‹ Van der Burch, archevq̂ue de Vambrai notice sur sa vie et les institutions de charité dont il a doté la ville de CambraiChapitre 3 sur 7 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

De M. LENGLET, Maire de la Ville de Cambrai.

a Messieurs,

» Ce n'est pas sans une sorte de crainte trop motivée par mon insuffisance , que je prends la parole dans une réunion si imposante, sous les yeux de personnages aussi éminents par leurs lumières que par leur position sociale; alors surtout que tout à l'heure, dans une auguste enceinte, une voix éloquente va rendre, dans un langage qui n'appartient qu'à elle, les hautes et salutaires pensées que doit inspirer cette grave cérémonie.

Mais les fonctions dont j'ai l'honneur d 1 êlre revêtu , me font un devoir d'être ici l'interprète de la cité, en exprimant, trop imparfaitement sans doute, les sentiments de profonde reconnaissance dont sont pénétrés tous les cœurs , au souvenir des immenses bienfaits que le vénérable Vander-Burch a répandus sur sa ville archiépiscopale; membre de l'administration à laquelle est confiée la direction des établissements que nous devons à son inépuisable charité , je dois aussi saisir cette heureuse occasion derendreun compte succinct de ce que nous avons fait, de ce que nous voulons faire encore pour réaliser, autant qu'il est en nous , les intentions du pieux fondateur.

» Puisse ce simple récit démontrer aux yeux de tous que nous ne sommes pas au-dessous de l'honorable mission dont nous sommes chargés, que nous apprécions la valeur, que nous comprenons l'esprit et la portée des belles institutions dont Vander-Burch a doté notre ville, et qu'enfin nous avons la ferme volonté de les conserver dans toute leur pureté primitive, tout en y ajoutant les développemens que réclament les besoins de l'époque.

» Je n'entreprendrai pas de retracer les divers actes de bienfaisance qui ont inarqué le passage de notre immortel archevêque dans le diocèse

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de Gand comme dans celai de Cambrai : ce serait m'engager à faire l'histoire de tous les jours de sa sainte vie, si pleine de bonnes œuvres, si constamment employée à soulager toutes les misères. Mais ce qui nous a surtout frappé d'admiration , ce qui nous a paru le plus digne d'arrêter votre attention et d'être proposé à l'imitation des personnes charitables , c'est la sagesse profonde qui a présidé à toutes les inspirations de bienfaisance de Vander-Burch , qui poursuivait constamment le double but de l'amélioration morale comme de l'amélioration physique du sort des malheureux , et qui savait faire tourner les moyens qu'il employait pour soulager les souffrances du corps en remèdes efficaces pour guérir les maladies de l'ame.

» C'est ainsi qu'en fondant à Cambrai, en 1626, l'école dominicale destinée aux jeunes garçons de la classe pauvre, il a soin d'introduire, dans les statuts de cette fondation , des dispositions réglementaires , qui tout à la fois , garantissent une bonne éducation aux élèves et récompensent, par des secours en argent et en pain, leur exactitude à suivre les exercices de l'école. On a parlé avec admiration de certain pays voisin, où les parents, qui négligent d'envoyer leurs enfants à Pécole, sont frappés d'une amende ; il faut avouer que le procédé de notre bon arche-

vêque, est un peu plus généreux, plus conforme à la charité chrétienne , et doit être infiniment plus efficace.

» Sa libéralité ne se bornait pas là. Persuadé , comme le sont encore de nos jours , les hommes les plus corapétens en pareille matière, que la meilleure manière d'assister les pauvres , est de les mettre à même de gagner leur vie en travaillant, et de se passer ainsi d'assistance, il avait consigné dans les statuts , dont j'ai parlé tout à l'heure , cette disposition remarquable : « Pour atlirer les pauvres à la leçon journalière^ après qu'ils fauront Jréquentée ung ou deux ans et qu'ils seront bien catéchisez , on fem aux frais de la dicte escolle , quand le moyen y sera , apprendre quelque mestier à quelque uns des plus dignes pour leur vertu et bon naturel , esprit et doctrine , ayant aussi esgard à leur plus grande pauvreté. » Vous le voyez, Messieurs, Vander-Burch ne parle ici que des élèves les plus dignes 5 il savait combien il était difficile à un jeune apprenti de passer maitre-ouvrier sous le régime des corporations qui existait alors , et il ne pouvait évidemment prendre d'engagement qu'envers un petit nombre d'élèves les plus distingués. Mais aujourd'hui que la suppression des jurandes et des maîtrises a rendu toutes les professions accessibles à tous, aujourd'hui que les effets trop sou-

