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TRAITEMENT DE LA LIQUEUR OBTENUE

La partie solide restant sur le filtre après la séparation du liquide de saccharification, est soigneusement lavée à l’eau distillée bouil- Jante; les liquides obtenus sont ajoutés aux produits de la saecharification.

Le résidu solide renferme encore non seulement toutes les celluloses, mais encore des principes hydrocarbonés glucosidiques, tels que des tannins, des gommes, des mucilages dont il faut se débarrasser. C'est le but du traitement à l'eau sous pression que je vais indiquer brièvement.

Le résidu cellulosique est mis en suspension dans 250°"* d’eau distillée et laissé à l'autoclave à120° pendant30 min.. On filtre et lave à l’eau distillée. On recommence ce traitement jusqu'à ce que le liquide obtenu ne soit plus coloré et ne réduise plus la liqueur de Febling après hydrolyse. Dans ces conditions toutes les gommes eties mucilages solubles dans l’eau sont éliminés. Il en reste certainement une petite quantité à l'état de gommes insolubles ; elle sera retrouvée avec les amyloïdes ou les hémicelluloses.

La liqueur obtenue est portée à 800°"? par addition d’eau distillée. 100% sont prélevés, additionnés de 2°",5 de So‘H? concentré et pur et laissés à l'autoclave pendant { h.ou 2h. Dans ces conditions l'hydrolyse est complète. Le liquide obtenu est neutralisé à la soude à 20 °/,, déféqué à l'acétate neutre de plomb, son volume estramené à 2000", puis est dosé sur 20%. Le nombre obtenu, multiplié par 10, donne la quantité de sucres réducteurs contenus dans 100% de la liqueur primitive. Ce sont en majeure partie des pentoses comme l’indiquent d’une part la réaction rouge violacée que prend l’orcine chlorhydrique, et d'autre part l'observation microscopique des osazones obtenues avec la phénylhydrazine. Le résultat, multiplié par 8, donne la somme des sucres réducteurs contenus dans la liqueur primitive à l'état de composés mucilagineux glucosidiques ou de gommes, et est ajouté aux glucosides,

CELLULOSES

On sait que la cellulose n’est pas une espèce chimique définie, mais un mélange de polvsaccharides complexes et variés provenant de Ja condensation plus ou moins avancée de monosaccharides très divers.

L'hvdrolyse par les acides élendus ne portant que sur les hémicelluloses, m'amenait à laisser de côlé les celluloses à molécule plus grosse qui représentent dans les feuilles une fraction importante des tissus. Les acides plus concentrés, sous pression, désagrègent bien dans l'échelle des produits de condensation des sucres toute la série jusqu'aux celluloses proprement dites inelusivement, mais détruisent aussi une fraction importante des sucres provenant des celluloses facilement hydrolysables. Pour éviter ce dernier inconvénient, je me suis donc proposé d'obtenir séparément les celluloses qui se trouvent à des états de polymérisation croissants, ou plus exactement des liquides d'hydrolvse correspondant à des celluloses de plus en plus condensées.

Dans ce but le résidu cellulosique est repris par 250 em° d'acide sulfurique pur à 1 °/, et laissé dans l’autoclave à 120° pendant une heure. Les substances amyloïdes, représentant les termes de passage de l’amidon aux celluloses proprement dites, les gommes et mucilages avant échappé à l'eau sous pression, sont hydrolysés. On décante sur un filtre, on lave le résidu restant sur le filtre plusieurs fois à l’eau distillée bouillante. Le liquide limpide obtenu, plus ou moins fortement coloré, porté à 500 cm? est alors prêt pour le dosage.

100 cm° du filtrat sont neutralisés à la soude à 20 °/,, déféqués à la liqueur de Courtonne, portés à 200 cm? et dosés sur 20 em’. Le résultat multiplié par 10 représente la quantité de sucres réducteurs contenus dans 100 cm° de la liqueur primitive. En multipliant ce nombre par 5, on obtient ainsi en glucose la totalité des sucres réducteurs contenus dans le filtrat précédent.

Le filtre est débarrassé avec beaucoup de précautions des dernières parties de feuilles. La masse pâteuse ainsi obtenue est placée à l'éluve à 80° pour la débarrasser des dernières traces d’eau de

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lavage. La masse entièrement sèche est concassée, finement brovée, etse trouve alors prête pour le deuxième traitement,

Hydrolyse par SOMP à 2,5 °/o. — La poudre sèche obtenue est additionnée de 250 cm° d'acide sulfurique pur à 2, 5 °/, et mise dans l'autoclave à 120° pendant une heure. Le liquide surnageant est décanté sur un filtre ; le résidu est lavé soigneusement à l’eau bouillante et les eaux de lavage sont réunies au liquide d’hydrolvse ; le filtrat est porté à 500 cm*, 100 em? prélevés sont neutralisés, déféqués et dosés comme précédemment. Le résultat obtenu représente en glucose la quantité de celluloses faiblement condensées contenues dans les feuilles traitées, appelées encore celluloses facilement hydrolysables ou hémicelluloses.

