‹ Vampirisme: Nécrophilie, Nécrosadisme, NécrophagieChapitre 30 sur 49 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Lomrroso : Pazzi ed anomali, p. 143.

G. Diaz de Garayo naquit à Eguillas (Espagne) de parents honnêtes. Mais l'un, adonné au vin, mourut d'apoplexie, l’autre élait un nerveux grave et s’enivrait. Ils eurent neuf enfants qui s’employèrent les uns à l’agriculture, les autres au service domestique.

Diaz à quatorze ans commença à travailler comme berger, charbonnier, cultivateur. Sa conduite était irréprochable.

En 18590, il entre comme ouvrier chez une veuve qui, letrou-. vant honnête et actif, l'épouse. Cela dura jusqu'à la fin de 1863, c’est-à-dire treize ans : au bout de ce temps, la femme mourut. L'accord fut parfait. Diaz de Garayo était toujours très honnête. Ils eurent cinq enfants dont trois survécurent. Diaz se remaria avec une méchante femme, si bien que les enfants quitterent la maison et que les deux plus jeunes devinrent des vagabonds. En 1870, cette femme mourut ; peu dé temps après Diaz se remaria avec une nommée A. L..., femme pire encore que l’autre : elle s'enivra jusqu’à sa mort qui eut lieu en 1876. Un mois après Garayo se remaria avec une veuve qui bientôt après entrait en procès avec lui.

Garayo, qui jusqu’en 1870 avait mené une vie très honnête, commence alors une série de forfaits qui resteront ignorés, grâce à son existence laborieuse, jusqu’en 1880.

En mars 1870, il rencontre une femme de mauvaise vie àgée de quarante ans. Il lui offre comme prix de ses faveurs trois réaux ; elle trouve que c’est trop peu et demande un réal de plus. Ils ne s'accordent pas, une dispute en résulte. Il jette la femme à terre, l’étrangle, la précipite dans l’eau qui avait à peine un metre cinquante de haut, la repèche, la viole, l’étend sur le dos, la contemple quelque temps, après avoir défait les vêtements, puis s'en va et reprend tranquillement ses occupations.

Un an plus tard, le même mois (12 mars 1871), il trouve une pauvre vieille, lui propose de coucher avec elle. Celle-ci dit qu’elle n’a pas encore mangé. Il lui donne un real qui avait été fixé comme prix. Elle va dans une auberge, mange, puis il la rejoint. Enfin, ils se disputent sur le prix de la prostitution ; alors il l’étrangle, la viole, lui emplit la bouche de terre et part au travail tranquillement comme la premiere fois.

En août 1872, une fillette de treize ans, robuste, passe près de lui; sans dire une parole, il la prend par le bras, la porte loin de la route pour empêcher qu'on ne l’entende, l’étrangle, la viole, puis la précipite dans un canal voisin.

Le même mois, le 23, il trouve une fillette de mauvaise conduite qui va le long de la route, lui offre encore une rémunération qu'elle trouve trop petite ; il étrangle la jeune fille. La croyant morte, il se met à la contempler ; elle fait un mouvement, il lui enfonce une petite fourche dans la poitrine, jette sa victime dans l’eau, puis revient à la ville où il dort jusqu'au lendemain.

Le public épouvanté disait qu’il y avait certainement un sorcier (sacamantecas) qui tuait les femmes pour en faire un onguent magique.

En août 4873, il tente d’étrangler une autre prostituée qui pousse des cris et s'enfuit. En juin 1874, nouvel attentat sur une mendiante, vieille et infirme, à laquelle il pose, à l’improviste, la main sur le cou ; mais elle s'échappe, le croyant ivre.

Il se tient tranquille jusqu’en 1878. En novembre, il attaque dans sa maison une vieille meunière, tente de l'étrangler. Elle

Œrppe

se défend, il s'enfuit, est arrêté et condamné à deux mois de prison. En prison, il se montre indifférent et réservé. |

Cinq mois après, en août 1879, pendant qu'il donne l’aumône à une pauvre vieille, il la frappe à la tête. Elle s'enfuit, et pour la faire taire, il lui promet une somme d’argent.

En septembre, il trouve une jeune femme de vingt-cinq ans, grande et robuste ; il l’accompagne en causant sur la route, puis à l'improviste l’assaille, la serre au cou en lui tenant les mains et en lui offrant de l'argent si elle voulait se donner à lui. Elle refuse, il tire un couteau, la frappe à la poitrine et continue de nouveau à la frapper après l'avoir violée, puis prend dans le panier qu’elle portait de l’eau-de-vie, en goûte un peu, cache le reste ; il s’assied sur un arbre peu éloigné et se met à fumer, puis il va boire dans une auberge et dort toute la nuit d'un bon sommeil.

Deux jours apres, il rencontre une paysanne de cinquantedeux ans qui porte sur la tête une corbeille de pain; il pleuvait, ils se réfugient sous un arbre ; il lui manifeste ses désirs, et il se voit acerbemeut repoussé. Il l’étrangle. La pauvre femme respirait encore ; avec le même couteau, il la frappe à la poitrine et au ventre, arrache avec les mains les intestins et un rein qu’il jette à côté dans le panier. Puis il se lave les mains et prend dans le panier le pain qu’il contenait. Il dort à nouveau toute la nuit sous un pont, jette à l’eau le couteau et ne rentre chez lui que pour changer de vêtements. IL part travailler ; une petite fille remarque probablement son visage extrêmement animé et s’écrie :

« Quelle figure ! on dirait le Satamantecas ! »

La police a les relations du fait par un facteur qui a vu Garayo en conversation avec l’avant-dernière morte. Elle se souvient de l’attaque de la mendiante, fait une perquisition et arrête Garayo. D'abord il se tait, puis il avoue tout,

C'était un type vulgaire, d’un tempérament sanguin, de taille moyenne, le front bas et court présentant dans le haut une profonde cicatrice, les yeux enfoncés dans l'orbite, les narines larges, épaissies à leur extrémité, la tête haute et étroite au

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