vent déplorables de la libre concurrence pèsent plus particulièrement sur la classe ouvrière , Vander-Burch , avec sa haute raison qui lui faisait si bien apprécier tout ce qui est bon et utile , avec cette fermeté de résolution que donne une conviction forte, aurait sans doute trouvé les moyens de mettre, à la portée de tous, l'apprentissage des professions mécaniques.

» En établissant dernièrement dans l'école fondé par Vander-Burch , un cours de dessin linéaire destiné aux ouvriers, nous avons fait dans la voie indiquée par lui , un premier pas bien encourageant , puisqu'il est déjà couronné du plus heureux succès , grâces au zèle et à l'habileté du maître respectable chargé de cet enseignement. Je fais ici le vœu qu'il nous soit donné de réaliser , sur une plus grande échelle , la pensée féconde du fondateur , en dotant son établissement de tous les cours nécessaires pour procurer aux élèves un enseignement pratique approprié aux diverses professions mécaniques. Ce serait satisfaire à l'un des besoins les plus pressans de notre époque , et en même temps remplir largement les vues de Vander-Burch , devant la sagesse desquelles nous devons nous incliner.

» Après avoir pourvu avec tant de libéralité et de sollicitude à l'éducation des jeunes garçons de la classe indigente , Vander-Burch , toujours oc-

cupé de ce qui peut le plus améliorer le sort des pauvres, qu'il regarde comme ses enfants, conçut un admirable projet qui doit faire bénir son nom d'âge en âge par tous les hommes qui s'intéressent aux souffrances des classes malheureuses. Convaincu que l'éducation des femmes est plus importante encore que celle des hommes, puisque celle des hommes est toujours leur ouvrage, surtout dans la classe pauvre, Vander-Burch crut devoir s'imposer des sacrifices énormes pour fonder cette vaste maison , et la doter magnifiquement de manière à y recevoir et y entretenir jusqu'à cent jeunes filles pauvres. La sollicitude paternelle et la sage prévoyance du saint archevêque se révèlent dans toutes les dispositions des statuts qui règlent l'éducation à donner à ces jeunes filles. Il ne veut pas que cette éducation les élève au point de leur faire dédaigner l'humble position où la Providence les a placées, il veut qu'elle se borne à semer dans leur ame des principes solides de religion et à leur procurer les connaissances qui seront un jour indispensables à toutes ; soit que mères de famille elles soient appelées à diriger leur maison et à élever leurs enfants, soit que destinées à la vie religieuse, elles se consacrent exclusivement aux œuvres spirituelles. Et pour faciliter l'entrée de ces deux carrières, une dot qui s'élève à cent

cinquante florins est assurée à chacune des Boursières qui entrent dans un monastère, comme à celles qui contractent les liens du mariage , à condition toutefois pour ces dernières, que les administrateurs y aient donné leur^ assentiment et qu'ils aient acquis la preuve que la conduite a toujours été irréprochable ; que si celte Boursière mariée vient à perdre l'époux qui était son protecteur et le soutien de sa jeune famille, Vander- Burch vient encore à son secours , en lui accordant une petite pension annuelle.

