TITRES CONSTITUTIFS
DE LA FONDATION VANDEB- BDRCH,
François Vander-Burch par la grâce de Dieu et du St. Siège Apostolique , Archevêque et Duc de Cambray , prince du St. Empire , comte du Cambresis, etc., à tous ceux qui ces présentes verront, salut. Comme ainsi soit qu'il aurait pieu à Dieu par sa bonté et miséricorde nous faire souvent considérer combien les pauvres du sêxe féminin en ceste nostre dite Ville de Cambray et chastel en Cambresis ont besoing de nourriture et instruction chrestienne, d'où provient que plusieurs jeunes filles vont s'abandonnant et se perdant de corps et d'ame journellement; pour à quoy remédier autant qu'en nous est par la mesme bonté de sa majesté divine , sommes estez inspiré de faire une fondation en ceste n" dite ville pour y nourir et entretenir le nombre de quatre-vingt ou cent pauvres filles, qui debvront y estre eslevées en la crainte de Dieu , piété et bonnes mœurs comme pauvres boursières; auquel effect nous aurions faict bastir une fort ample maison à l'honneur et soubz la protection et nom de N. Dame, et afin que les proviseurs de ladite maison et fondation , et celles qui y seront commises pour
nourir, enseiguer et endoctriner lesdites pauvres filles scachent comme ils se debvront comporter, nous avons fait et ordonné , faisons et ordonnons les règles et statuts qui s'ensuivent.
Lesdites pauvres boursières seront nouries, enseignées et endoctrinées par les filles dévotes de Ste. Agnès suivant le règlement particulier sur ce faict , lesquelles administreront leur propre bien et seront les maistresse et soubmaistresse et autres officieres crées en la mesme forme et manière que jusques ores s'est observé.
Il y aura quatre proviseurs , par lesquels ladite fondation et biens d'icelle seront gQuvernez et receuz par un rescepveur commis par eux et desquels biens ils payeront la table desdites boursières, moyennant laquelle elles debvront estre nouries , chaufées et buées.
Les filles de Ste. Agnès auront pour table de chasque boursière demy muid de bon bled Cambresien faisant huict meneaux et cinquante-six florins (1) par an ; et si à Tadvenir les vivres s'encherissoient notablement, on augmentera à proportion ladite somme, et ce au dire et jugement des sieurs du vicariat, au cas qu'au faict de ladite augmentation les proviseurs ne se trouvassent d'accords avec lesdites filles de Ste. Agnès. . — . —
(1) Soixante-neuf francs quatorze centimes.
Semblable augmentation se debvra faire si ladite ville de Cambray venoit à estre assiégée , ou quelque autre sinistre ou notable accident arrivoit, et en cas de débat, il sera décidé par lesdits sieurs du vicariat.
Quand quelqu'unes des pauvres boursières seront malades , tout ce qu'il faudra frayer pour médecines, chirurgiens et drogues et autres choses oultre et pardessus leur traictement ordinaire , il se payera par la fondation , aussi bien que tout ce qui touche leur entretenement.
Leur nourriture sera sobre et frugale , servant plustostà contenter la nature, que d'excès au boire et manger.
Elles prendront leur réfection au disner et
souper devant les filles de Ste. Agnès.
Leurs habits, coiffures et chausures seront
uniformes et leurs robbes debvront estre de drap médiocre, couleur de minime.
Chacune aura sa chambrette à part, plus petitte néantmoins que celles des filles de Ste. Agnès , mais de mesme façon.
Elles auront des matelats , des linceux de toile grosse et deux couver loirs.
Elles debvront estre toustes bien catéchisées et enseignées à lire , et celles qui seront capables à escrire, ensemble à coudre soit en^drap ou en linges, à filer, faire dentelles et semblables ou-
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