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TENTATIVE D EJ

impressionnable, plus crée d'idées multiples, qui se coi dans lequel les phénomènes ( prédominent ; ces souvenirs s ment et s'évoquent plus facil

« Dans la vieillesse, alors q souvenirs de l'enfance persiste par intervalles et ne s'éteignei tandis que les impressions alors qu'elles ont persisté lo vent sans retour. Ajoutons q fants sont hypnotisables, et sont susceptibles d'entrer < beaucoup plus considérable trois fois plus d'après M. Lié)

« L'état hypnotique n'est ne crée pas de nouvelles fond extraordinaires, il développe l'état de veille ; il exagère à I modalité psychique la sugi nous possédons tous à un o psychique est modifié de mai d'éclat et de netteté les im:

évoquées.

« Quand, abîmés dans nos cérébrale se concentre sur les

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impressions reparaissent, d'anciennes images revivent devant nos yeux souvent nettes comme la réalité ; nous restons absorbés dans la contemplation du passé, nous revivons de la vie écoulée, nous rêvons repliés en nous-mêmes, si bien alors, — à qui cela n'est-il arrivé? — qu'une excitation sensorielle vive, un bruit inattendu, la voix d'un ami nous rappelle à nous, et nous arrache à la vie contemplative, véritable hallucination en état de veille ; nous revenons à nous, notre activité psychique se diffuse de nouveau au dehors, et nos souvenirs s'éteignent instantanément ; nous ne pouvons plus nous rappeler l'objet de nos rêveries passives. Il en est de même si la concentration, au lieu de se faire sur un souvenir imagé, se fait sur une idée; nous ne pouvons plus nous rappeler l'objet de nos méditations abstraites. L'état de conscience s'est modifié ! N'est-ce pas là, spontanément et à notre insu, réalisé chez nous un état comparable à l'état hypnotique provoqué? Même exaltation des facultés Imaginatives, ou même absorption de l'esprit par une idée ! Souvent même insensibilité, souvent même amnésie au retour ! Le soldatqui, dans la chaleur du combat, ne sent pas sa blessure ; Archimède tué pendant qu'il méditait, étranger à tout, des problèmes abstraits, ne sont-ce pas là des exemples de concentration nerveuse par une idée, une émotion.

iblables à celles que l'hypnotisme provoque, et ne imes-nous pas tous à notre insu et souvent dans itat analogue ?

Peut-être qu'en réalité il n'y a ni un état, ni deux s de conscience, mais des états infiniment variai. Entre l'état de veille et l'état de concentration faite qui constitue le somnambulisme, toutes les antes existent. Notre cerveau est peuplé de souirs qui y sont entassés depuis l'enfance ; tous ces venirs sont latents, car s'ils étaient tous éveillés, erait un vrai chaos dans notre entendement ; mais cun de ces souvenirs peut renaître alors que le ne état de conscience qui l'a produit se reproduit. : Le sommeil, qu'il soit artificiel ou spontané, n'est

l'abolition des facultés intellectuelles; c'est un re état cérébral que celui de la veille, état diffi-

à définir, dont l'étude reste encore à faire aux chologues, dans lequel prédominent les phénoles de l'activité automatique, mais dans lequel si les facultés dites de raisonnement peuvent être illèes et concentrées sur un point spécial, sur un re d'idées. Ce qui semble dominer, c'est la contration, c'est la fixité de l'activité nerveuse sur le momène embrassé, image ou idée évoquée ou gérée ; cette concentration d'ailleurs peut se faire :essivement sur des objets variables ; des rêves

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multiples se succèdent chez les dormeurs; des suggestions multiples et diverses sont communiquées aux somnambules qui les réalisent instantanément.

« La concentration nerveuse change de sujet au gré de l'hypnotiseur ; le foyer change de place, si je puis dire ainsi, conservant chaque fois toute sa concentration.

