‹ Variation des centres nerveux en fonction de la tailleChapitre 11 sur 32 · CHAPITRE ITI · texte numérisé non relu

CHAPITRE ITI

La préoccupation constante de trouver l'explication des

différences intellectuelles dans les fluctuations pondérales

des centres nerveux a fait négliger presque complètement les recherches de .ce genre sur la moelle épinière. Cette étude présente, pourtant, à tout point de vue,un intérêt considérable. Car le développement de là moelle, bien qu’étant principalement lié au degré de complexité des réflexes et à la taille de lauimal, est aussi solidaire du développement encéphalique dans la proportion où ce dernier dépend du degré d'évolution psychique du sujet. D’une façon générale, il semble qu’à mesure qu’on s’élève dans la série des vertébrés, des fonctions d’abord exclusivement médullaires tendent à se localiser dans le cerveau postérieur, puis dans le cerveau moyen, et, finalement, à émigrer dans les hémisphères.

L’anatomie comparée avait déjà fourni sur cette substitution quelques irdications heureusement relevées par

M. Manouvrier. Les expériences de Steiner (1), sur les

1. Die Functionen des Centralnervensystems und ihre Phylogenese, 1887-88. — Steiner enlève à un squale toute la poriion cépha-

OR

vertébrés inférieurs, ont pleinement confirmé ces présomptions en montrant que la céphalisation fonctionnelle

du névraxe suit pas à pas sa céphalisation anatomique.

On savait, d’ailleurs, depuis longtemps, qu’une lésion hémisphérique est loin de produire des troubles du mouve- |

ment d’une égale gravité dans les divers ordres de mam-.

mifères ; chez le chien et chez l’homme, par exemple (1). Cette mutuelle dépendance des centres encéphaliques et médullaires mérite d'éire prise en sérieuse considération dans toute comparaison du névraxe d’espèce à espèce.

Au contraire, dans une espèce donnée, or a toute raison de croire que le développement de la moelle est uniquement influencé par la taille de lindividu: les fibres longues, ascendantes ou descendantes, (centripètes ou centrifuges) devant aussi bien que les autres éléments médullaires varier proportionnellement à l'extension de la

périphérie sensitive et motrice.

lique du névraxe ; l'animal dont le système nerveux central est réduit à la moelle épinière fait dans l'aquarium les mêmes locomotions qu'un animal sain. Steiner. conclut : « Comme le squale est un des vertébrés les plus simples, nous sommes contraints de prendre cette fonction de locomotilité de la moelle épinière pour une fonction primitive qui se perd peu à peu dans la série ascendante des vertébrés et y est remplacée par les simples réflexes ». (C. R. S. de B. 1888 p. 569). On trouvera la description des faits du même ordre antérieurement connus dans les Leçons sur la Phys. ét l’anat. comp. par H. Milne-Edwards. T, XII p. 161 à 231.

1. Pour l'exposé des symptômes, consulier : François-Franck. Leçgons sur les fonciions motrices du cerveau, 1887. Vingt-septième leçon : Lésions destructives localisées du cerveau. Troubles du mouvement qui en résultent chez l’homme et chez les animaux.

Nous avons cherché à saisir ce rapport entre l’accroissement de la moelle et l'accroissement du corps en procédant comme dans le cas des variations de l’encéphale.

Il nous a faliu, d’abord, réunir les documents nécessaires pour ceite étude, car les chiffres des auteurs ne pouvaient nous être d'aucun secours. Leuret (1) et Chauveau (2) ont donné chacun une détermination du poids de la moelle chez le chien mais sans indiquer le poids du corps; Colin (3) a bien établi une statistique étendue ou il men- tionne le poids du corps en regard de celui de la moelle, mais il a omis de fournir la longueur de l'un et de l’autre; or nous allons voir que c’est là une donnée d’une importance capitale.

Nous avons, donc exirait la moelle épinière sur une série de chiens sacrifiès au laboratoire pour diverses expériences. ‘C’est là une opération assez Jaborieuse, car le rachitome qui est d’un usage si précieux chez l’homme ne peut, pour ainsi dire, pas servir chez lechien, à cause de l’irrégularité de la colonne spinale, et c’est avec Îles pinces que Eon doit faire sauter l’arc supérieur (postérieur) des vertèbres.

Pour chaque animal, nous avons noté le poids du corps, le sexe, la longueur mesurée du bout du nez à la naissance de la queue. La moelle était sectionnée au niveau de l’origine de la première paire cervicale ; elle était entiérement dépouillée de ses méninges; toutes les racines ct

la queue de cheval étaient coupées ; la moelle ainsi pré-

1. Analomie comp. du système nero. 1899, t. I, p. 432. 2, Tra lé d'anat comp. des animaux domestiques, p. 7Al,

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