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Dans ces conditions, l’amidon et peut-être aussi les amyloïdes et les hémicelluloses, subissent une simplification moléculaire aboutissant en dernière analyse à des hydrates de carbone solubles. Ceux-ci seraient alors repris par la respiration qui continuerait la dégradation de la molécule hydrocarbonée jusqu'au stade CO? + H?0 ; une quantité plus ou moins considérable des hydrates de carbone solubles ainsi formés, variable d'ailleurs suivant les conditions météorologiques, serait entrainée par les précipitations atmosphériques, comme le démontrent les analyses comparatives de feuilles abritées de Fagus et de feuilles analogues non abritées, et la présence de sucres et de glucosides dans les eaux provenant de la rosée condensée sur les feuilles.
Quant au phénomène d'émigration proprement dit, c’est-à-dire ce courant constant de sève élaborée qui va des feuilles vers les parties vivaces de l'arbre, il est probable qu'il joue un certain rôle au début de l'évacuation automnale. Il est possible qu'il y ait de cette facon au début de l'automne, une migration partielle des hydrates de carbone solubles, mais cette émigration doit être considérée comme la dernière phase d’un phénomène constant pendant la pleine vitalité de la plante qui, sur ses derniers jours, entraînerait vers les parties vivaces plus d’hydrates de carbone solubles que n’en fournit à ce moment la synthèse chlorophyllienne. Ce seraient les derniers reflux de la sève élaborée, mais non, comme on l'avait considéré jusqu'ici, un phénomène spécial à l'automne, une reprise complète et générale de toutes les substances utiles à la plante.
C'est le rôle de l’'émigration ainsi entendue que je me propose de déterminer plus loin par des considérations anatomiques, qui permettent de préciser le moment où les communications sont
suspendues entre la feuille et la tige et de voir à quel stade correspond cette rupture des communications dans la variation des hydrates de carbone et la disparition de la chlorophylle.