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L’histoire de la peinture au xixe siècle révèle, comme un fait singulier, que les artistes les plus méprisés de ce siècle à leur apparition auront ensuite obtenu l’appréciation la plus certaine et la plus étendue. Le cas de Cézanne d’abord, celui de Van Gogh ensuite viennent le prouver.
Nous avons raconté comment Van Gogh avait été absolument ignoré dans son pays natal, lorsqu’il s’y tient et y produit; nous avons montré comment, lorsqu’il développe à Paris, à Arles et à St-Rémy cette partie de son oeuvre exécutée dans la donnée claire et colorée de l’impressionnisme, il était resté incompris et méconnu, sans pouvoir tirer aucune ressource de son travail ; nous avons dit encore comment
à sa mort, en 1890, il n’avait recueilli l’adhésion que d’un tout petit noyau d’amis, restreint à la France. Il faut voir maintenant le changement qui s’est accompli en sa faveur, si bien qu’après vingt-cinq ans, en 1915, il se trouve placé au premier rang des artistes originaux du xixe siècle.
Quelque temps après la mort de Van Gogh son ami Emile Bernard, comme accomplissant un devoir pieux, était allé demander une quinzaine de ses toiles au père Tanguy. Il les avait exposées chez Le Barcq de Boutteville, un marchand qui s’efforcait de trouver des acheteurs aux productions des artistes dédaignés. Cette modeste exposition 11e pouvait avoir prise sur le public. Elle n’avait pas plus de résultat, pour répandre le nom de Van Gogh, que n’en n’avait eu antérieurement la montre de quelques uns de ses tableaux aux expositions des Artistes indépendants.
La publication de ses lettres à son frère Théodore et à Emile Bernard par le Mercure de France , des années 1893 à 1897, commença à le mettre en vue, mais elle apprenait seulement qu’il était doué d’un véritable talent litté-