« Sans développer davantage cette vue que j'abandonne aux psychologues, contentons-nous de savoir que pendant notre sommeil le cerveau peut continuer à penser et à travailler ; il ne travaille pas à notre insu ; nous en avons conscience comme le somnambule a conscience de ce qu'il fait; seulement cest un autre état de conscience^ parce que l'activité nerveuse est autrement répartie qu'à Tétat de veille ; elle est concentrée sur une idée fixe, ou sur les centres d'imagination, et au réveil le souvenir s*est évaporé, comme s'est évaporé le souvenir des faits accomplis dans le sommeil provoqué. A qui n'est-il arrivé de s'endormir avec l'idée d'un problème ou d'une question abstraite à résoudre dont la solution échappe et de se réveiller avec la solution trouvée ? Le cerveau continue à élaborer son travail intellectuel pendant le sommeil et quelquefois à le réaliser avec plus de facilité, grâce à la concentration psychique spéciale plus active sur l'idée qui le préoccupe. »

ATIVE D EXPLICATION

.at de la mémoire dans le somnambulisme proprésente, dit M. Beaunis ', un intérêt spécial; ui qui domine toute la scène, .e fait caractéristique et qui a été constaté par ie tous ceux qui se sont occupés de cette quesc'est que la personne hypnotisée, une fois ée, ne se rappelle rien de ce qui s'est passé nt le sommeil hypnotique; tandis qu'jne fois mie de nouveau, elle se souvient parfaitement is les faits et gestes de ses sommeils antérieurs. semble qu'il y ait une sorte de dédoublement mémoire et de la conscience i il y aurait d'une a vie ordinaire, normale, avec ses veilles et ses :eils naturels, et d'autre part la vie somnambu- :omposée uniquement de la série des sommeils itiques provoqués. I[ faut remarquer cependant n'y a pas de séparation absolue entre ces deux

lis, Rechcrcb!! expcrinuulaUs sur Us conditions de l'actiiiile c/reir li phyihiogie dit wrfs ; iliiJa pbyswiogiqais it psycbelogiqats manbulismc provoque. Paris. l886, — Lt Somiuunbulismt proris, :886. (Bibl. KUnlifiqaeceùtaaporaine.)

vies, car le sujet hypnotisé se rappelle non seulement ce qui s'est passé pendant le sommeil hypnotique, mais encore tout ce qui s'est passé pendant l'état de veille et pendant le sommeil naturel, ses rêves par exemple. On verra même que le souvenir des faits qui se sont produits à Tétat de veille pendant l'existence ordinaire est plus exact et plus précis pendant le sommeil provoqué. »

M. Delbœuf S dont on connaît les études sur la mémoire, cite des faits qui tendent à établir dans son intégrité l'unité de la conscience des hypnotisés que Ton était en droit de regarder comme brisée.

D'une série d'expériences menées avec sagacité, il conclut que le rêve hypnotique est de même nature que le rêve ordinaire et soumis aux mêmes lois, et que la différence entre l'état normal et l'état hypnotique est, du moins à cet égard, de même ordre que la différence entre la veille et le sommeil. Les rêves hypnotiques se prêtent au rappel dans les mêmes conditions que les rêves ordinaires. Si l'on a cru pendant longtemps que ce qui le caractérisait était de ne pas donner prise au souvenir, c'est qu'on n'avait pas porté son attention sur les conditions qui ravivent le souvenir des autres. Lorsque les conditions sont les

* Delbœuf, Lj Mémoire chéries bypictisés (Revue philosophique, mai 1886).

mêmes, les premiers comme les seconds sont susceptibles de rappel. Il résulte aussi de là que Ton aurait tort de conclure qu'il n'y a pas de rêve là où il n'y a pas de souvenir. Cette conclusion est contraire aux faits. La seule différence qui subsiste entre Tune et l'autre espèce de rêve réside dans la nature des sug- |P: gestions; et encore cette différence peut-elle s'effa-

cer. Sans doute nos rêves ordinaires nous sont inspirés en grande partie par des mouvements organiques 1^* internes; quelquefois cependant par des mouvements

^^: extérieurs qui se communiquent à nos sens imparfai-

i|, tement engourdis et aussi par des attitudes incons-

W^' cientes. Les rêves hypnotiques n'ont pas leur origine

dans des dispositions ou des modifications de l'organisme profond ; ils sont principalement suggérés par des impressions extérieures faites sur les organes des sens : l'ouïe, quand on parle au sujet ; la vue, quand on fait devant lui certains gestes; le sens dit musculaire, quand on donne aux membres une certaine position. Or, dans la vie normale, c'est par les deux premières voies que nous acquérons des idées, c'est-àdire par la contemplation et par la conversation ou la lecture. Nous avons peur quand nous voyons un de nos semblables avoir peur. Nous sommes tristes quand un être qui nous est sympathique raconte ses malheurs.