» Il semblait, Messieurs, que la sagesse des règlements établis par le pieux fondateur dût assurer à toujours la prospérité de son œuvre. Il n'en fut malheureusement pas ainsi. Depuis longtemps déjà les divers ecclésiastiques, chargés delà direction spirituelle de la maison, gémissaient de voir leurs efforts si peu couronnés de succès. Après une attente de plusieurs années pendant lesquelles divers moyens furent tentés inutilement pour arrivera une réforme, l'autorité épiscopale crut devoir enfin intervenir. Notre vénérable évêque Belmas , avec la prudence et la fermeté dont il a donné tant de preuves pendant une administration de quarante années, ne voulant pas appliquer de palliatifs à un mal qu'il jugeait incurable , décida qu'aucune novice ne serait désormais reçue pour recruter la communauté des filles de Sainte-

Agnès, à laquelle avait été confiée l'éducation des Boursières, et qu'ainsi celle communauté arrivant forcément à s'éteindre, ne pourrait plus mettre d'obstacle à la régénération de l'œuvre de Vander-Burch. Bientôt quatre des six Dames qui composaient la communauté , appréciant l'effrayante responsabilité qui pèserait sur elles, si l'œuvre de Vander-Burch cessait par leur faute de produire les admirables fruits que le fondateur, en la créant, avait dans sa pensée, deman" dèrent volontairement à se retirer.

» Après leur départ , nous fîmes une démarche auprès des deux Dames qui restaient , pour leur faire sentir que la retraite de leurs compagnes jointe à la défense de prendre des novices , les mettait dans l'impossibilité absolue de continuer à diriger la maison. Ces Dames finirent par le reconnaître. Nous nous applaudissions du résultat de nos démarches, et nous nous préparions à venir recevoir les adieux de ces Dames en les remerciant de leur sage détermination et en leur témoignant tous les égards que nous devions à leur position comme à leur caractère, quand nous apprîmes que , par un changement de résolution aussi imprévu qu'affligeant, à un consentement solennellement donné, succédait un refus formel et bien arrêté.

» L'impossibilité évidente où se trouvaient ces

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deux Dames de diriger à elles seules la maison sans violer les statuts de la fondation , suffisait aux termes mêmes de ces statuts, pour nous imposer un grand devoir. Nous l'avons rempli , ce devoir quelque pénible qu'il fût, quelques calomnies qu'il dût susciter contre nous.

» Heureusement, notre vénérable prélat, interprêtant sainement la volonté du fondateur, ne partagea point les injustes préventions dont nous fûmes l'objet en cette circonstance , et son intervention puissante et toute spontanée , jointe à celle de l'homme supérieur , à l'administration duquel notre département est redevable de tant d'améliorations , parvint à lever les obstacles qui s'opposaient encore au bien que nous avions à cœur de réaliser. Grâces leur soient rendues au nom de tant de malheureux- qu'ils nous ont ainsi mis à même de secourir plus efficacement !

» Héritiers du beau nom de Vander-Burch , que nous sommes heureux de voir au milieu de nous, vous avez su apprécier nos intentions, et vous avez répondu avec empressement à notre appel , nous vous en remercions ; vôtre présence à cette solennité , en attestant que nous n'avons point failli dans la mission qui nous était confiée, vient, en quelque sorte, consacrer les changements que nous avons cru devoir introduire dans la fondation de votre vénérable parent.

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» Je dois ici , Messieurs, vous dire quels sont ces changements , afin que vous puissiez apprécier si nous marchons toujours dans la voie tracée par le fondateur. 11 nous a paru d'abord qu'il ne pouvait entrer dans les vues de notre pieux archevêque qui savait trouver dans une sévère économie les moyens de multiplier ses œuvres de bienfaisance , de laisser inoccupés les trois quarts de celte vaste maison , qu'il avait fait élever au moyen de si grands sacrifices , en se bornant à n'y laisser habiter que soixante ou cent Boursières et quelques Dames. Sa volonté , à cet égard , se manifeste d'ailleurs suffisamment dans les disposition d'un acte additionnel aux statuts de la fondation. Voici le dernier article de cet acte fait à Mons le 3o janvier i63g : Et finalement ledit boni étant ainsi employé (employé en achat de rentes) et venant le revenu annuel à s'augmenter en sorte que non seulement il hasterait ( il suffirait ) pour entretenir jusqu'à cent Boursières et accomplir tout ce que dessus; mais y aurait aussi de l'excressence (de l'excédant) nous entendons que ladite excressence soit distribuée par semaine , selon la discrétion des proviseurs ; à quelque nombre de pauvres filles , qui fréquenteront les écoles de la dite maison et le catéchisme , qui s'y fait; car nous voulons que le nombre des Boursières n'excède jamais le nombre de cent. »

