TRAITEMENT DU LIQUIDE DE SACCHARIFICATION
Le résidu restant sur le filtre après le traitement par l’eau froide fluorurée, renferme toutes les substances hydrocarbonées insolubles dans l’alcool et dans l’eau, c'est-à-dire l’amidon et les celluloses ; il renferme aussi des composés glucosidiques ayant échappé aux épuisements aqueux el alcooliques et dont il faudra tenir compte dans la suite.
Voulant obtenir séparément l’amidon et les celluloses, j'ai dû renoncer au traitement du résidu par les acides étendus dont l'action hvdrolysante s'exerce sur l’amidon, mais aussi d’une manière efficace sur les celluloses faiblement condensées.
J'ai employé l'extrait de malt dont l’action hydrolvsante porte uniquement sur l’amidon. L’extrait de malt était préparé en laissant macérer pendant 3 heures du malt ordinaire avec de l’eau dans la
proportion de 20 gr. de malt pour 100 d’eau. Une première filtration grossière se fait avec un linge qu'on presse jusqu'à consistance solide du résidu qu'il renferme. Par filtration au papier serré, on obtient un liquide transparent, ambré, mais qui, employé tel quel sur un mélange d'amidon et de celluloses attaque aussi les celluloses. I renferme en effet, à côté de l’amylase, une cytase, qui disssout et hydrolyse les celluloses. Or dans le grain d'orge, amylase et cytase sont sécrétées simultanément. Pour les séparer, on chauffe le mélange des deux ferments à 60° pendant 30’. L'amylase à conservé sa puissance dissolvante sur l’amidon cru tandis que la cytase est détruite.
L'extrait de malt ainsi obtenu est chauffé au bain-marie à 60°, puis placé pendant une demi-heure dans l'étuve sèche à 60°. Le liquide ambré devient trouble et légèrement opalescent, indice certain de modifications importantes dans sa composition physicochimique. L'extrait ainsi obtenu peut alors servir à la saccharificaton de Famidon dans un mélange d’amidon et de celluloses.
Le résidu du traitement à l'eau fluorurée froide estmis en suspension dans 900 cm? d’eau distillée et placé à l’autociave à 120° pendant une demi-heure. Ce traitement préliminaire à pour but de modifier le$ grains d'amidon et de faciliter ainsi l’action postérieure de la diastase. Je laisse refroidir. Dès que le thermomètre n'accuse plus qu'une température de 60°, j'ajoute 50 cm° de l'extrait de malt préparé comme je viens de l'indiquer ; le tout est mis à l'étuve à 60° pendant 24 heures ainsi qu'un flacon d'Erlenmeyer témoin contenant { gramme d’amidon transformé en empois dans 900 cm° d’eau et 50 cm° d’amylase pour suivre la marche de la saccharification. Un autre flacon d'Erlenmever témoin, contenant 50 em° du même extrait de malt additionné de 500 cm’? d'eau, est placé au même moment dans l’étuve à 60°.
La saccharification est terminée quand les prises d'essai dans la saccharification témoin donnent une teneur constante en maltose. Ce résultat atteint, on décante sur un filtre; le résidu obtenu est conservé pour un traitement ultérieur. Le filtrat, 500 em?, renferme les principes hydrocarbonés suivants :
4° Le maltose provenant de la saccharification de l'amidon des feuilles.
2 Les sucres réducteurs ajoutés en même temps que l'extrait de malt.
3° Les glucosides solubles dans l’eau et ayant échappé à l'action de l’eau fluorurée ainsi que des gommes, des mucilages, dont l’action se fait surtout sentir sur la filtration, qui est fortement ralentie chez les feuilles âgées.
4° Les dextrines résiduelles provenant de la saccharification de lamidon et de l'extrait de malt.
La liqueur obtenue plus ou moins colorée est traitée de la façon suivante :
100 em° sont déféqués à la liqueur de Courtonne, ramenés à 200 em’ par l'addition d’eau distillée et dosés ; le résultat obtenu multiplié par 10 représente la somme R', des sucres rédueteurs, et plus exactement, du maltose contenu dans 100 em°de la liqueur primitive. En multipliant ce dernier chiffre par 5 on obtient la quantité de maltose et des sucres réducteurs provenant :
1° de l'hvdrolvse de l’amidon des feuilles.
2° des sucres réducteurs existant déjà dans l'extrait de malt.
L'extrait de malt témoin est mesuré, ramené à 500 cm3, déféqué et dosé. Le résultat obtenu R', est retranché du nombre précédent R", représentant la somme des sucres réducteurs contenus dans la liqueur déféquée. La différence donne la quantité de maltose provenant de l’amidon des feuilles.
