‹ Van Dyck et ses élèvesChapitre 46 sur 75 · DE VAN DYCE. — 8A MALADIE ET SA MORT. ' HISTOIRE DE SA HLLE · texte numérisé non relu

DE VAN DYCE. — 8A MALADIE ET SA MORT. ' HISTOIRE DE SA HLLE

A mesure que la santé de Van Dyck s 'affaiblissait, les ressources que lui procurait son pinceau allaient en diminuant. Et il avait plus de peine à soutenir le faste princier dont il avait l'habitude (1). Sous l'influence de ce visionnaire qui s'appelait le chevalier Digby, adonne à toutes les sciences occultes et à la recherche de la pierre philosophale, le grand peintre eut alors l'idée folle que la transmutation des métaux lui fournirait un ample revenu, en le dispensant d'un travail excessif. Pendant que Rubens était à Londres, un alchimiste nommé Brendel vint le trouver et lui offrit la moitié des immenses trésors qu'il allait bientôt acquérir, s'il voulait seulement lui organiser un laboratoire et l'aider dans ses recherches. Mais le fin diplomate ne se laissa pas séduire. Il ouvrit la porte de son atelier, montra au

{{) H Antonio van Djckj per tante richezze acqnistate, lasciô poche facoltà, consumando il tutto nella lautezza del suo vivere più tosto da principe clie da pîtlore. » Betvri, Pi 263. En 1634, Q atait déjà six domesliques.

charlalan ses ouvrages et lui dit d'un ton moqueur : « Vous venez trop tard, mon brave homme; il y a longtemps que j'ai découvert la pierre philosophale. Ma palette et mes pinceaux valent mieux que votre secret. » Van Dyck ne fut pas aussi sage. Il devint la dupe des chimistes polonais, des fourbes allemands et des escamoteurs italiens : c'était dans cette noble société qu'il travaillait au grand œuvre. Ses gains positifs s'évanouissaient en fumée, ou allaient garnir les poches des mécréants. Les vapeurs malsaines des fourneaux ruinaient sa constitution peu robuste. Et ce ne fut point une erreur passagère; il avait entrepris cette vaine poursuite deux années avant son mariage et y persévéra jusqu'à sa mort (1). Il était las évidemment du métier de portraitiste et voulait s'en affranchir par tous les moyens. Pour comble de malheur^ la goutte se joignit bientôt à laphtisi^ pulmonaire, qui diminuait rapidement ses forces (2). Il avait eu ses années d'or et ses jours de fête ; les années sombres étaient venues, rien ne devait plus lui réussir.

Et pendant que ses affaires personnelles tournaient mal, que la nature le trahissait et l'abandonnait peu & peu, d'autres chances funestes se groupaient autour de lui. L'horizon de l'Angleterre devenait tous les jours plus sombre et plus menaçant. Les coffres du Roi étaient vides et l'on entendait craquer les rouages politiques près de se briser. Charles était un amateur dans toute la force du mot. Il aimait le calme, le loisir, les faciles entretiens, les jouissances de l'esprit et les beaux-arts. Il avait pour sa femme une tendresse passionnée, il adorait ses enfants. Malgré

(< ) « 11 y élaît encouragé, dit llnrestigateur anon jme, par l'exemiile et par les codseils de son ami Digby, inratué de celte chimère, ainsi que de la poudre de sympathie , dont il prétendait avoir le secret. Il aurait dû se rappeler la réponse de Rubens k l'alcliiinista Brendel. »

(2) Mis luxurious and sedentarj life brought on Ihc goût and hurt his fortune. Walpole, 1. 1", p. 334. L'Anonyme rapporte le même fait.

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