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EXTRACTION ET DOSAGE DES SUCRES TRAITEMENT DE LA LIQUEUR ALCOOLIQUE

La poudre déjà épuisée à l’éther est versée dans un flacon d'Erlenmayer d'un litre, additionnée de 500 cm? d'alcool à 95° et portée au bain-marie à 80° pendant quelques instants. Dans ces conditions les sucres passent peu à peu en solution dans l'alcool. On laisse en contact pendant trois jours en agitant fréquemment pour assurer une diffusion plus rapide ; puis, on décante sur un filtre. Le résidu est traité de la même facon une deuxième puis une troisième fois. La liqueur alcoolique obtenue, environ 1500 cm* est ajoutée à l'alcool avant servi à fixer les feuilles dans le traitement préliminaire ce qui donne une quantité de liquide alcoolique total qu'on ramène à 2000 cm°.

La liqueur alcoolique contient les hydrates de carbone suivants :

1° Les sucres réducteurs et non réducteurs.

2° Les glucosides solubles dans l'alcool (1).

C'est l'analyse quantitative de cette liqueur alcoolique portant sur les différents composés hydrocarbonés qui y sont contenus que l’on réalise ensuite.

Dosage de la totalité des sucres contenus dans la liqueur aleoolique à l’état libre ou en combinaison.

100 em? de la liqueur alcoolique sont étendus de leur volume d’eau distillée, additionnés de 4 em? de SO'FP concentré et portés à

(1) I faut mentionner l'existence d’une substance soluble dans l’alcool bouillant qui se précipite à froid en grumeaux plus ou moins ahondants suivant les espèces et l’âge des feuilles considérées. Ce précipité, vu au microscope après plusieurs dissolutions dans l'alcool suivies de précipitation, présente un aspect givré, Il ne ‘donne pas de sucre à l’hydrolyse,

120° à l’autoclave pendant une heure. Dans ées conditions les composés glucosidiques sont hydrolysés, les sucres réducteurs ou non, les polysaccharides, sont dédoublés en leurs monosaccharides constituants. Le liquide d'hydrolvse est neutralisé, déféqué à la liqueur de Courtonne, ramené par addition d'eau distillée au volume de 200 em, et dosé. Le dosage portant sur 20 em°, la multiplication du chiffre obtenu par 10 et par 20 me donne le nombre R, qui représente la totalité des monosaccharides entrant dans la constitution des différents hydrates de carbone contenus dans la liqueur alcoolique. Ce

que je représente de la façon schématique suivante :

R, = Sucres réducteurs préexistant dans les feuilles + sucres provenant du dédoublement des disaccharides ou trisaccharides réducteurs où non + sucres provenant de l'hydrolyse des composés qluco-

sidiques.

Sueres rédueteurs.

Le volume restant, c'est-à-dire 1900 em*, est distillé dans le vide à une tempéralure aussi basse que possible et concentré au dixième. Une partie des substances solubles dans l'alcool et insolubles dans l'eau se précipite. Par filtration on les élimine ; le précipité restant sur le filtre, soigneusement lavé à l'eau bouillante pour le débarrasser des traces de sucres qu'il aurait pu entrainer mécaniquement, est conservé pour un traitement ultérieur. Le filtrat est amené à 200 em? par son complément d'eau distillée. 100 cm° du résidu de distillation sont déféqués à l'acétate de plomb rigoureusement neutre, ramenés à 200 cm par addition d’eau distillée et dosés. Le dosage du résidu de distillation brut sans défécation préalable à un pouvoir réducteur beaucoup plus élevé que le même résidu déféqué car, à l’action réductrice des sucres s'ajoute celle des phénols, des tannins non glucosidiques et autres substances réductrices qui n'ont aucun rapport avec les sucres et qu'on serait tenté de compter comme hydrates de carbone. Le résultat obtenu dans le dosage de 20 cm’ du liquide déféqué multiplié par 10, nous donne la teneur en sucres réducteurs de 100 em° de résidu alcoolique. En multipliant par deux, on a la somme des sucres rédueteurs contenus dans tout le résidu alcoolique el par suite dans 1900 em? de liqueur alcoolique primitive. Une simple règle de trois nous donne la quantité R, des sucres réduc-

teurs contenue dans 2000 cm° de liqueur primitive et par suite dans l'ensemble des feuilles ou folioles.

