‹ Van der Meer de DelftChapitre 4 sur 21 · TABLEAUX A FIGURES · texte numérisé non relu

TABLEAUX A FIGURES

l’KIlSONN AGES DE GRANDEUIl N A T U R E E I. E.

1 *. La Courtisane, du musée de Dresde.

Serait-ce le n“ 9 de la vente de 1(596, sous le titre : Société joi/euse? Ce n'est pas probable, à cause du prix 73 florins, trop minime pour une peinture de cette im|)ortance.

Catalogué au musée de Dresde, jusqu’en 1862, comme ;

« Meer [Jacob van der), né à Utrecbt. — N" 1363. Deux hommes et une jeune fdle; près d’eux, une vieille femme. — Acquis en 1741 de la collection Wallenstein. »

C’est à une visite à Dresde, en 1859, que j’ai restitué ce tableau à van der Meer de Delft, avec l’autorité de la signature en toutes lettres et de la date 1656, que j’ai découvertes au bas à droite. Et maintenant, dans le nouveau catalogue (édition française), Dresde 1862, on lit :

« Meer (Jan van der), né à Delft vers 1632. — N® 1432 Un Monsieur embrasse une jeune femme et lui glisse une pièce d’or dans la main. A côté, un autre monsieur et une vieille dame sur un balcon, de l’appui duquel descend un tapis de Perse. Demi-figures de grandeur naturelle.

Toile. Hauteur, "5 pieds 1 pouce ; largeur, 4 pieds 7 pouces (me.sure de Dresde).

« Signé J. V. Meer 1656. La première jambe de YM est liée en haut avec un point et en bas avec un v. (Voir W. Bürger, Musées de la Hollande, p. 77.) »

Nous avons donné, précédemment la description de ce chef-d’œuvre qui n’a jamais été gravé, et nous reproduisons ici le fac-similé de la signature:

2 *. Poi'trait (le Jeune fille, en buste, et tournée de trois (juarts à gauclte.

Serait-ce le ii" iiS de la vente de 1690, sous le titre : un llnslc , en costume anliiiuo ?

Cialcrie d’Aranberg, n" 33.

Elle a les cheveu.x relevés à la chinoise, une perle en boucle d’oreille. Lu [)li de draperie jaune retombe en arrière de sa tête. Une draperie bleu clair, ({ui enveloppe le torse, laisse apercevoir un bout de main. La tête, extrêmement fantastique et pâle comme sous un rayon de lune, s’enlève sur un fond sombre et vague. La physionomie a une finesse mélancolique qui force à regarder cette femme avec une sympathie mystérieuse. Cela fait songer à certaines apparitions évoquées par Rembrandt, et aussi, chose singulière, à certaines physionomies du Corrége; même, sauf la différence de la beauté des types, à la prestigieuse Joconde, de Léonard.

Cité par M. Waagen, Manuel, t. III, p. :26.

Est-ce ce tableau qui a passé en vente publique .à Rotterdam, 1816: « Polirait d’une jeune personne. !!.,• 17 pouces; L., 13 » (c’est à peu près la même dimension;?

Fac-similé de la signature:

Le tableau n’a jamais été gravé, mais j’en ai la pbolograpliie.

3 *. La Dévideuse, vieille femme assise devant son dévidoir. Figure entière, presque de grandeur naturelle.

C’est à Sir Charles Eastlake que je dois la connais.sance de ce tableau, et je suis heureux de citer l’extrait de la lettre que m’écrivit ce savant directeur de la National Gallcnj, dont j’avais l’honneur d’être l’ami :

« ... Pour ce qui regarde le van der Meer de Délit, voici ce qui est arrivé: M. Plulbps m’avait parlé d’un exemplaire de ce maître, qu’il connaissait à la campagne. La description ayant excité en moi le désir de le voir, il l’a fait venir à Londres... C’est une vieille, assise, presque de profil. Ses mains jointes restent sur son giron. Devant elle, à droite, du chanvre entortillé autour d’un châssis (le dévidoir). La figure est un peu [)lus petite que la grandeur naturelle. Le fond du mur est tout à fait clair, presque sans forme, ai l’on pourrait presque le prendre pour un ciel, s’il n’y a\aitquelque peu de choses suspendues à des clous, avec de légères ombres portées. Le terrain est également clair, à peine distingué du mur. La figure par conséquent se détache en vigueur, •le n'avais pas de doute sur le maître, et, depuis, j’ai conduit le docteur Waagen

(qui est maintenant chez moi) pour le voir. Lui aussi n’a pas le moindre doute que c’est du Delftsche van der Meer. Prix, 150 guinées. Ce prix est raisonnable. Alais ce tableau n’arrive pas à ce point d’excellence que je cherche. J'espère que, tôt ou tard, vous trouverez un exemplaire parfait pour la National Gallery... »

Là-dessus, mon ami M. Phillips m'envoya le tableau, en ajoutant qu’il le tenait pour une œuvre très-importante de ce maître rare {a very important ivork of tJiis rare master). Je gardai le tableau quelques mois, et je le montrai à quelques artistes qui en furent émerveillés. Mais la dimension — et le prix, un peu haut pour moi, environ à, 000 francs, — m’ayant effrayé, j’ai renvoyé à Londres cette belle peinture, aujourd’hui égarée en Angleterre, et que je voudrais bien retrouver. Car il faut ajouter à la description de Sir Charles Eastlake une particularité bien intéressante, que ni lui ni M. Waagen n’ont remarquée : un de ces bibelots suspendus au mur, espèce de petit dévidoir en bois, forme précisément le monogramme de Vermeer :

J'ai la photographie de ce tableau.

h. Réunion de famille. Père, mère, enfants. Figures entières, de grandeur naturelle.

Galerie du comte Czernin, à Vienne, — sous le nom de Rembrandt.

T., H., 5 pieds 6 pouces ; L., 4 pieds 6 pouces.

n N” 60 du catalogue Czernin : Paul Rembrandt (van Rhyn), 1606-1674, de Leyde. — La famille de Rembrandt réunie a un concert du soir. »

Cette peinture très-magistrale offre de belles parties : la femme assise au piano, sa collerette, ses mains, etc. ; mais il y a des têtes extrêmement vulgaires. Peut-être le tableau a-t-il été restauré. Pour être de Rembrandt, non. J’ai beaucoup étudié le tableau, à cause de son attribution au grand maître hollandais et de son adhérence incontestable au style rembranesque, mais je n’ai pas pensé à Vermeer. C’est AI, Suermondt qui a l’idée de rattacher cette vigoureuse peinture au maître de Delft, et qui suppose que ce pourrait être la famille du peintre.

Pour mémoire, et à étudier.

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