pour repousser la question, elle se leva de sa chaise et se rassit au même instant, et, tout d'un coup, en regardant sa fille en face, elle dit très vite :
" Ce que j'ai ? Je veux me remarier."
Marie crut à une plaisanterie.
MERE ET FILI/E
Elle se mit à rire en se renversant en arrière : mais Madame Pélissand la saisit par le bras, en disant d'une voix rêche :
" Je ne vois pas qu'il y ait de quoi nre.
Marie s'arrêta de rire comme elle s'était arrêtée de jouer. Elle comprit que sa mère disait vrai, et une grande stupeur tomba sur elle.
Elle regarda encore sa mère. Elle vit ses cheveux blancs qui essayaient de bouffer aux tempes ; elle vit son visage bouffi, ses épaules affaissées, et ses mains décharnées ; et elle ne put s'empêcher de dire :
" Mais, maman, tu as cinquantehuit ans."
" Oui," dit Madame Pélissand.
'' Et après ? "
Après ? Après ? Marie ne savait plus quoi dire ; des larmes vinrent à ses yeux : pourtant elle dit en-
core :
" Et moi, maman ? "
Madame Pélissand recula un peu sa chaise ; son regard se fit dur : et,
MERE ET FII.I<E
comme si elle se vengeait d'une méchanceté, elle répondit :
" Toi, ma chère ? Mais tu es assez vieille pour rester seule."
Elle tapota les bas de la corbeille en ajoutant :
" Tu me reprochais mes cinquantehuit ans, tout à l'heure, et tu as Tair d'oublier que tu en as trente-sept sonnés."
"Je ne l'oublie pas," dit Marie.
" Mais . . ."
" Mais quoi ? " demanda Madame Pélissand. '
" Je pense seulement," répondit Marie, " que tu m'as toujours empêchée de me marier, parce que tu ne voulais pas rester seule, et, aujourd'hui, c'est toi qui vas me quitter."
Madame Pélissand resta silencieuse, et Marie n'osait dire tout ce qui lui montait du cœur. Après un long silence. Madame Pélissand reprit :
" J'épouse M. Tardi. Tu sais bien, ce jeune honune, qui m'avait de-
IfERB ET PILLE
mandée en mariage tjuand il avait vingt ans, et que mes parents ont trouvé trop jeune."
Marie fit un signe de tête pour dire qu'elle se rappelait l'histoire que lui avait racontée sa mere.
" Eh bien I '' continua Madame Pélissand, " il s'était marié aussi de son côté, mais il n'avait pas cessé de m'aimer. Il est veuf depuis trois mois et il est venu me redemander en mariage il y a huit jours. ♦ • /'
Elle ajouta après une pause :
" Il habite une grande ville du Midi, et j'irai vivre là-bas avec lui."
Marie releva la tête, qu'elle tenait im peu penchée, et elle dit gravement :
" Ce n'est parce que ce monsieur te demande en mariage que tu es forcée de l'épouser."
Madame Pélissand fit un geste vague de la main, et Marie reprit :
'* Chaque fois qu'un jeune honrnie est venu me demander en mariage, tu m'as défendu d'accepter. ..."
Madame Pélissand baissa la tête.
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" Et quand j'ai voulu quand même me marier avec Julien, que j'aimais tant, tu m'en as empêchée, en disant que mon devoir était de ne pas t' abandonner. Tu m'as dit que la mort de mon père nous laissait dans la misère. Alors je me suis mise au travail, et j'ai refusé le bonheur et, maintenant, je sais que mon Julien s'est lassé et en a épousé une autre ; et, aujourd'hui tu m'apprends que tu vas me quitter pour épouser im homme que tu n'as jamais aimé et qui t'est resté étranger depuis tant et tant d'années."
Madame Pélissand avait la tête si basse que son front touchait presque sa poitrine : on ne voyait plus que sa nuque, où la chair se séparait et formait comme deux cordes.
Marie se tut en attendant un mot de sa mère. Mais Madame Pélissand restait le front courbé et l'air têtu. Alors Marie continua :
" Moi, j'ai fait mon devoir en restant avec toi. Feras-tu le tien en refusant ce mariage pour ne pas me
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laisser seule ? Voyons, maman, parle, qu'as-tu à répondre."
Madame Pélissand se redressa un peu en répondant :
" Je me marierai, parce que je ne veux plus rester avec toi."
Marie demanda, en avançant son visage près de celui de sa mère :
" Pourquoi ? Qu'as-tu à me reprocher ? "
" Beaucoup de choses.'* Dis-les, maman." Tu es plus intelligente et plus savante que moi." (Marie ouvrit de grands yeux.) " Tu restes des heures à rêver à des choses que tu ne dis pas, et quand nos amis veinnent nous voir, tu parles toujours avec les hommes, et je ne comprends rien à ce que vous dites. C'est toi qui choisis mes hvres, et si je veux lire les tiens, ils parlent de choses qui me sont inconnues. C'est toi qui décides de la couleur de mes robes et de la forme de mes chapeaux.
C'est toi qui gagnes l'argent qui me fait vivre, et si je commande notre
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domestique, elle n'obéit qu'après avoir pris ton avis.
" Tout est changé ici. C'est toi qui es devenue la mère et moi la petite fille. J'ai peur d'être grondée quand je parle : et, quoique tu sois douce et bonne, je crains ton regard sur moi."
Un long silence se fit. Marie songeait, une main sur les touches du piano.
Madame Pélissand se mit à pleurer tout bas, puis elle dit timidement à sa fille :
" Permets-moi d'épouser M.
Tardi."
Alors Marie se leva du tabouret pour se pencher sur sa mère, et, après lui avoir essuyé les yeux, elle l'embrassa tendrement au front en disant :
" Épouse M. Tardi, afin que, de nous deux, il y en ait au moins une qui ait un peu de bonheur."
LE CHALAND DE LA