NÉCROPHILIE ET LITTÉRATURE
Un romancier moderne, Mr*° Rachilde, a dans une œuvre récente, la Tour d'Amour, mis sur pied un type de nécrophile extrêmement impressionnant.
Il s’agit d’un vieux gardien du phare d'Ar-Men, en Bretagne.
Ce hideux vieillard ne fut pas heureux jadis en ménage. La solitude absolue, au milieu d’un océan de brumes et de tempêtes, l’a rendu maniaque. 11 n’échange que de rares paroles avec l’autre gardien son seul compagnon, et garde religieusement les boîtes de conserves vides.
Il recueille les noyées que les naufrages amènent à son récif. La haine de la femme autant que la jolie du vent l'ont conduit à l'amour des cadavres. Ce nécrophile est en même temps fétichiste. Il coud à sa casquette des mèches de cheveux coupés aux mortes. Enfin, semblable en cela au nécrophile Ardisson et au sadique maréchal Gilles de Retz, il coupe les têtes pour les conserver.
M" Rachilde à insisté avec raison sur l’inconscience que présente son nécrophile de l’horreur de ses actes. En qualité de médecin, il me faut reconnaitre qu’elle est dans la note juste, que son maniaque est très vraisemblable.
Enfin, M. de Kératry a publié sous l'inspiration du cas qui fait le sujet de l'observation IT un roman, le Dernier des Beaumanotr, paru vers 1850 {?) et que je n'ai pu me procurer.