‹ Van Dyck et ses élèvesChapitre 51 sur 75 · SA MALADIE ET SA MORT · texte numérisé non relu

SA MALADIE ET SA MORT

« Sur ces mêmes biens et espèces, mon autre sœur, Isabelle van Dyck, recevra et emploiera pour son usage deux cent cinquante florins par an.

« Après le décès de ma sœur Suzanne et de ma fille Marie- Thérèse van Dyck, les dits biens et espèces reviendront à ma fille légitime, née ici, à Londres, le i" décembre 1641 ; je l'en déclare pleine et légitime héritière.

« Mes autres biens, espèces, créances, tableaux, comptes et billets, laissés par moi dans le royaume d'Angleterre, avec les sommes que me doivent Sa Majesté le Roi, quelques membres de la noblesse ou toute autre personne, seront attribués en parties égales à ma femme lady Marie van Dyck et à ma fille nouvellement née, sous la condition expresse qu'on ne déplacera pas les sommes placées à intérêt et que ma femme emploiera le revenu avec soin et discrétion.

« Si ma fille née à Londres venait à mourir avant ma femme, sa mère héritera de la moitié de sa part, et mon autre fille outremer recevra la seconde moitié.

« Si ma fille d'Anvers et ma sœur Suzanne mouraient avant ma fille née en Angleterre, les biens que j'ai laissés outre-mer et que je leur ai légués deviendraient la propriété de ma fille légitime.

« Et si mes deux filles mouraient sans postérité avant ma femme, elle entrera en possession des biens et rentes que j'ai laissés à Anvers.

a Après la mort de ma femme, les enfants de ma sœur Catherine, mariée avec le sieur Adrien Dircke, hériteront de ces mêmes biens et renies laissés dans ma ville natale. »

Van Dyck termine en instituant sa femme, mistress Catherine Cowley et Aurelius de Meghem ses exécuteurs testamentaires, en nommant mistress Cowley tutrice de sa fille jusqu'à l'âge de dix-

huit ans, avec une indemnité annuelle de dix-huit livres slerliDg. U lègue vingt shillings sterling à chacun de ses domestiques, trois livres aux pauvres de l'église Saint-Paul, ou i) doit être enseveli, et la même somme aux pauvres de la paroisse de Blackfrîars, où il demeure.

Cet acte fut signé et scellé le 4 décembre, en présence du notaire Abraham Derkindeect du témoin Dirrick van Hoost, que leurs noms désignent comme des Flamands ; il fut ouvert le 13, puis déposé à Doctor's Gommons. 11 prouve que le malade jouissait de toute sa présence d'esprit, comme il le déclare dans le premier paragraphe. Les dispositions minutieuses et très claires qui s'y trouvent consignées auraient dû, semble-t-il, préserver de toute mésaventure sa fille Justinienne ; mais des incidents que le coloriste ne pouvait prévoir déjouèrent toutes ses précautions.

Sa femme épousa en secondes noces un homme veuf du comté de Monlgommery, sir Richard Pryse de Goggerdan, qui avait été créé baronnet le 9 août 1641 et devait être jeune. Mariée d'abord à un grand artiste, mais souffrant, découragé, attristé, elle espérait peut-être qu'une autre union lui ferait goûter les joies vives et pures d'un amour sans ordonnances médicales. Elle avait oublié la malédiction qui planait sur sa famille. Proscrite du destin, elle ne devait pas trouver en ce monde une pierre pour reposer sa tète. Sa nouvelle couche demeura stérile et, au moment où elle s'édifiait en songe un riant avenir, la terre manqua sous ses pieds : elle tomba dans ces régions souterraines, d'où personne n'est revenu (1). En elle s'éteignit la race imprudente des Rulhven, et elle laissa la fîUe de Van Dyck entre les mains d'un beau-père sans scrupules, qui devait la dépouiller.

(1) " Ihre verbiiidung blieb ohne Nachkommen, denn die schône Uarie uberlebte nicbt lange ihreti ersten Catien •. Attthoni van Uyck's Bildnisse bekannter] Persoiten, Tom obcrsl Igz. von Szwjkowski. Deschamps fait la mâme assertion.

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