‹ Variation des Substances Hydrocarbonées dans les FeuillesChapitre 44 sur 55 · GEL · texte numérisé non relu

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ment. Les hydrates de carbone à petite molécule, les glucosides et l'amidon, diminuent ensuite rapidement dans la première quinzaine de Juillet en même temps que les graines mürissent et il n'en reste plus que de faibles quantités dans les feuilles desséchées. Dans ces dernières, en effet, les réactions microchimiques ne décèlent l'amidon que dans les cellules stomatiques, ce qui explique la présence de traces de maltose dans les extraits provenant de l'hydrolyse de ces feuilles.

20 La totalité des substances solubles dans l’alcool suit la même loi de variation.

3° Quant aux sucres à poids moléculaire élevé, amvloïdes et celluloses de réserve, ils subissent des variations sensiblement inverses de celles des sucres solubles et de l’amidon ; les feuilles desséchées paraissent contenir en effet une plus forte proportion de ces polysaccharides, que les feuilles vertes.

4 D'une facon générale, les sucres insolubles et la totalité des sucres sont au maximum, dans les feuilles vertes, à l’époque qui précède la maturité des fruits.

5° Si l'on établit le rapport poids sec/poids frais pour chaque récolte, on voit que ce quotient croît d’abord, passe par un maximum à l'époque qui précède la maturité des graines, dans les feuilles vertes, et décroit ensuite jusqu’à la fin de la végétation.

En rapportant les résultats des analyses à 100 gr. de substance sèche on obtient des nombres très différents :

1° Toutes les espèces de sucre, jusqu’à l’amidon inclusivement, disparaitraient progressivement dans les feuilles depuis l’époque de la floraison jusqu'au dépérissement complet de la plante.

2° Les polysaccharides supérieurs, amyloïdes et hémicelluloses de réserve, suivraient une loi de variation inverse et s’accumuleraient au contraire dans les feuilles au fur et à mesure que la plante vieillit et cela jusqu’à la mort du végétal ; même loi de variation pour les sucres insolubles et la totalité des sucres.

On à vu précédemment, à propos des travaux de Wehmer, quelle était l’origine d’une pareille contradiction dans les résultats, suivant que ceux-ci sont rapportés au nombre de feuilles ou à 100 gr. de

substance sèche. Je me contenterai de faire remarquer qu’en aceeptant les résultats du tableau XI (B), on supprime la cause d'erreur pouvant provenir de la difficulté de choisir des feuilles de Pois absolument identiques entre elles ; mais d'un autre côté, en plus des inconvénients déjà signalés, on s'explique mal le maximum pour les feuilles vertes du 2 Juillet du rapport poids sec/poids frais.

Au contraire les résultats du tableau À concordent parfaitement avec ce maximum. Îl s'ensuit donc que les feuilles de Pois présentent leur plus grande teneur en sucres solubles et insolubles dans la période comprise entre la floraison et la maturité des fruits, les feuilles vertes étant toujours plus riches en les différentes sortes de principes hydrocarbonés que les feuilles jaunes. Dans le Pois, il y aurait donc une mise en réserve dans les feuilles, moins accusée toutefois que chez le HJaricot, sans doute à cause de ce fait que chez la première de ces Zéqumineuses les feuilles ont été cueillies à une époque où les graines, quoique n'ayant pas atteint leur maturité, étaient cependant bien développées et où, par suite, les réserves des feuilles avaient déjà commencé leur migration vers la graine.

Donc, en mème temps que la chlorophylle disparait, les hydrates de carbone entrent aussi en régression, à l'exception toutefois des sucres fortement condensés, amyloïdes et celluloses de réserve, qui paraissent s’accumuler dans les feuilles jusqu'à la dessiccation complète de ces organes. Même après le jaunissement avancé, le départ des hydrates de carbone continue et devient même très rapide ; cette disparition des sucres, sur la fin de la vie de la feuille, s'explique par l'absence d’assise séparatrice dans l'espèce considérée. La disparition des composés hydrocarbonés n’est jamais totale et les feuilles desséchées contiennent encore le 1/5 de leur poids sec en réserves sucrées.

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