‹ Van Dyck et ses élèvesChapitre 24 sur 75 · SECOND VOYAGE EN ANGLETERRE- 3S · texte numérisé non relu

SECOND VOYAGE EN ANGLETERRE- 3S

L'inscription suivante se déroule sur le socle d'une colonne : Carolus D. G. Magnœ Britanniœ Franciœ et Hibemiœ Rex, fidei Defensor, aetatis suae ^7 , anno 1627. — Advivumdep. D. Mytens, P.regius,i&27.

Donc, au moment même où Van Dyck espérait obtenir en Angleterre la protection du Roi, Charles posait devant son peintre officiel et n'éprouvait aucun désir de le remplacer. Antoine avait déjà exécuté des chefs-d'œuvre; Mytens n'a jamais dépassé le niveau des petits esprits ; mais il y a des moments où le génie même ne sert à rien. Le château de Hamplon-Court renferme plusieurs tableaux de Daniel : tous témoignent contre le pinceau qui les a tracés. Une de ces images, par exemple, figure Jacques, deuxième marquis de Hamilton, majordome de la maison du Roi, tenant à la main une baguette blanche, insigne de ses fonctions. Dans cet ouvrage, l'auteur a cherché les grands effets, les oppositions violentes du clair-obscur. Tout est sombre, sauf la tête et la collerette plissée ; mais ce contraste excessif ne donne aucun attrait, aucun relief à l'image. C'est une peinture lourde et commune, que n'illumine pas la plus faible inspiration. D'autres effigies brossées par Mytens, qui attristent les murs de Hampton-Court, sont si déplorables qu'on se prend à douter de l'attribution. Sa jolie tète, fine, vive et spirituelle, faisait espérer mieux.

L'attitude et le langage de Cornelis lansen ne devaient rappeler en aucune manière la modestie exagérée de Daniel. Son image peinte par lui-même, gravée par Conrad Waumans, nous en donne la certitude : cette figure accentuée, expressive, résolue, annonce un caractère indépendant. Le maintien est fier, le regard plein d'assurance. De beaux cheveux, naturellement bouclés, encadrent la figure. Les traits sont mâles comme l'expression, réguliers, distingués : des moustaches et une impériale leur

donnent un certain aspect militaire. Un grand manteau, laidement drapé autour du buste, ajoute à la dignité du personnage, lansen devait être, comme Van Dyck, un homme de taille moyenne. Il signait : Comelis lansen van Ceulen et les actes publics de la Hollande le désignent de la même manière. Van Ceulen était en conséquence son vrai nom de famille ; lansen veut dire fils de Jean. Donc il s'appelait Corneille van Ceulen, fils de Jean.

Né à Amsterdam en 1590, il arriva en Angleterre un peu plus tard que Daniel Mytens ; après s'être fait par son talent une réputation au bord du Zuyderzée, il partit pour Londres en J618. Il y exécuta de fort beaux portraits, disent les chroniqueurs, de Jacques 1" notamment et de sa famille, puis des principaux personnages de la cour. Son coloris est clair, vif et naturel, sa touche facile, au rapport des critiques, son exécution délicate; ses chairs ont un aspect doux et agréable; il terminait ses tableaux avec beaucoup de soin, peignait d'ailleurs sur panneau, comme les vieux maîtres. Il donnait quelquefois à ses draperies un ton trop sombre, sans doute pour mieux faire ressortir par le contraste la fraîcheur des carnations. Il exécutait souvent des miniatures à l'huile et reproduisit de cette manière un assez grand nombre de ses propres ouvrages.

Un tableau, qui orne le palais de Hamptoncourt, m'a renseigné complètement sur sa facture. C'est un portrait du fameux duc de Buckingham, en grand costume de cérémonie : la peinture est lisse, coquette, très finie, entièrement exécutée d'après la méthode et avec la couleur émaillée du seizième siècle : l'ouvrage pourtant n'est point sur bois, mais sur toile. Et l'on peut d'autant mieux en juger la manière que le tableau se trouve dans un état de conservation admirable. Exécuté pour un favori du souverain et pour un prolecteur, on doit le considérer comme te résultat

vGooQle

Page 1