R', — R', = mallose de l’amidon des feuilles + maltose de l’extrait de malt — maltose de l'extrait de malt = maltose de l'amidon des feuilles.
Dosage des glucosides. — 100 cm° de la liqueur primitive sont additionnés de 2 cms de SO'H? concentré et placés pendant 1 h. dans l’autoclave à 120° en même temps que 100 cm° d’un liquide acidifié à 2 °/, dont nous préciserons la nature plus loin. Les glucosides sont hvdrolvsées en même temps que les dextrines résiduelles de la saccharification ; le maltose existant déjà dans la liqueur est aussi dédoublé. Le liquide d'hvdrolvse est neutralisé, débarrassé des composés aromatiques de dédoublement ou autres par l’acétate de plomb rigoureusement neutre, ramené à 200 cm° par le complément nécessaire d'eau distillée, et dosé. Le résultat du dosage multiplié
LES HYDRATES DE CARBONE DANS LES FEUILLES ol
par 10 représente la totalité des sucres réducteurs que peuvent donner 100 em° de la liqueur brute de saccharification. En multiphant par 5 on obtient la totalité R', des hydrates de carbone exprimée en glucose provenant du traitement précédent et contenus dans l’ensemble des feuilles ou folioles.
Cette somme R’, est composée :
1° des sucres réducteurs provenant du dédoublement des glucosides.
2° des sucres réducteurs provenant des dextrines résiduelles de
saccharification (dextrines provenant soit de l'amidon des feuilles ou de l'extrait de malt).
3° de l'hydrolyse du maltose provenant soit de l'extrait de malt, soit de l’amidon des feuilles, ce que nous pouvons représenter de la façon schématique suivante :
R'; = Sucres des alucosides + Sucres des dextrines résiduelles
(ilucose provenant du dédoublement du mallose de l'amidon des feuilles et du dédoublement du maltose d'extrait de malt.
On a vu que l'hydrolyse précédente portait sur 100 cm° de liquide de saccharification brut et sur 100 cm° d'une autre liqueur acidifiée au même titre. Ces 100 em de liquide proviennent de la liqueur primitive déféquée, qui a servi au dosage du maltose et qui par conséquent représentent 50 em° de la liqueur primitive de saccharification. Comme ils renferment tous les hydrates de carbone de la liqueur primitive à l'exception des glucosides, ils seront dédoublés de la même facon que les hydrocarbonés correspondants du liquide de saccharification brut, l'hydrolyse étant effectuée simultanément, dans les mêmes conditions d’acidité et de durée.
Après hydrolyse, la liqueur est neutralisée, ramenée à 200 cm* par son complément d'eau distillée et dosée. Le dosage portant sur 20 em* on multiplie par 10, par 2 et enfin par 5. Le nombre obtenu R',, donne la somme des sucres obtenus par l'hydrolvse du liquide de saccharification, sauf les sucres glucosidiques. Par différence on obtient donc ces derniers :
R', — R', — Sucres aglucosidiques contenus dans le liquide de 3 4 q saccharification.
L'hydrolyse du précipité plombique obtenu en déféquant 100 cm?
de liqueur primitive donne un liquide qui, filtré, neutralisé, déféqué, dosé, donne la teneur en sucres glucosidiques de 100 cm° de liquide de saccharification. En multipliant ce nombre par 5, on doit obtenir un nombre très voisin du précédent.
Dextrines résiduelles. — Ce sont les dextrines qui prennent naissance dans la saccharification de l’amidon et ‘dont il est bon de
tenir compte.
250 em* du liquide de saccharification sont déféqués à l’acétate de plomb, débarrassés de l'excès de plomb par la quantité rigoureusement nécessaire d'acide sulfurique à 20 °/, puis neutralisés par la soude à 20 °/, et concentrés dans le vide jusqu’à 20 cm° environ. Le résidu de distillation est additionné de 200 cm° d'alcool absolu ; il se forme un précipité abondant contenant entr’autres choses, les dextrines résiduelles qui existaient dans le produit de la saccharification ; on laisse en contact 24 h., on décante sur un filtre; le précipité, lavé plusieurs fois à l'alcool absoku, est mis en suspension dans 50 cm° d’eau acidulée à 2°/, et porté à l’autoclave pendant 1 h. à 120°. Les dextrines sont hydrolysées ; la liqueur obtenue neutralisée, dosée, donne la quantité de glucose correspondant à la moitié du liquide de saccharification. En multipliant par 2, on obtient la totalité des dextrines résiduelles exprimées en glucose ; l'extrait de malt, traité exactement de la même façon, donne la quantité de dextrines apportée par addition de la diastase. Par soustraction on obtient donc la quantité de glucose correspondant aux dextrines résiduelles de saccharification. Les résultats obtenus sont repré-
entés en maltose et ajoutés à ce dernier.