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M. Pierre Janet a fait une étude intéressante sur les actes inconscients et le dédoublement de la personnalité pendant le somnambulisme provoqué ^ Il a essayé de vérifier les expériences de M. Delbœuf sur la conservation du souvertir après le sommeil et il est arrivé à des résultats identiques. Quand on réveille brusquement le sujet au milieu d'un acte suggéré, il en garde, en effet, le souvenir comme d'un rêve. Il en est de même d'ailleurs lorsqu'il s'agit non pas d'un acte, d'un mouvement, mais d'une simple hallucination. On dit à L... qu'il y a dans la chambre un feu de Bengale vert et elle l'admire, puis, choisissant un moment où elle est tout à fait immobile dans sa contemplation, on la réveille brusquement. A son réveil, elle cherche partout avec étonnement : « Pourquoi avez-vous éteint le feu de Bengale vert?... Ah! c'était un rêve. » Il semble qu'il y a cependant une exception à cette loi indiquée par M. Delbœuf. Quand le

1 p. Janet, Revue philosophique, décembre 1886.

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sujet a déjà été endormi brusquement au milieu d'un acte de la veille, l'idée qui apparaît dans la conscience, après un réveil également brusque, n'est pas le souvenir du somnambulisme, c'est la suite de l'acte commencé pendant la veille et interrompu subitement. Le somnambulisme est comme s'il n'avait pas existé et les deux moments de la veille semblent se rejoindre. Au milieu d'une conversation, L... est endormie avant d'avoir pu achever sa phrase. Après un quart d'heure de sommeil, elle est réveillée et alors achève tranquillement la conversation commencée sans se douter qu'elle a dormi. Le même phénomène a lieu d'ailleurs par le somnambulisme. Une fois rendormie, L... continue quelquefois Tacte commencé pendant le somnambulisme précédent. On pourrait avoir ainsi avec elle deux conversations très bizarrement interrompues et reprises. Tune pendant les états de veille, l'autre pendant le somnambulisme.

M. Pierre janet pense que la plupart des suggestions doivent s'accompagner d'un certain degré d'inconscience ou plutôt d'un certain dédoublement de la conscience. 11 a cherché à se rendre compte des opérations psychologiques en dehors de la conscience normale et s'est efforcé de les rendre sensibles par un signe, un langage quelconque. Les paroles ne révélaient rien; il a essayé d'un autre genre de signe,

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récriture. Il a observé que le sujet était capable de faire une lettre automatique assez correcte et indiquant une certaine réflexion. Le sujet parlait de tout autre chose et répondait à plusieurs personnes pendant qu'elle écrivait. En recommençant l'expérience, L... écrivit une seconde fois exactement la même lettre sans changer un mot; il semblait que la machine fût montée dans ce sens et ne pût être dérangée. L'écriture de ces lettres est intéressante ; elle est analogue à l'écriture normale de L..., mais non identique; c'est une écriture penchée et très lâche; les mots ont une tendance à s'allonger indéfiniment. M. Richet a remarqué que ce caractère était constant dans les écritures des médiums qu'il a eu l'occasion de voir ; souvent dans leurs lettres un mot remplissait toute une ligne. L'écriture automatique est un fait bien connu. M. Taine a très bien montré la possibilité et l'intérêt de ce phénomène : ^« Les manifestations spirites ellesmêmes nous montrent la coexistence, au même instant, dans le même individu, de deux volontés, de deux actions distinctes. Tune dont il a conscience, l'autre dont il n'a pas conscience et qu'il attribue à desêtres invisibles. II y aune personne qui, en causant, en chantant, écrit, sans regarder son papier, des

1 Taine, De V intelligence.

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phrases suivies et même des pages entières sans avoir conscience de ce qu'elle écrit. Sa sincérité est parfaite, elle déclare qu'au bout de sa page elle n'a aucune idée de ce qu'elle a tracé sur le papier ; quand elle les lit elle en est étonnée, parfois alarmée. Certainement on constate ici un dédoublement du moi, la présence simultanée de deux séries parallèles et indépendantes, de deux centres d'action ou, si l'on veut, de deux personnes morales juxtaposées dans le même cerveau. Chacune a une œuvre et une œuvre différente, Tune sur la scène, l'autre dans la coulisse. » Ces expériences viennent en grande partie confirmer celles que M. le D' Bérillon a faites avec M. le D' Dumontpallier sur « les suggestions bilatérales simultanées de caractère différent pour chaque côté, dans l'état cataleptique ».

