LE VAMPIRISME D ORIGINE SEXUELLE
Comment un homme, mû par l'instinct sexuel, va-t-il profaner un cadavre ?
Il peut simplement, trouvant un corps à sa portée ou - l’exhumant pratiquer sur lui le coït. Ce coït est normal ou anormal, sodomique par exemple. Il arrive qu’il n’y ait point cohabitation avec le cadavre, et que l'excitation provoquée par la vue ou par la manipulation du mort amène à la masturbation.
Ce genre de profanation peut prendre le nom de Mécrophilie. Le terme fut créé par Guislain, aliéniste belge du milieu du xix° siècle. Cet auteur faisait entrer les nécrophiles « dans la catégorie des aliénés destructeurs », voulant ainsi parler des profanateurs dont il va être question bientôt. Il m'a semblé toutefois qu’il valait mieux appliquer ce nom, à cause de son étymologie, aux amants des morts.
Si le nécrophile ne trouve point de cadavre, il en obtient un, quelquefois, par le meurtre. Cela est rare.
L'assouvissement du désir génital suit aussi un autre
genre de profanation, qui d’ailleurs est comme une déviation anormale de la première. La mutilation du cadavre suffit, chez certains hommes, à faire naître l'excitation sexuelle et même à la satisfaire.
Cette mutilation a été bien étudiée quand elle se produit sur des êtres vivants sous le nom de sadisme (1). Le meurtre produit parfois l’éréthisme sexuel. On le nomme alors meurtre sadique. |
Je crois que la mutilation de cadavres est différente du sadisme vrai. Sur l’être vivant, le sadique cherche à obtenir la douleur. Le meurtrier sadique trouve une jouissance dans la réaction qu'est l’agonte. Le mutilateur de cadavres n’est poussé que par l'instinct de destruction. Aussi ai-je cru devoir proposer le terme de Nécrosadisme pour cette forme particulière d’aberration sexuelle.
Le nécrosadisme s’observe sous deux aspects: le dépecage, et la nécrophagie qui complète parfois le dépeçage. J'entends par nécrophagie l'attaque du cadavre avec les dents, qu'il y ait simple mâchonnement, morsure, ou cannibalisme. AS
Si nous pouvons isoler ainsi nécrophilie, nécrosadisme, nécrophagie, leur association est fréquente, sans préjudice des autres perversions sexuelles qui s’y peuvent greffer.
Passons maintenant à l’exposé des faits, présentés sous forme d'observations.
(1) LacassaGne : Vacher l’éventreur et les crimes sadiques, 1899.