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Bertrand cependant continuait la série de ses méfaits. Il pénétra une fois dans le cimetière de Montparnasse et fut assez heureux pour échapper à un gardien qui se promenait armé d’un pistolet. L'entrée du cimetière par-dessus une clôture en planches était fort difficile. Bertrand vint dès lors assouvir sa rage dans le cimetière des suicidés et des hôpitaux, voisin du précédent.
« Les premières mutilations dans cet endroit, dit-il, eurent lieu sur des cadavres d’hommes. Je ne pouvais me résoudre à mutiler un homme. Si cela m'est arrivé quelquefois, c’est la rage de ne pas trouver de femmes qui me le faisait faire, alors e me contentais de donner un coup de sabre sur une partie quelconque du corps. Il va sans dire que je n'éprouvais pas le besoin de me masturber, c'était tout le contraire, j'éprouvais une grande répulsion. Il m'est arrivé de déterrer douze ou quinze corps pour trouver un cadavre de femme.
« Du 30 juillet au 6 novembre, je déterrai deux femmes et un
grand nombre d'hommes ; mais je ne mutilai que deux de ces derniers. Quant aux femmes, qui étaient âgées de soixante à soixante-dix ans, je me livrai sur elles à un nouveau genre de mutilation.
.« Après avoir assouvi ma passion brutale sur leurs cadavres, leur avoir ouvert le ventre et en avoir retiré les entrailles, je leur fendis la bouche, je leur coupai les membres, je leur lacérai le corps dans tous les sens, ce qui ne n'était pas encore arrivé. Ma fureur ne fut pas satisfaite apres ces actes horribles ; je saisis les membres coupés, je me mis à les tordre, à jouer avec, comime un chat avec sa proie ; J'aurais voulu pouvoir les anéantir ; jamais je ne m'étais vu dans un tel état, je terminai comme à l’habitude par la masturbation.
« Le 6 novembre à 10 heures du soir, j'étais sur le point de sauter dans le cimetière, quand un coup de feu me fut tiré à bout portant, je ne fus pas atteint. Ce fait ne me découragea pas, je me retirai et je me couchai à quelques pas du cimetière sur la terre humide, par un froid rigoureux ; je restai dans cette position environ deux heures, après quoi, je rentrai au cimetière
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où je déterrai une jeune femme noyée âgée de vingt-cinq à vingtsix ans, très bien conservée. Je traitai cette femme comme les autres victimes de ma folie, je me retirai après lui avoir arraché les entrailles, coupé les parties génitales et fendu la cuisse gauche jusqu’au milieu. La jouissance que j'éprouva; avec cette femme fut plus grande encore que toutes les autres fois. Cependant, je commençais à me fatiguer de toutes ces violations de sépulture, ma maladie n’était plus si violente, et je suis porté à croire qu’elle touchait à son terme. »
Quelques jours après Bertrand cependant revint au cimetière Montparnasse. Il déterra une femme âgée d’environ soixante ans et un enfant de trois ans au plus. Après avoir transporté ces deux cadavres sur une tombe assez éloignée de la fosse commune, il profana et mutila celui de la femme sans toucher à celui de l'enfant. Le lendemain 16 novembre, le docteur Pajot était appelé à constater le crime. Il trouva le corps de celte femme couché sur le dos à peu de distance d’un tombeau garni de grands cyprès, Il était en partie recouvert de son linceul, la tête et les extrémités inférieures étaient seules apparentes. La commissure droite de la bouche avait été fendue par un instrument tranchant dans l'étendue de quatre à cinq centimètres. Une incision profonde avait été pratiquée sur le cou. En enlevant le linceul, on découvrit qué toute la partie anterieure du tronc était ouverte par une immense incision comprenant l'étendue des parois thoraciques et abdominales antérieures. La plus grande mutilation portait sur les membres. Le bras droit avait été complètement désarticulé; il était placé entre les jambes de la morte. La cuisse et la jambe gauches avaient été désarticulées, les tissus étaient hachés.… | |
« À dater de cette dernière violation, dit Bertrand, jusqu’au 15 mars 1849, je ne suis retourné que deux fois au cimetière, une fois du 415 au 20 décembre, et l’autre au commencement de Janvier. Ces deux fois encore, j'ai essuyé deux coups de feu; le premier, tiré à trois ou quatre pas de distance, a fait balle et a traversé le derrière de ma capote, à la hauteur de la ceinture.