Des expériences sur les hallucinations jointes à des faits d'observations ont conduit certains auteurs à donner, du dédoublement de la personnalité une explication si simple qu'elle serait pour ainsi dire palpable.

On démontre d'abord l'indépendance fonctionnelle des deux hémisphères du cerveau, et on en conclut que de leur synergie résulte l'équilibre de Tesprit, de leur désaccord des troubles divers et finalement la scission de l'individu psychique.

Un médecin connu comme psychologue, Sir Henri Holland, le premier, en 1 840, étudia le cerveau comme organe double, et insinua que quelques aberrations de Tesprit pouvaient être dues à l'action déréglée des deux hémisphères dont Tun, dans certains cas, semble corriger les perceptions et les sentiments de l'autre.

En 1844, Wigan va plus loin; il soutient que nous avons deux cerveaux et non un seul, et que « le corps calleux, loin d'être un trait d'union entre eux, est un mur de séparation », et il affirme plus nettement que son devancier la dualité de l'esprit.

Les progrès de Tanatomie cérébrale donnent ensuite des résultats plus positifs : inégalité de poids des deux hémisphères du cerveau, asymétrie constante, différence dans la topographie de l'écorce, etc. La découverte de Broca sur le siège de l'aphasie fut un nouvel argument d'une grande valeur. On supposa que rhémisphère gauche serait le siège principal de l'intelligence et de la volonté, que l'hémisphère droit serait plus spécialement dévolu à la vie de nutrition (Brown-Séquard). — L'existence d'hallucinations si-

multanées, tristes d'un côté, gaies de l'autre, en tous cas différentes et contradictoires, attira l'attention des observateurs. Il y avait mieux à faire que d'observer, c'était d'expérimenter. L'hypnotisme en fournit le moyen. On sait que l'hypnotisé peut parcourir trois phases : l'une léthargique, caractérisée par l'excitabilité neuro-musculaire; l'autre cataleptique, qui se produit en soulevant les paupières; la troisième somnambulique, causée par une pression sur le vertex. Si, pendant l'état cataleptique, on abaisse la paupière droite, on agit par là sur le cerveau gauche et l'on détermine un état léthargique du côté droit seulement. Le sujet se trouve ainsi partagé en deux : hémiléthargique à droite, hémicataleptique à gauche.

On peut varier les expériences. Une attitude différente est imprimée aux membres de chaque côté du corps; alors le sujet, d'un côté, a l'expression du commandement, de ;rautre sourit et envoie des baisers. On peut provoquer l'état hallucinatoire à droite ou à gauche seulement. Enfin, deux personnes s'approchent chacune de l'oreille du sujet; l'une, à droite, décrit le beau temps, le côté droit sourit; l'autre, à gauche^ décrit la pluie, le côté gauche traduit le désagrément et la commissure labiale s'abaisse. OU bien encore pendant qu'on suggère par l'oreille droite l'hallucination d'une fête champêtre, près de l'oreille gauche on

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imite laboiement d'un chien ; le visage exprime à droite la satisfaction, à gauche, l'inquiétude*.

Ces expériences, jointes à beaucoup d'autres faits, ont conduit très logiquement à cette conclusion : indépendance relative des deux hémisphères cérébraux, qui n'exclut en rien leur coordination normale, mais qui, dans certains cas pathologiques, devient un dualisme complet.

On a voulu aller plus loin et établir que ce dualisme cérébral suffit à expliquer tout désaccord dans l'esprit, depuis la simple hésitation entre deux partis à prendre, jusqu'au dédoublement complet de la personnalité. Si nous voulons à la fois le bien et le mal, si nous avons des impulsions criminelles et une conscience qui les condamne, si le fou, par instants, reconnaît sa folie, si le délirant a des moments de lucidité, si enfin quelques individus se croient doubles, c'est tout simplement parce que les deux hémisphères sont désaccordés. L'un est sain, l'autre malade; un état siège à droite, son contraire à gauche; c'est une sorte de manichéisme physiologique.