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» Ces mots de pauvres filles qui fréquenteront les écoles de ladite maison , supposent évidemment que des écoles d'externes existaient dans rétablissement. Nous avons donc regardé comme un devoir de les y établir et leur donner tout le développement dont elles sont susceptibles, sans nous écarter des intentions du fondateur. Ainsi , outre huit classes, où Ton pourra donner renseignement primaire à plus de six cents élèves, nous avons eu soin de faire établir dévastes ouvroirs, où toutes ces élèves pourront venir successivement apprendre, sous une excellente direction , ce que notre bon archevêque tenait tant à faire enseigner à ses chères enfants de la fondation , c'est-à-dire, les divers ouvrages d'aiguille qui mettent une femme à même de pouvoir vivre honnêtement du produit de son travail.

» En visitant nos écoles primaires, nous avons eu trop souvent l'occasion d'observer que beaucoup d'élèves se font remarquer par leur inaptitude à profiter des leçons , par leur caractère rebelle à toute discipline , et nous avons reconnu que le meilleur moyen de faire disparaître ces dispositions fâcheuses et de préparer les enfants à recevoir avec fruit l'éducation de l'école primaire, c'était de les soustraire , dès leurs premières années, à la pernicieuse influence des mauvais exemples et des grossières habitudes de leurs parents

ignorants, pour y substituer l'influence si salutaire delà salle d'asile. Nous avons donc cru abonder dans le sens des idées du fondateur, assurer le succès de l'éducation qu'il a voulu qu'on donnât aux jeunes filles pauvres , admises dans cette mai. son, soit comme externes , soit comme Boursières, en fondant aussi dans cet établissement une salle d'asile qui pourra recevoir deux cents enfants , et qui sera également dirigée par les saintes filles de Saint-Vincent-de-Paul.

» Nous avons encore trouvé dans le passage de l'acte addition nél aux statuts que j'ai cité tout à l'heure, la justification de la mesure qui place sous ce même toit la maison des secours à domicile. Impatiens de réaliser le plus promptement possible le vœu du fondateur , de porter jusqu'à cent le nombre des Boursières, nous ne pouvons pas espérer avoir 9 de bien long-temps du moins, un excédant de revenus que. nous puissions distribuer aux jeunes filles pauvres fréquentant les écoles de la maison. Nous avons donc pensé que le seul moyen qui nous restât d'accomplir en ce point la volonté du bienfaisant archevêque, c'était de transférer , dans cet immense édifice , la maison des secours à domicile, et, dans la distribution de ces secours, de tenir grand compte de l'assiduité des jeunes filles pauvres à fréquenter les classes que nous y avons rétablies. 11 nous à paru

que nous atteindrions ainsi le double but que Vander-Burch avait en vue , moraliser le pauvre et le secourir à la fois, en encourageant par des récompenses pécuniaires , le zèle des élèves à profiter du bienfait de l'éducation.

» C'est ainsi , Messieurs , que nous avons compris l'exécution des volontés du fondateur ; nous nous sommes bien gardés d'amoindrir son oeuvre, en voulant aveuglement nous borner à l'exécution inintelligente de la lettre des statuts ; nous nous sommes efforcés, au contraire , d'en saisir l'esprit afin de nous en inspirer et d'y trouver un guide sûr qui nous dirigeât dans le choix des améliorations à introduire dans la fondation , afin de faire de ce monument de la charité chrétienne , l'établissement de France peut-être le plus admirable par la réunion et l'ensemble de toutes les ressources que la sagesse et la libéralité du fondateur y a ménagées pour guérir les souffrances physiques et surtout pour prévenir des maladies bien plus tristes que celles du corps, les maladies de l'ame, qui se résument toutes en ces deux mots : l'ignorance et le vice.

