‹ Variation des Substances Hydrocarbonées dans les FeuillesChapitre 22 sur 55 · BETULA ALBA · texte numérisé non relu

BETULA ALBA

Les recherches de Tison n'ont pas porté sur cette variété, mais sur une espèce très voisine fefula pubescens. L'auteur signale la très grande complexité des tissus cicatriciels du coussinet au moment de de la chute, c’est-à-dire quelques jours avant la défoliation, À ce moment la double lame de cicatrisation est parfaitement continue et son épaisseur va en diminuant de l'extérieur vers l'intérieur.

Avant la chute de la feuille et dans toute la base du pétiole, il existe de nombreux thylles dans l’intérieur des vaisseaux du bois et

de la gomme ligneuse au niveau des couches de cicatrisation même au-dessus dans le pétiole.

Mes observations ont porté :

{° sur des feuilles vertes de Septembre (11 Sept.).

2° sur des feuilles jaunes cueillies quelques jours avant leur chute (28 Octobre).

14 Septembre : Feuilles vertes. La lame ligno-subéreuse inférieure est nettement accusée, ainsi qu'on peut le voir figure 6; elle n'intéresse que le parenchyme cortical et s'arrête dans l'angleinterne à une distance du bois égale à l'épaisseur correspondant à 5 à 6 assises de parenchyme.

Elle est surtout bien développée dans l'angle >xtérieur face au liber.

Le tissu vasculaire ne présente rien de particulier. Le parenchyme cortical du pétiole pouvant être considéré comme la voie secon-

daire de migration des

Fig. 6. — als. : Assise subéro-ligneuse supé- principes organiques rieure; as. : assise séparatrice; ali. : assise

CEE ble . élaborés dans les libéro-ligneuse inférieure ; 1. : Liber ; b.:boïs.

feuilles, l'obstruction de celte voie doit entrainer une accumulation des sucres solubles de photosvnthèse dans le limbe, L'assimilation chlorophyllienne s'effectuant normalement, l’étranglement ligno-subéreux de la base du pétiole doit amener une accumulation de sucres solubles et insolubles dans le limbe, résultat entièrement vérifié par l'analyse.

28 Octobre : Feuilles jaunes. H s'est produit une accentuaton

très nette des caractères précédents. La double lame ligno-subéreuse est continue à travers le système vasculaire (voir figure 7) et présente les caractères indiqués par Tison. La feuille jaune est donc

phvsiologiquement séparée du rameau.

Les sucres solubles provenant de la désintégration moléculaire des réserves ne peuvent plus émigrer et doivent rester dans le limbe. Ces conclusions sont entièrement vérifiées par l'analyse ; les feuilles jaunes sont toujours plus riches en sucres réducteurs que les feuilles vertes. L'imperméabilité des lames ligno-subéreuses permet donc d'attribuer à ces productions histologiques automnales un rôle important dans la réduction ou la

> suppression des cou- Fig.7.— als. : Assise ligno-subéreuse supérieure; rants de migration. A D on ee teurs dont l'influence est indiscutable, paraissent agir dans le même sens. C'est ainsi qu'André (1), à la suite d’un grand nombre de recherches, a constaté que beaucoup de feuilles, au moment de leur chute, sont encore assez riches en Az et P comme si l'azote ne se trouvait plus à ce moment sous une forme propre à la migration ou comme si les phénomènes d’osmose se ralentissaient au point d’entraver cette migration.

. (1) ANDRE. Sur l'élaboration de la matière azotée dans les feuilles des plantes vivaces. C. R. Ac. Sc., Paris, T. CXLVILI, p. 1685, 1909.

Or il résulte de mes recherches :

1° que la déshydration progressive des feuilles en automne est un phénomène général.

2° que sur la fin de la végétation il se produit dans les feuilles une simplification moléculaire des hydrates de carbone identique à celle qui à été signalée par Molliard (1) pour les albuminoïdes.

La deuxième hypothèse est seule acceptable. C’est d’ailleurs l'opinion d'André ; la déshydratation progressive subie par les organes végétaux en automne doit nuire vraisemblablement à l'activité des phénomènes osmotiques. L’abaissement de température en réduisant l'activité fonctionnelle du végétal, doit contribuer aussi dans une large mesure au ralentissement de la circulation des liquides dans la plante. C'est ainsi que d’après Mazé (2), à ©, l’absorption perd instantanément la plus grande partie de son activité. Et comme, d’après Rywosch (3), c'est le courant d’eau qui va des vaisseaux aux cellules chlorophylliennes qui détermine le départ des produits d’assimilation, l'arrêt de l'absorption entraîne fatalement l'arrêt de l’émigration. Toujours d’après le même physiologiste, une transpiration intense provoque une migration plus rapide des substances assimilables et inversement, une diminution dans la transpiration entrainerait un départ moins rapide des produits de photosynthèse. Par conséquent toutes les causes capables de diminuer l'intensité de la transpiration, l’abaissement de température, l'état hygrométrique de l'air, la désintégration chlorophyllienne, ont leur répercussion sur la migration, et même tendance à l'arrêt de la circulation végétale.

Quelle est la part qui revient à chacun de ces facteurs ? Il semble assez difficile de s’en faire une idée exacte. Cependant Tison signale des espèces assez nombreuses où la cicatrisation est postérieure à la défoliation. Comme l’assise séparatrice n’intéresse jamais le tissu vasculaire, le rôle de la lame ligno-subéreuse serait dans ce cas réduit au minimum. Il est vrai que, le plus souvent, il se produit

(t) MozrrarDp. Loc. cit.

(2) Mazé. Les échanges nutritifs chez les végétaux. Rôle du NAT UE C. R. Ac. Sc., Paris, T. CLIX, pp. 809-811.

(8) Rywoscu. Zur Stolfwanderung im Chlorophyllgewebe. Bot. Zig., LXVI pp. 121-129, 1908.

avant la chute de la feuille, une subérisation plus ou moins accentuée des {issus adjacents de f'assise séparatrice, et au-dessus de celte assise. Mais il est probable qu'en l'absence de toute cicatrisation, ce qui est l'exception chez les plantes ligneuses, l'intervention des facteurs externes et la désagrégation chlorophyllienne doivent suffire pour arrêter la migration avant l'épuisement complet des réserves minérales et organiques des tissus foliaires. Des analyses de feuilles ne présentant jamais de formations ligno-subéreuses

avant la défoliation et de feuilles marcescentes, permettraient seules de conclure.

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