Griesinger, racontant le cas d'un de ses malades qui « se sentait déraisonner d'un seul côté de la tête, du côté droit », n'est pas disposé à accorder une grande

1 Magnin et Dumontpallier, 15 mai 1883.

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importance à ces faits de dualité. D'ailleurs, dit M. Ribot, il existe des individus qui se croient triples. Esquiroi a rencontrédans un établissement d'aliénés un prêtre qui, pour avoir appliqué trop ardemment son intelligence au service de la Sainte Trinité, avait fini par voir autour de lui des objets triples. Il se figurait luimême être en trois personnes^ et voulait qu'on lui servît à table trois couverts, trois plats, trois assiettes.

Cette théorie de la dualité repose, en définitive, sur cette hypothèse absolument arbitraire, que la lutte n'est toujours qu'entre deux états. L'expérience la contredit complètement. A qui n'est-il pas arrivé d'hésiter entre trois décisions : agir dans un sens ou dans le sens contraire, ou s'abstenir; voyager au nord ou au midi, ou rester chez soi ? Il arrive maintes fois dans la vie que trois partis sont en présence, dont chacun exclut nécessairement les deux autres. Où loge-t-on le troisième ? puisque c'est sous cette forme étrange que la question a été posée.

Dans quelques cas d'atrophie congénitale du cerveau, on a vu des individus réduits dès l'enfance à un seul hémisphère cérébral; leur développement intellectuel était ordinaire et ils ressemblaient au reste des hommes ^ Chez eux, dans l'hypothèse de la dua-

4 Cotard, Èfude sur V atrophie cérébrale. Paris, iS68.

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lité, aucune lutte intérieure n'aurait dû se produire. On peut se borner à rappeler le mot deGriesinger sur le vers de Faust : « Ce ne sont pas deux âmes seulement, mais plusieurs qui habitent en nous, »

Ceci n'est qu'une occasion de voir une fois de plus notre sujet sur une nouvelle face. Ces oppositions dans là personne, cette scission partielle dans le moi, tels qu'ils se trouvent aux moments lucides de la folie et du délire, de la réprobation du dipsomane par luimême pendant qu'il boit, ne sont pas des oppositions dans l'espace (d'un hémisphère à l'autre), mais des oppositions dans le temps. Ce sont, pour employer une expression favorite de Lewes, des « attitudes » successives du moi. Cette hypothèse rend compte de tout ce que l'autre explique et en outre de ce qu'elle n'explique pas.

Si Ton est bien pénétré de cette idée que la personnalité est un consensjus, on. n'aura pas de peine à admettre que cette masse d^états conscients, subconscients et inconscients qui la constituent se résume à un moment donné en une tendance, en un état prépondérant qui, pour la personne elle-même et pour les autres, en est l'expression momentanée. — Notre corps peut prendre, coup sur coup, deux attitudes contraires, sans cesser d'être le même corps. Il est clair aussi que trois états ou davantage peuvent

Bourru et Burot, Var. de la personn. 19

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iccéder(coexisterenapparence)parlemêmeniécale. Nous ne sommes plus rivés au nombre deux. Il reconnaître sans doute que cette scission inté- ■e est plus fréquente entre deux états contraires ntretroisou un plus grand nombre. L'expérience )le se prononcer en faveur d'une succession très le, équivalant à une coexistence. Les deux, trois uatre états contraires seraient, au fond, une îssion.

indépendance relative des deux hémisphères n'est Jouteuse. Le trouble produit dans la personnalité leur désaccord n'est pas douteux ; mais tout ré- : à une simple division entre le côté gauche et le droit, est une hypothèse que, jusqu'ici, n'a fait r aucune raison sérieuse.

faut bien dire, avec M. Ribot, que le terme int de « double personnalité » n'est qu'une action. Dès qu'on le traduit en faits concrets, bservations authentiques, on ne trouve que site. Chaque cas, pour ainsi dire, demande une jrétation particulière. Or, comme la personna-

TENTATIVE D'EXPLIC ATION 291

lité est un composé très complexe, il est évident que ces perturbations doivent être multiformes.