R; = Sucres réducteurs existant dans les feuilles.

Le précipité plombique de défécation est conservé pour un traitement ultérieur.

Dédoublement des sucres non réducteurs.

Les 100 em° restant du résidu de distillation sont additionnés de 4 gr. d'invertine préparée suivant le procédé de Bourquelot (1). Le tout, additionné de 1 gr. de NaF, est placé à l’étuve à 56° pendant À jours puis ramené à 200 em° par son complément d’eau distillée. Je divise ce dernier liquide en 2 parties égales a et b.

La partie 4 — 100 cm’ est déféquée à l’acétate neutre de plomb complétée à 200 par addition d’eau distillée et dosée. Le résultat obtenu pour 20 ce. de liquide multiplié par 10 donne la totalité des sucres réducteurs et non réducteurs contenus dans 50 em* du résidu alcoolique. En multipliant par 4, j'obtiens la somme des sucres réducteurs el non réducteurs contenus dans le résidu de distillation, c'est-à-dire dans 1900 em° de la liqueur primitive. Par un simple caleul, j'ai la quantité correspondante à 2000 et par suite la totalité R; des sucres reducteurs et non réducteurs contenus dans les feuilles.

R; = Sucres réducteurs + Sucres non réducteurs. R; — R: — Sucres non réducteurs.

Le précipité plombique obtenu est conservé comme les précédents.

Sucres provenant de Phydrolyse des glucosides.

4° La partie (b) = 100 cm° provenant de l'inversion du résidu de distillation, est addilionnée de 2 em* de SO‘H? concentrée et portée à 120° dans un autoclave pendant une heure. La liqueur obtenue est

(4) « On agite de la levure, fraîchement préparée, dans de l’alcool à 95°, on laisse reposer une demi-heure, on essore à la trompe et on fait sécher rapidement à l’étuve à 30°. Eo triturant 1 gr. de produit sec dans 100$ d’eau distillée saturée de thymol, et en filtrant on a une solution très active qui se conserve au-delà d’une semaine, » E. BourqueLor. iecherche, dans les végétaux, du sucre de canne à l'aide de l'invertine et des glucosides à l'aide de l'émulsine. Journ. de Pharmacie et de Chimie, T. II, 1901, p. 481.

neutralisée, déféquée, ramenée à 200 cm° et dosée. Le résultat obtenu pour 20 em* du liquide multiplié par 10, donne la somme des sucres réducteurs contenus dans 50 em? de la liqueur résiduelle. En retranchant ce qui revient, dans cette portion du liquide, aux sucres rédueteurs déjà existants, aux sucres non réducteurs, on à ainsi les sucres glucosidiques contenus dans les 50 em° de liqueur résiduelle.

2 Les précipités plombiques obtenus dans la défécation des liquides :

a) avant le dosage des sucres réducteurs (provenant de 100 em* de résidu)

b) avant le dosage du liquide d'inversion (provenant de 50 cm° de résidu).

sont mis ensemble eten suspension dans 100 em° d’eau distillée aeidifiée à 2°} ; on v ajoute le précipité formé au cours de la concentration de la liqueur alcoolique, et on chauffe à 120° à l’autoclave pendant une heure.

Dans ces conditions l'hydrolvse des glucosides est complète. Le produit d'hvdrolyse, filtré, neutralisé, déféqué et dosé donne la quantité de sucres réducteurs provenant du dédoublement d’une partie des composés glucosidiques solubles dans l'alcool. Si à ce résultat on ajoute celui qui représente les sucres glucosidiques obteaus dans l'hydrolyse du liquide d'inversion par les acides, on obtient la totalité des sucres glucosidiques contenus dans 1900 em° de liqueur primitive. Il est facile de calculer la quantité de sucres en combinaison glucosidique correspondant à 2000 em* et, par suite, ceux qui sont contenus dans l’ensemble des feuilles.

