‹ Variation des Substances Hydrocarbonées dans les FeuillesChapitre 23 sur 55 · DISCUSSION DES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES RÉSULTATS

En résumé, on voit d’après les considérations précédentes :

1° Qu'avant sa chute, la feuille forme à la base de son pétiole : des thylles dans les vaisseaux du bois, des cals sur les cribles libériens ; thylles et cals sont d'autant plus développés et plus abondants que le stade considéré est plus rapproché de l’époque de la chute.

2° Chez les espèces étudiées il s’est différencié, dès la première quinzaine de Septembre, un anneau ligno-subéreux compact qui enserre les faisceaux libéro-ligneux. Mais tandis que chez le Faqus ‘la Higno-subérisation s'arrête toujours au niveau des faisceaux conducteurs qui subsistent ainsi sans modification apparente, chez l'Ampelopsis et le Betula au contraire, dès la 2% quinzaine de Septembre, l'anneau se resserre de plus en plus par ligno-subérisation des cellules sous-jacentes ; le liber s’imprègne de subérine, puis les thylles cellulosiques subissent le même sort, si bien que, quelques jours avant sa chute, l'organe présente un système séparateur parfaitement continu et la feuille jaune peut être considérée comme physiologiquement séparée du rameau.

Il est donc vraisemblable d'admettre que, si les conditions anatomiques chez le Fagus permettent la circulation de la sève jusqu’au moment de la chute, il n’en est plus de même chez l'Ampelopsis et le Belula. Chez ces deux dernières espèces, les modifications anato miques de la première quinzaine de Septembre sont telles qu'elles limitent les échanges liquides à une étroite zone de liber écrasé ou

légèrement subérisé enserrée de toutes parts par un liège compact.

Le peu que nous savons sur les propriétés physiques et physiologiques du liège permet de supposer que les échanges osmotiques doivent être sinon nuls, du moins très alfaiblis à travers un pareil üssu. IL en résulte que dès la première quinzaine de Septembre, par le seul fait du développement de l'anneau ligno-subéreux, le courant de sève nourricière doit être considérablement ralenti et cela d'autant plus, que l'anneau ligneux se resserre davantage, tandis qu'au point de vue anatomique, à l'exception de quelques thylles cellulosiques, rien encore ne s'oppose au courant ascendant de sève brute ; mais à partir de ce moment la lignification se continue, envahit progressivement le liber et le bois ; il s'ensuit que les substances nutritives doivent s’accumuler dans la feuille ; c'est ce qui se produit en effet, nous avons vu plus haut, que la teneur maximum en sucres réducteurs est réalisée dans les feuilles jaunes. C'est le fait saillant, mis en évidence par l'analyse.

Mais le même phénomène s'obtient aussi par décortication annulaire et le fait que l'anneau de liège intéresse la plus grande partie du liber juste au moment où apparaissent les premières traces d'anthocvane, est à rapprocher des expériences de Raoul Combes sur la production du pigment rouge par décortication annulaire. Ge phvsiologiste a montré, que la décortication annulaire de rameaux feuillés provoque, chez certaines espèces, l'apparition d’anthocyane dans les feuilles situées au-dessus de la partie décortiquée ; les feuilles situées au-dessous restant normales. De plus, les composés hydrocarbonés solubles sont plus abondants, dans les feuilles rouges des rameaux décortiqués, que dans les feuilles vertes des rameaux normaux. La décortication influence aussi les échanges gazeux. Elle produit :

l’affaiblissement des échanges respiratoires,

le ralentissement de l'assimilation chlorophvyllienne,

la formation de thylles dans les vaisseaux du bois, qui sont autant d'indices du ralentissement de la vitalité de l'organe, communs aux feuilles des rameaux décortiqués el aux feuilles normales d’Ampelopsis considérées en Septembre ou à la fin de la végétation.

A partir de ce moment les organes foliaires considérésse comporteraient donc comme les feuilles des rameaux décortiqués. Tout se passe en effet comme si ces organes subissaient, à la base de leur

pétiole, une décortication naturelle. La suppression ou la mort du parenchyme cortical et du liber entraînent des conséquences physiologiques identiques au point de vue de la cireulation de la sève, c’està-dire l’arrêt de la circulation centripète.

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