Hydrolyse par SO‘ à 5 °/. — La technique est la même que pour les hydrolyses précédentes. La poudre restant sur le filtre est soigneusement séchée à l’'étuve à 80° pour la débarrasser des dernières traces d'eau de lavage et traitée par l'acide sulfurique à 5 °/,

Le résultat du dosage exprimé en glucose représente la totalité des sucres réducteurs correspondant aux celluloses dont le degré de condensation est plus élevé que les celluloses déjà hydrolysées.

Hydrolyse par SO'HE à 10 °/,. — Le traitement est identique aux précédents.

Celluloses dissoutes dans Pacide sulfurique à #4 °/0, 2, 5 °/,, 5°/,. — Les liquides acides provenant de l’hydrolyse des celluloses pouvaient renfermer des celluloses simplement dissoutes et par suite n'ayant aucune action sur la liqueur de Fehling. Ces hydrates de carbone se précipitent au moment de la neutralisation à la soude. Pour les hydrolyser je traite les différents liquides d'hydrolyse obtenus, par une acidité double de celle qui a servi à les extraire. La différence entre le premier dosage et le second me donne les celluloses dissoutes ; les chiffres obtenus sont ajoutés aux liquides d'hydrolvse ayant même degré d’acidité. Je n'ai pas cru devoir continuer ce traitement pour les liqueurs d'hydrolvse obtenues avec l'acide à 10°/,. 11 m'aurait fallu traiter la liqueur obtenue par SO“H? à 20 °/,. L'expérience m'a montré qu'à une concentration supérieure les sucres d'hydrolyse sont détruits en presque totalité, st bien que

cette technique n'est plus applicable au delà de cette limite. Mais la cellulose préalablement dissoute dans l'acide sulfurique concentré, peut être ensuite hydrolvsée par les acides étendus. Ce procédé va me permettre d'hydrolyser les celluloses supérieures ayant échappé aux traitements acides précédents.

Le résidu cellulosique desséché est mis en contactavec une liqueur froide acidifiée de composition suivante :

1° S0*H2purtet à 06 BB =4A%em?

2° Eau distillée on os

Je laisse en contact pendant quelques heures pour donner à la dissolution le temps de s'effectuer, j'étends à 250 cm’ et porte à l’autoclave pendant 1 heure à 120°. Le liquide filtré neutralisé, déféqué, est dosé; le résultat obtenu représente, en glucose, les celluloses difficilement hydrolysables.

Ilest fort probable que le dernier traitement acide n’a pas dissout entièrement toutes les celluloses ; les plus grosses molécules cellulosiques ont dû échapper à la dissolution par l’acidesulfurique concentré et par suite à l'hydrolyse. Elles ne figureront donc pas dans les tableaux résumant les analyses.

D'ailleurs, si dans la succession des opérations que je viens d’énumérer il s’est glissé quelques imperfections provenant soit d'épuisements incomplets, soit d'hydrolyses inachevées, soit de toute autre cause, les résultats obtenus sont toujours dans le même rapport. En effet, les analyses ont porté simultanément sur tous les échantillons d’une même série. Ceux-ci ayant été traités exactement de la même facon, les résultats obtenus sont comparables entr’eux, ce qui est la condition essentielle dans le problème qui nous occupe.

La technique que je viens de décrire a été complétée ou légèrement modifiée dans son application aux feuilles persistantes et cela pour deux raisons. Les feuilles de Laurier-cerise, riches en glucosides -dédoublables par l'émulsine et en particulier en prulaurasine, je me suis proposé d'étudier à part les variations de ces glucosides au moyen de cette dernière diastase. Enfin, tandis que les feuilles caduques etles différents organes des plantes annuelles se laissaient assez facilement pénétrer par l’'amylase et ne contenaient plus trace d'amidon après deux ou trois traitements successifs, il n’en était plus de

même avec les feuilles de Lierre ou de Laurier-cerise dont l’épuisement amylacé a été très laborieux.

