‹ Van der Meer de Delft (volume 2)Chapitre 14 sur 28 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

.1. Van der Meer et Carel Fabritius.

Ici se place une question : si Rembrandt ne fut pas le maître de Johannes Yermeer. chez qui apprit-il son art. de quel autre maître fut-il le disciple? Cette question, W. Bùrger ne manquerait pas de nous l'adresser, s'il était encore de ce monde. Et il ajouterait certainement : « A qui Vermeer est-il redevable de ces empâtements merveilleux, de cette lumière surprenante, de cette facture large, puissante, qui lui valent une place à part dans l'art hollandais ? »

A la première de ces deux questions la réponse n'est pas des plus faciles. Les peintres de talent et de réputation abondaient à Delft, à l'époque où le jeune Vermeer commença son apprentissage ; Anthonie Palamèdes, Léonard Bramer. Pieter et Nicolaas Bronckhorst, Gérard van Hoekgeest, Emmanuel de Vitt, Pieter Steenwijck, Willem van Aalst, Egbert van der Poel et dix autres encore, étaient dans la fleur de leur réputation et dans la force de leur talent. Ajoutez à cela Simon de Vlieger et Paulus Potter qui devaient bientôt quitter Delft pour aller, le premier, s'établir à Amsterdam, et le second, à la Hâve. Le père Reynier Vermeer n'avait donc que la peine de choisir entre tant de maîtres d'élite.

Mais, parmi tous ces peintres, il en est un qui, semble-t-il, lui était tout désigné par ses relations et par une amitié déjà ancienne. C'est Léonard Bramer, le frère présumé de ce Pierre Bramer que nous avons vu figurer comme parrain dans l'acte de baptême du jeune Johannes. Il est bien probable, en effet, que cette parenté religieuse dut faciliter à notre pauvre artiste les premiers pas dans la carrière, et lui adoucir des débuts toujours difficiles.

Léonard Bramer n'était point, du reste, le premier venu. En 1047. époque probable où Vermeer commença son apprentissage, il avait près de cinquante et un ans. Sa réputation, en outre, était solidement assise. Il avait beaucoup voyagé en France et en Italie. Le prince Frédéric- Henri, qui fut son protecteur, l'avait honore de nombreuses com-

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