‹ Van der Meer de Delft (volume 2)Chapitre 9 sur 28 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'état civil de J. Van der Meer.

Rien n'est plus intéressant, passionnant même, que la chasse au document, surtout quand elle a lieu sur un terrain incertain, mal connu et qui se dérobe à chaque instant sous les pieds du chasseur.

Dès que sa résolution fut bien arrêtée de percer les ténèbres dont son « sphinx » était entouré, Bûrger commença par se trouver fort embarrassé. Il se vit subitement aux prises avec une prodigieuse quantité de Jan Van der Meer, car aucun nom en Hollande n'est plus commun que celui-là. Tout d'abord, rien que parmi les maîtres du xvne siècle, il en rencontra quatre ayant manié le pinceau : i° Jan Van der Meer, de Schoonhoven ou d'Utrecht, qui a peint de grands tableaux et des portraits; 2° Jan Van der Meer, de Haarlem, surnommé le Vieux, paysagiste; 3° Jan Van der Meer, de Haarlem, surnommé le Jeune, également paysagiste, mais dans le goût de Berchem, et, enfin, 40 notre Jan Van der Meer, de Delft. Certes c'était quelque chose de faire la part de chacun d'eux.

Son embarras se serait encore accru, s'il avait pu fouiller les archives de Delft, et sonder les profondeurs de son état civil. Pour ne parler que des contemporains de notre peintre, des Van der Meer qui habitaient de son temps sa ville natale et portaient le prénom de Jan, il se serait heurté, en 1640, à un Jan Van der Meer, pharmacien, demeurant sur le Voldersgracht ; en 1647, a un ^an Jansz Van der Meer, veuf consolé, qui logeait sur Y Ont Beyerlant ; en 1648, à un Jan Cornelisz Van der Meer, non moins veuf, mais également consolé, et de plus chapelier de son état, ayant son domicile dans la Buitenketelpoort ; en i665, il aurait pris connaissance de l'héritage de Jan Reyers Van der Meer, et, en 1680, de celui de la femme du schoolmeester Johannes Van der Meer, etc., etc. C'eût été là pour lui une complication assurément inattendue, et qui n'aurait pas manqué d'augmenter les difficultés avec lesquelles il se trouvait aux prises.

Mais Bûrger fut plus sage. Il ne s'aventura pas lui-même dans les

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archives de Delft. Il alla aux renseignements, s'adressa au gardien attitré du trésor, et fut éconduit avec une bonne grâce si parfaite, qu'il demeura

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