‹ Van Dyck et ses élèvesChapitre 44 sur 75 · MARIAGE DE VAN DYCK. 5U · texte numérisé non relu

MARIAGE DE VAN DYCK. 5U

moDie avec sa pauvrelé : il épousa quelque jeune personne d'une condition inférieure. Il mourut au comnaencemenl du règne de Charles I", laissant deux fils, voués coname leur père à une obscure et pénible existence, et une fille nommée Marie. Les fils quittèrent ce monde probablement très jeunes, sans léguer à aucun enfant la malédiction qui pesait sur eux.

La dernière des Ruthven inspira enfin la commisération : elle avait pour tantes les duchesses de Monirose et de Lennox, la comtesse d'Athole, dont la protection ne lui fut sans doute pas inutile. Le Roi l'attacha au service de la Reine, comme nous l'avons dit plus haut ; puis, considérant qu'elle n'avait pas de dot, l'idée lui vint un jour de la marier, non pas à un jeune seigneur qui lui rendrait une position digne de ses aïeux, mais à un peintre maladif, qu'elle était chargée de soustraire aux obsessions d'une courtisane, aux dangers d'une existence capricieuse et agitée. Le malheur qui avait détruit sa famille et semblait vouloir lui faire grâce, changeait seulement de forme. Son union avec Van Dyck ne lui assurait qu'un avenir précaire, assombri d'avance par la sanlé débile du futur. Le mauvais génie des Ruthven officia sous la robe du prêtre, quand l'artiste et la jeune fille reçurent ta bénédiction nuptiale (1).

Ce qu'il y a d'étrange, c'est qu'on n'a aucune espèce de renseignement sur l'époque ofi leur union fut célébrée. Le grand incendie de Londres, en 1666, ayant consumé les archives paroissiales, toute recherche est impossible. Il faut donc nous contenter

(1) Je ne puis m'empiîcber de relever ici uue erreur par trop singuli6re, vu surtout qu'elle a pris son vol du haut d'une publication anglaise. On lit dans le lome III du Catalogue raisonné de Smith, page uti du préambule : •> Son ami et son patron, le duc de Buckingham, entra vivement dans leurs projets et par son Gutrcmise obtint pour Van Uyck la main d'une jeune femme belle et accomplis, fille de lord Hulhven, union qui fut plus honorable que profitable au coloriste. ■ Le duc de Buckingham, assassiné en 1628, contribuant au ménage de Van Dyck en 1639 ou 1640, l'anachronisme est vraiment énorme!

d'inductions approximatives. L'Anonyme constate que le délabrement physique du peintre de la cour devint manifeste en 1639, el que sa langueur inspira au prince le dc^^ir de lui chercher une femme. Il ajoute avec beaucoup de sens : « Le mariage n'améliora point la santé de Van Dyck ; si des excès amoureux avaient ruiné sa constitution, c'était un mauvais moyen de IÎl fortifier que de l'unir avec une jolie personn* eut lieu dans les premiers mois de 1 sur les bords de la Tamise en 1635, 1': forces avec une rapidité invraisemblal

Le projet de Charles ne dut pas s orageuses, sans crises dramatiques, ei miss Lemon. Cette femme charmani était aussi une femme violente ; toute forme d'une tempête. Ce fut, à n'e luttes qui précédèrent leur séparatior en Judith, tenant un glaive à la mait d'Israël ou, pour mieux dire, ses pro ses emportements el de ses menaces, trouvée admirable, el, dominé toujoi il voulut la peindre dans un rôle en Ce tableau orna longtemps l'hôtel E dans la collection de Strawberry-Hil aux enchères 75 livres sterling, som œuvre si curieuse. Entre quelles main

Quand la bénédiction nuptiale l'eu Van Dyck, miss Lemon s'abandonna colère. Elle avait dû quitter naturel

(I) A Summw's Diiyiri »(iinp((Mi-Couri,par Edouard Jesse, p. BS — Noie de Wornum dons son édilioii des Amcdotes of Fainling. — Pour la collection de Strawberry-HiU TOjez mon Voyage d'un amalcur en Atigtetire, p. 184 (*■ édition).

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