Remarque. — Nous pouvons obtenir la somme des sucres glucosidiques d'une autre façon. Si au résultat de l'hydrolyse de la liqueur primitive R, nous retranchons successivement :

1° les sucres réducteurs déjà existant ) , ,. 2° les sucres non réducteurs, \ TAN l1 différence correspond aux sucres glucosidiques.

R; — R; = (Sucres réducteurs + Sucres non réducteurs + Sucres qglucosidiques) — (Sucres réducteurs + sucres non réducteurs

= Sucres glucosidiques.

Le résultat obtenu doit être identique dans la limite des erreurs d'expérience à celui que l’on obtient par l'hydrolyse directe de la liqueur primitive. J'ai done là une vérification de l'exactitude de la technique employée.

MÉTHODE DU TRAITEMENT DU LIQUIDE PROVENANT DE L'ÉPUISEMENT PAR L'EAU DE LA POUDRE DE FEUILLES,

Le résidu du traitement alcoolique est jeté sur un filtre et lavé à l'alcool pour enlever les dernières traces de sucre. La liqueur alcoolique ainsi obtenue n'étant pas réductrice est laissée de côté. Le résidu restant sur le filtre est alors repris à la température ordinaire par 900 cm d'eau additionnée de { °/, de fluorure de sodium. Le fluorure de sodium a pour but d'empêcher le développement des microorganismes dans un milieu aussi favorable. L’épuisement par l’eau est assez long, la filtration est généralement très lente à cause des matières mucilagineuses qui obstruent Îles pores des filtres. La présence d'un antiseptique est donc indispensable.

On laisse la poudre en contact avecl eau fluorurée pendant 3 jours en agitant fréquemment ; on laisse reposer, on décante sur un filtre. La vitesse de filtration est très variable suivant l’âge des feuilles traitées. C'est déjà un indice des différences chimiques existant entre des feuilles appartenant à une même espèce végétale mais d’âges dissemblables. La filtration est surtout très lente chez les feuilles d'automne, sans doute à cause de leur grande richesse en composés mucilagineux.

On répète la même opération une deuxième, puis une troisième fois. On obtient ainsi une liqueur aqueuse plus ou moins colorée que l'on ramène par addition d’eau distillée à un volume de 1500 cm. Cette liqueur contient :

1° Les glucosides solubles dans l'eau.

2° Les dextrines proprement dites,

3° Les phénols et autres substances réductrices qui ne sont pas des sucres. Il faut doser, dans ce mélange de substances en solution, les

hydrates de carbone qui y sont contenus.

Somme des hydrocarbonés

contenus dans la liqueur aqueuse fluorurée.

100 em° de la liqueur aqueuse précédente sont additionnés de 2 em° de SO‘H? pur et concentré, et portés pendant 1 h. à 120° dans l’autoclave. Le liquide obtenu est neutralisé, déféqué à l’acétate neutre de plomb, ramené à 200 em° par addition d’eau distillée et dosé.

Le résultat du dosage portant sur 20 em° de liquide, multiplié par 10 donne la totalité des substances hydrocarbonées exprimées en glucose, provenant du dédoublement des glucosides solubles dans l'eau et de lhydrolvse des dextrines et mucilages contenus dans 100 em° de liqueur aqueuse fluorurée.

Le résultat obtenu multiplié par 15 donne la totalité des hydrates de carbone exprimés en glucose, provenant du dédoublement des glucosides solubles dans l'eau, des dextrines et mucilages contenus dans l'ensemble des feuilles ou folioles.

R', = Sucres des glucosides + sucres des dextrines.

Les 1400 cm restant sont déféqués par la quantité nécessaire de liqueur de Courtonne. Le précipité plombique obtenu est très abondant et de couleur différente suivant les échantillons de feuilles traités. Je laisse reposer une demi-journée, puis le liquide est décanté sur un filtre, le précipité lavé avec une petite quantité d’eau bouillante pour entrainer les dernières traces de dextrines retenues mécaniquement dans le volumineux précipité plombique. Ce dernier est conservé pour un traitement ultérieur.