» Bien que nous ayons ainsi fondu en quelque sorte quatre établissements en un seul , gardezvous de croire , Messieurs , qu'aucun des services puisse avoir à souffrir de cette réunion ; grâces à l'immensité de l'édifice que nous devons à la mu-

nihcence de notre immortel archevêque , grâces aussi au plan de notre habile architecte, sagement conçu et très heureusement exécuté , tout est disposé avec une si parfaite entente de tous les besoins, que les divers services se feront avec autant de facilité que s ils étaient placés dans des constructions entièrement distinctes.

» Respectables Sœurs de Saint- Vincent-de- Paul , vous dont nous avons pu chaque jour apprécier l'ardente charité , le dévoûment sublime la patience infatigable, nous vous appelons à notre aide pour achever ce que nous avons coincé; vous retrouverez ici comme dans la maison que vous quittez, des pauvres à secourir, des malades à soigner , de nombreuses élèves à instruire , et de plus , les enfants d'adoption du vénénérable fondateur , ces jeunes Boursières que vous allez former à toutes les vertus par vos exemples plus encore que par vos paroles. Nous verrons que , désormais , avoir été élève de la fondation sous la direction des Sœurs de Saint-Vincent-de- Paul , sera , pour une jeune fille à placer , le plus beau titre de recommandation. Puissent toutes les élèves qui sortiront de cette maison , prouver par une conduite exemplaire , qu'elles méritaient le bienfait inappréciable qu'elles doivent au vénérable Vander-Burch ! Dignes filles de Saint-Vincent-de-Paul , en confiant ces enfants à votre sol-

licitude toute maternelle, nous avons la douce certitude de voir se réaliser les espérances et les vœux que nous venons d'exprimer. Prenez-donc posssession de cette maison où vos verlus avaient marqué votre place ; n'hésitez pas à la pensée de la tâche immense qui vous attend : Dieu est avec vous, Dieu vous prêtera les forces nécessaires pour accomplir la grande œuvre que nous remettons avec confiance entre vos mains, nous voulons dire la régénération de la classe pauvre de Cambrai par les femmes que vous allez former et qui formeront à leur tour la jeune génération de qui dépendra peut-être l'avenir de notre cité. Voyez ce nombreux concours de citoyens de tous rangs, qui se pressent dans cette enceinte , satisfaits du choix que nous avons fait de vous pour une aussi sainte mission ; tous se sont empressés de se rendre à cette solennité , pour consacrer en quelque sorte ce choix, par leurs suffrages et leurs applaudissements; et ces magistrats , ces fonctionnaires publics respectables à divers titres, et dont la présence au milieu de nous prouve tout l'inté* rêt qu'ils prennent à la restauration de l'œuvre de Vander-Burch; et les honorables membres du Conseil munipal , qui nous ont si bien secondés pour préparer votre heureuse entrée dans cette sainte demeure ; et ce magistrat dont la haute capacité administrative et l'activité extraordinaire

ont laissé dans notre département de si beaux souvenirs et qui quitte Paris et ses graves occupations pour assister à la cérémonie qui couronne l'œuvre que nous avons entreprise sous ses auspices ; et ce respectable et nombreux clergé , qui sait si bien vous seconder chaque jour dans votre pénible mission, et qui voit, avec autant de joie que de confiance , que le champ de la charité s'agrandit devant vous; et ce vénérable prélat qui, dans un instant, va vous encourager de sa persuasive parole et appeler sur vous et sur cet établissement les bénédictions du Ciel; et enfin ces dignes héritiers du glorieux nom de Vander- Burch , venus de si loin , pour être en quelque sorte les interprêtes des volontés de leur vénérable parent et les organes de l'approbation qu'i| nous donnerait sans doute s'il pouvait se faire entendre Que dis-je, Messieurs, sans doute l'immortel Vander-Burch applaudit, comme vous tous, à l'entrée des saintes filles de la Charité daus sa maison de prédilection ; sans doute en ce moment, le saint archevêque s'incline du haut des Cieux sur cette assemblée , contemple avec joie le doux spectacle qu'elle lui présente , et bénit les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul , dont les vertus angélîques sont à ses yeux la base impérissable qui assure à jamais la durée et la prospérité de son œuvre. »

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