‹ Van Dyck et ses élèvesChapitre 9 sur 75 · NAISSANCE ET DÉBUTS DE VAN DYCK · texte numérisé non relu

NAISSANCE ET DÉBUTS DE VAN DYCK

Un grand nombre de ces camaïeux, qui existent encore, appartiennent donc à l'époque où Antoine travaillait chez Rubens, soit comme élève, soit immédiatement après avoir été reçu francmaître. Il y en avait plusieurs à l'Exposition rétrospective d'Anvers, en 1877, que l'on avait attribués, sans motifs quelconques, au pinceau de Diepenbeck. La National Gallery de Londres possède le modèle en grisaille qui a servi à Schelte de Bolswert pour graver la Pèche miraculeuse de Malines, sur une feuille de même grandeur. Eh bien, on admire dans ces pages monochromes une souplesse, une dextérité, une sîjreté de main, que l'on croirait produites par une longue expérience et qu'on ne supposerait pas avoir été obtenues par un jeune homme. Rubens seul aurait pu mieux faire. Van Dyck n'était donc pas loin de l'égaler en adresse technique, avant d'avoir terminé son noviciat (I).

Dès le commencement de l'année 1618, Antoine fut reçu franc-maitre, et nul peintre sans doute n'avait obtenu si jeune cet honneur : il n'avait pas tout à fait dix-neuf ans. Il paya 23 florins 4 sous, le H février, pour son droit d'admission (2). La même année, il entra dans l'association de secours mutuels, fondée par les artistes de sa ville natale. Bien loin de quitter alors son guide, il continua de demeurer chez Rubens et de travailler sous ses yeux. Le grand peintre le recommandait à tout le monde, lui procurait de l'ouvrage et l'employait lui-même. Il était, en quelque sorte, naturel qu'ils vécussent ensemble, car Van Dyck était le fils intellectuel de Pierre-Paul, uni à son maître par des liens plus intimes que les enfants de sa chair. Le brillant disciple entrait donc dans la vie comme dans un parc, où il suivait sans effort un chemin bordé de fleurs et d'antiques ombrages.

(I) Ut Pinacothèque de Munich renrernie douze grisailles de ce genre, ox^culécs par Van Djck pour ses propres ouvrages.

(î) Liggertii, 1. 1", p. bi3.

Sa carrière d'artiste se divise en quatre périodes, qu'il est nécessaire de distinguer :

1° L'époque de ses débuts et de ses premiers travaux en Belgique, avant son départ pour l'Italie, du printemps de l'année 1618 à l'automne de 1621;

2° Son séjour en Italie, de l'automne de 1621 à la fin de l'année 1625;

3" Sa seconde résidence au bord 'de l'Escaut, de la un de 1625 au printemps de l'année 1632;

4* Son séjour dans la Grande-Bretagne, du printemps de l'année 1632 au 9 décembre 1641, où il termina ses jours.

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