Dans le cas de Félida, Tamnésie est limitée et ne porte que sur ce qui s'est passé dans la condition seconde. Ce caractère a une grande importance, car dans quelques faits célèbres du dédoublement de la vie, l'oubli portait sur toute la vie passée, y compris les idées générales. 11 en était ainsi de la dame américaine de Mac-Nish, laquelle, à un moment donné, à la suite d'un sommeil spontané, oublia toute son existence antérieure, même ce qu'elle avait appris pendant cette existence, lecture, écriture, musique, et fut obligée de recommencer son éducation, jusqu'à ce qu'elle fût rentrée dans Tétat normal et que ces notions lui fussent revenues. De tout cela nous concluons que même dans l'alternance il est difficile d'adrhettre le dualisme cérébral.

Dans les cas de substitution, c'est par l'intermédiaire de la sensibilité spéciale qu'on suscite des états psychiques de l'ordre des hallucinations, et la modification provoquée existe aussi bien à droite qua gauche. Rien ici qui milite en faveur de la dualité cérébrale.

Dans l'aliénation, il est facile d'établir une progression ou plutôt une régression continue du changement le plus passager à l'altération la plus complète

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du moi. La modification devient profonde et durable. Un changement intérieur s'est produit dans l'organisation nerveuse et ce changement a pu avoir pour résultat de faire naître une autre conscience organique. Entre celle-ci et l'ancienne conscience dont le souvenir a persisté avec ténacité, aucune soudure ne s'est faite. C'est le cas de ce vieux soldat d'Austerlitz qui, à la suite de son accident, a perdu le sentiment de sa personnalité. Le sentiment de l'identité manque parce qu'il ne peut résulter que d'une assimilation lente, progressive et continue des états nouveaux. Ici ils ne sont pas entrés dans l'ancien moi à titre de partie intégrante. De là cette situation bizarre où la personnalité ancienne s'apparaît comme ayant été, comme n'étant plus, et où l'état présent apparaît comme une chose extérieure et étrangère, comme n'étant pas.

Remarquons enfin que dans un état où la surface du corps ne donne plus de sensations et où celles qui viennent des organes sont à peu près nulles, ni la sensibilité superficielle ni la sensibilité profonde de Torganisme ne 'suscitent plus ces sentiments, images et idées, qui le rattachent à la haute vie psychique ; il se trouve réduit aux actes automatiques qui constituent l'habitude ou la routine de la vie ; il est à proprement parler une machine.

M. le docteur Henry Blanc-Fontenîlle, dans un tra-

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vail tout récent*, cite des cas très intéressants où les états de personnalité ont variée soit spontanément, soit par la provocation de la suggestion. 11 appelle ce changement délire ecmnésique, et ce nom indique l'interprétation qu'il en donne. Quant à nous, nous ne saurions appeler délire un changement d'état si complet que tout est bouleversé, non seulerrient dans le domaine psychique, mais dans les fonctions de sensibilité, de mouvement et même de nutrition. Le mot délire s'est appliqué jusqu'ici exclusivement à des troubles de l'entendement ; et quand il s'y joint quelques symptômes d'un autre ordre on prend soin de l'indiquer par un qualificatif : délire paralytiqtce, délire avec tremblement. Quant au néologisme ecmnésique, si correcte qu'en soit l'étymologie, il est également insuffisant. Dans ce que nous appelons états nouveaux de la personnalité, le changement de la mémoire n'est pas seulement l'oubli de tout ce qui suit une date déterminée de l'existence ; il s'y joint parfois d'autres lacunes correspondant à des époques antérieures; parfois même le retour de souvenirs qui semblaient perdus depuis longtemps, c'est-à-dire tout le contraire de l'ecmnésie. En un mot, la mé-

I Blanc-Fontenille, Étude sur une forme particulière de délire hystérique (délire avec ecmnésie), Bordeaiux, ïSS"].

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moire, comme toutes les autres facultés et fonctions, se retrouve telle qu'elle était au moment précis de la vie où le sujet s'est reporté. La dénomination de délire ecmnèsique est donc de tout point trop étroite.