Dans le filtrat, l'excès de plomb est précipité par une quantité suffisante de SO‘H? à 20 °/,. On reconnait que ce résultat est atteint, quand après avoir laissé reposer, une goutte de SO‘H? ne produit plus le précipité blanc caractéristique de SO‘Pp.

On décante sur un filtre puis on lave le précipité blanc de sulfate

de plomb et le filtre avecune petite quantité d'eau distillée bouillante. Le filtrat obtenu parfaitement incolore est neutralisé avec la quantité rigoureusement nécessaire de soude à 20 °/,. On neutralise ainsi et l'excès de SO‘H? et l'acide acétique mis en liberté par l'acide sulfurique qui auraient pu, dans la suite, détruire une partie des dextrines.

La liqueur incolore obtenue est concentrée dans le vide jusqu'à un volume d'environ 100 em° que j'amène à 100 cm’ exactement par l'addition d’eau distillée si c'est nécessaire. Le résidu de distillation rigoureusement neutre est additionné de 2 em? de SO‘H? à 66 B° et passé à l'autoclave à 120° pendant 1 heure. Dans ces conditions l'hvdrolyse des dextrines est complète. Toutes les substances solubles dans la liqueur primitive et autres que les dextrines sont en effet élmimées en totalité par la liqueur de Courtonne et précipitées à l'état de combinaisons plombiques. La liqueur hydrolysée contient donc seulement les sucres provenant de l’hydrolvse des dextrines et peutêtre aussi ceux d'une petite quantité de composés glucosidiques ayant échappé à la défécation par l'acétate de plomb. L'hydrolyse de ces derniers ayantlibéré des composés aromatiques, ceux-ci précipiteront par la liqueur de Courtonne ; nous aurons ainsi un indice de l’importance de cet apport de sucres par la formation d’un précipité plombique plus ou moins abondant. La liqueur d'hydrolyse est donc neutralisée par la quantité exactement nécessaire de soude à 20 °}, et ramenée à 200 par addition d’eau distillée. À ce moment, une goutte d'acétate de plomb ajoutée à la solution neutre de sucres ne donne qu'un léger louche qui n'augmente pas par l'addition d'une quantité plus grande d'acétate neutre de plomb.

J'en ai conclu que les glucosides ayant échappé à la défécation n'existent qu'à l'état de traces négligeables. Le dosage des sucres de la liqueur hydrolysée, neutralisée, représente donc seulement les sucres provenant des dextrines. Le résultat du dosage multiplié par 10 donne les dextrines exprimées en glucose contenues dans 1400 em* de la liqueur aqueuse fluorurée. Par un simple calcul on en déduit la quantité de dextrines exprimées en glucose contenues dans 1500 em de liqueur aqueuse et par suite dans l’ensemble des feuilles ou folioles.

R'; = Sucres des dextrines.

Sa O0

Par soustraction j'obtiens donc les sucres exprimés en glucose, provenant du dédoublement des glucosides.

R', — R', = Sucres de glucosides + Sucres de dextrine — Sucres

de dextrine = Sucres de qglucosides.

Traitement du précipité plombique précédent. Le précipité plombique de défécation de la liqueur aqueuse estmis en suspension dans 100 em* d’eau distillée avec 2 cm° de SO‘H? à 66 B° et porté à l’autoclave pendant 1 h. à 120°. Dans ces conditions le dédoublement des composés glucosidiques est total. Le mélange obtenu est filtré, neutralisé, déféqué, dosé, porté à 200 cm° par l'addition d'eau disüllée.

Le résultat du dosage multiplié par 10 donne la quantité de sucres entrant dans les combinaisons glucosidiques précipitées par l'acétate de plomb. Ce nombre est sensiblement égal à celui déjà obtenu par l'hydrolvse du liquide aqueux d'épuisement non déféqué,

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