Action de lémulsine. — Le résidu de distillation ayant subi l’action de l'invertine, est ramené à 100 em° par addition d’eau distillée et divisé en deux fractions de 50 em°. La première est dosée et permet de déterminer la quantité de sucres non réducteurs contenue dans l'extrait alcoolique des feuilles analysées. Les 50 cm* restant sont déféqués par l'addition d'une quantité suffisante de liqueur de Courtonne, qui précipite à l’état de combinaisons plombiques insolubles les principes colorants contenus dans le liquide à hydrolyser, et en particulier les substances tanniques dont l'action paralysante sur les diastases est bien connue (4). Par filtration, on obtient un liquide faiblement coloré contenant les sucres solubles, la prulaurasine et une petite quantité d’acétate de plomb en excès. Le filtrat est soumis à l’action d'un courant d'acide sulfhydrique qui précipite l'excès de plomb; on filtre de nouveau pour éliminer le sulfure de plomb formé, on lave à l’eau distillée chaude qui entrainera les sucres restés sur le filtre. La liqueur obtenue est mise au bain-marie pour chasser l'acide sulfhydrique en excès, jusqu'au moment où un papier humide imprégné d'acétate de plomb ne se colore plus. La liqueur présente encore une réaction acide faible, provoquée par la présence d’une petite quantité d'acide acétique qui va favoriser l’action diastasique. L'émulsine préparée suivant le procédé indiqué par Hérissey (2) est ajoutée à ce moment. On porte les flacons à l’étuve à 40° où ils seront laissés pendant huit jours. La marche de l'opération est suivie par des dosages journaliers. Un flacon témoin, contenant exactement la même quantité de solution diastasique que celle qui a été ajoutée à l'extrait de feuilles, donnera la quantité de sucres réducteurs contenue dans l'extrait d'amandes douces.

L'action de l’'émulsine terminée, les liquides sont ramenés au volume de 150 em* par addition d’eau distillée et dosés. Par le calcul on obtient la totalité des sucres réducteurs contenus dans 50 em° de la liqueur primitive, c'est-à-dire du liquide d'inversion dont on était parti.

(1) Jenrys. Sur les obstacles à la découverte de la diastase dans les feuilles et dans les tiges. Bull. Acad. Sc., Cracovie, Nov. 1892.

(2) Herissev. Recherches sur l'émulsine, Thèse doct. univ. (Pharmacie) Paris

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En retranchant des résultats obtenus :

1° la quantité de sucres réducteurs contenus dans 50 em deliquide, après l’action de l’invertine et avant celle de l’émulsine.

2° la quantité de sucres réducteurs provenant de l'addition de l'extrait diastasique d'amandes douces et qui nous est donnée par le dosage du témoin d’émulsion.

On obtient ainsi par différence la masse des sucres réducteurs provenant du dédoublement de la prulaurasine et contenus dans 50 em° de liquide d'inversion. Par un simple calcul on ramène au volume total. Les résultats sont donnés plus loin au tableau n° V sous le Uitre « prulaurasine » et doivent être interprétés comme je viens de l'indiquer.

Remarque relative à la saccharification chez les feuilles persistantes.

L'hydrolvse de l’amidon par l’amylase, en suivant la technique déjà indiquée, ne donne pas de résultats satisfaisants avec les feuilles coriaces de Lierreet de Laurier-cerise. Ce fait trouve son explication dans les travaux de Jentys (1) qui ont mis en évidence les causes d'arrêt possibles dans l'activité des diastases, en présence des organes végétaux. D'une part, l’amidon formerait avec les matières tanniques contenues dans les plantes des précipités insolubles qui résistent à l'influence de la diastase. D'autre part, la diastase serail précipitée, même dans les dissoiutions de tannins très faibles. Les composés tanniques seraient donc des matières nuisibles à la transformation diastasique de l’amidon et cette influence serait due à la fois à leur présence même et à la précipitation de la diastase.

Mais il est probable que dans lecas envisagé, ce n’est pas le seul obstacle que rencontre l’amylase.

Les traitements préliminaires à l'alcool ont produit une coagulation énergique desgommes, mucilages, matières pectiques et de toute la série des polyssaccharides complexes analogues si abondants dans les feuilles coriaces qui forment, par suite, une gaine impénétrable autour des grains d’amidon. Au moment du traitement par l’eau, j'ai obtenu le gonflement des mucilages.

Pour me débarrasser de ces subtances gênantes, j'ai fait précéder

(1) Jenrys. Sur les obstacles à la découverte de la diastase dans les feuilles et dans les tiges. Bull. de l'Ac. des Sc. de Cracovie, Novembre 1892.

l’'hydrolvse d’un épuisement aussi complet que possible à l’eau sous pression à 15°. Comme à cette températureélevée la substance amylacée pouvait être transformée partiellement en amidon soluble, j'ai effectué une saccharification sur le filtrat obtenu à chaque épuisement.

Les liqueurs obtenues étaient traitées de la même façon que dans les épuisements postérieurs à la saccharification, en tenant compte des sucres réducteurs provenant de l'hydrolyse de l'amidon soluble. L'opération était terminée lorsque le dernier épuisementne donnait à l'hydrolyse que des quantités pratiquement négligeables de sucres réducteurs. L'essai à l'acétate de plomb des filtrats provenant des traitements aqueux, montrait que l’épuisement des composés tanuiques était plus rapide que celui des mucilages. Les liquides d'hydrolyse des filtrats donnaient très nettementavec l’orcine chlorhydrique la réaction violette des pentoses et avec la phénylhydrazine surtout des pentosazones. La prédominance des pentosanes était donc évidente.

Après cet épuisement, la bouillie végétale a été soumise à la saccharification par l’amylase suivant la méthode déjà indiquée.

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