On peut voir qu'aucune théorie admise n'est capable d'expliquer tous les cas. On nous permettra de mêler notre opinion à ce grand débat et de formuler une idée nouvelle. Nous avons essayé de démontrer ailleurs^ qu'il était nécessaire d'admettre dans les organismes supérieurs une énergie spéciale, mise en action par toutes les influences extérieures. C'est peutêtre encore à cette énergie nouvelle de la vie que l'on pourra avoir recours pour expliquer cts phénomènes,

La preuve que l'on accepte implicitement l'existence de cette force qui circule dans l'organisme et s'accumule sur les points où elle est attirée, c'est que beaucoup d'auteurs modernes admettent que c'est une sorte àHndiiction psycho-motrice qui fait naître un mouvement chez une personne à la simple vue de ce mouvement*. M. Féré montre que la pensée a une influence sur la force motrice et inversement que le

i Bourru et Burot, La Suggestion mentale et V Action à distance des substances toxiques et médicamenteuses, Paris, 1887. (BtbUotbèque scientifique contemporaine,)

S Ch. Féré, Sensation et Mouvement^ études expérimentales de psycbomécanique, Paris, 1887.

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mouvementdes membres peut augmenter ou diminuer la pensée. Certaines observationsgénérales permettent de constater d'abord que la puissance de contraction des mains dans Tefifort instantané augmente avec la violence des passions, avec le degré de l'attention, avec la culture des facultés intellectuelles. Mais des expériences plus précises sur des sujets prédisposés chez lesquels les phénomènes nerveux sont pour ainsi dire grossis, montrent une corrélation plus étroite. L'énergie d'un mouvement semble être en rapport avec l'intensité de la représentation mentale de ce mouvement. Tout ce qui accentue l'idée, comme des essais préalables de mouvement, l'attention portée sur la main, la vue d'une personne exécutant le geste ou simplement la vue d'un objet en rotation, tout cela augmenté l'énergie de la pression mesurée sur le dynamomètre. Toutes les sensations produisent une augmentation de la puissance motrice. M. Féré fait voir que les hallucinations des hystériques hypnotisés augmentent la pression dynamométrique de la même manière que les sensations correspondantes : « Chaque fois qu'un centre cérébral entre en action, c'est tout l'organisme qui est excité... Ce n'est pas seulement le cerveau, c'est tout rêtre qui pense. » Cette excitation générale tantôt augmente seulement la tension de la force mo-

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296 TENTATIVE d'EXPLIC ATION

trice, tantôt provoque des mouvements involontaires inconscients, une sorte d'écriture automatique de notre pensée; quelquefois elle est si forte qu'elle produit rimpulsion et le spasme que le sujet ne peut arrêter.

M. Ch. Richet' serre de plus près la question et rend compte de cette force que créent et dégagent les êtres vivants. L'origine de la force, pour les cellules vivantes, qu'il s'agisse des cellules nerveuses ou des cellules musculaires^ est vraisemblablement d'origine chimique. Cela établit une analogie complète entre les cellules vivantes et les corps explosifs. Si donc la cellule peut à un moment donné dégager une grande quantité d'énergie, c'est qu'il se fait dans son intimité des dédoublements chimiques rapides qui entraînent un phénomène de mouvement ou d'innervation.

Ainsi la vie est une fonction chimique, et la force dégagée par les êtres vivants est une force d'origine chimique. La conclusion mérite d'être signalée. « Le système nerveux central peut être appelé un appareil d'énergie latente, et cela à deux points de vue : d'abord parce que toutes les excitations antérieures qui l'ont ébranlé s'y sont définitivement accumulées. Tout ce qui a été vu, entendu, exécuté par

* Ch. Klchet, Essai de psychologie générale ^ p. 189.

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nous, tout cela est resté en nous à Tétat d'image, avec une intensité presque égale à celle de l'image primitive. Ensuite parce que l'appareil intellectuel de l'homme, avec cette prodigieuse mémoire, cette faculté d'idéation, de généralisation et de conscience, est le résultat des efforts lents et patients de la nature pendant des milliers de milliers de siècles. »

11 n'est donc pas illogique d'admettre queTorigine chimique de cette force est dans le muscle, que cette force ainsi produite circule, à la façon de l'électricité, le long des nerfs comme conducteurs, s'accumule dans les centres nerveux. Cette force, mise en action par une excitation spéciale, va faire vibrer les cellules qui ont emmagasiné les idées, les images^ les émotions et les mouvements. Suivant le sens de la vibration, l'explosion finale sera définie.

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