‹ Variations de la personnalitéChapitre 8 sur 26 · DEROULEMENT SPONTANE OU PROVOQUE · texte numérisé non relu

DEROULEMENT SPONTANE OU PROVOQUE

lis it se modifie tout à coup, les contractures ont iru : m J'apprendrai à travailler la vigne cbe^ M. Pas- (il est à la colonie pénitentiaire de Saint-Urbain) ; ingérai des raisins. » Il arrive à la vigne, marche 3é. range des sarments puis jette un cri effroyable, ble de tout le corps :« La vipère ! la vipère ! crieelle me mord. »

1 spasme s'empare de tout son être, il a la crise ptiforme amenée par la frayeur- de la vipère. 1 bout de quelques minutes, la scène change.

est repris de spasme dans tout le corps, avec ulsions portant sur le côté droit; sa voix est lurs enfantine; il a déchiré son pantalon en mart, il dit qu'il ne peut plus marcher ; il a mal aux jambes (il est à Saint-Urbain en 1877). Il vou-

sortir du lit, pleure parce qu'il ne peut jouer ses petits amis. Le médecin ne peut le guérirf a dix-neuf mois qu'il a mal à la jambe, il a at-

mal aux jambes en travaillant la vigne. » It est )légique sans contracture.

. . reste cinq minutes dans une sorte d'état d'halation, puis s'écrie qu'il ne veut pas aller àSaintr. La voiture vient le chercher pour l'y con- . Scène de désespoir ! « Gardez-moi, Madame nier! j'ai là tous mes petits amis ! » 11 arrive sans î à Saint-Dizier : « Que c'est grand, Sainl-Di:{ier ! »

d'états successifs de personnalité gy

Conversation ensuite avec M. Camuset. Il est à l'asile de Bonneval, il apprend le métier de tailleur, il est paraplégique (premier état de Bonneval). De nouveaux spasmes se succèdent, qui durent plus d'un quart d'heure. V... n'a plus de paralysie des jambes. Il se croit à Saint-Urbain, il est heureux d'être chez M . Pasquier.

Il se trouve ensuite à Bonneval, il a eu une. paralysie de la jambe gauche; il parle de M. Camuset (deuxième état de Bonneval). Sa paralysie disparaît tout à coup, il vient de s'évader, on le rattrape, il est très malheureux (troisième état de Bonneval). Il en. part, il est fier d'être en chemin de fer avec la grande jument noire (la locomotive sans doute). Il se rend à Chartres, veut voir sa mère, il la voit.

Il est alors pris de crises nouvelles, revient à l'état de Luysan décrit plus haut.

Puis sorti de cet état, il se plaint de sa mère. Il va à Mâcon ; il monte en voiture, se place à Senozan chez un jardinier.

Après une série de spasmes, sa jambe gauche reste en extension, sa tête est fléchie sur Tépaule gauche. Ilest à f hospice de Mâcon, Puis il se lamente, ne veut pas s'en aller avec les fous, gesticule, est dans une sorte de stupeur hallucinatoire.

Tout à coup, il s'indigne contre une sœur : « Tu

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m'as f... des vésicatoires ! » fait le geste de les arracher, s'indigne contre M. Lacuire; il a mal à la jambe droite qui est à Tétat de paralysie flasque (premier état de Tasile de Bourg). Quelques minutes après, des convulsions nouvelles surviennent et V... devient hémiplégique du côté gauche, face non comprise. 11 est toujours à Bourg dans le service de M. Lacuire avec lequel il a de vives discussions (deuxième état de Bourg).

La paralysie gauche disparaît peu à peu. Il se trouve à Paris, il est joyeux, ingambe, a le langage des gamins de Paris. 11 se rend à TOpéra-Comique, va siffler M"* Van Zandt ; il siffle, crie, trépigne, est pris de strangurie, crie qu'il ne veut pas aller à Bicêtre, devient hémiplégique à gauche, s'emporte contre M. Besançon, interne du service de M. Voisin; il est à Bicêtre (premier état de Bicêtre).

Un transfert s'effectue etV..., qui est toujours à Bicêtre, devient paralysé du côté droit (deuxième état de Bicêtre).

Cette paralysie s'évanouit; mais après une scène d'une grande violence, pendant laquelle il veut tuer un sergent avec sa baïonnette, il redevient hémiplégique du côté droit. Son hémiplégie est incomplète. // est à Rocheforty prononce des gros mots, traîne la jambe, parle de M. Berjon, l'insulte, etc.

d'états successifs de personnalité 97

Enfin son hémiplégiedroitedisparaîtcomplètement ; il est à la Rochelle, à Tasile de Lafond, où il reprend conscience vers 5 heures du matin ; il demande à boire, il est harassé et désire se reposer.

On pourrait reproduire les différentes crises pendant lesquelles V... a déroulé ses personnalités diverses, cela présenterait peu d'intérêt. 11 suffira de dire que les scènes qui viennent d'être décrites se reproduisaient toujours avec les mêmes phénomènes psychiques et somatiques. Tantôt le déroulement commençait à répoque de son enfance et suivait alors un cours régulier comme précédemment; tantôt, au contraire, ce déroulement commençait à une phase plus avancée de sa vie, reproduisait à divers reprises les mêmes périodes de son existence, mais en général on y retrouvait les phases principales, Saint-Urbain, Bonneval, Bicêtre et Rochefort, avec leur cortège symptomatique habituel.

Il n*est pas sans intérêt de noter, qu'à des dates différentes, pendant son séjour à l'asile de Lafond, V. . . s'est retrouvé durant un temps assez long comme fixé à des périodes anciennes de son existence.

Ainsi le 10 octobre 1885, à l'asile de Lafond, après une grande crise, V... reste pendant un jour en état d'hémiplégie droite. 11 se croit à Rochefort. Une autre crise s'empare de lui et le ramène à la Rochelle. Un

Bourru et Burot, Var. de la personne 7

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autre jour, à la suite d'une grande attaque, il reste paralysé des deux jambes, se trouve à Bonneval pendant treize heures,et ne reprend conscience à Lafond qu'après une nouvelle série de crises. D'ailleurs, dans ces déroulements divers, V... soit mécaniquement, soit par une sorte d'autosuggestion, répète les actes qui lui ont été suggérés et M. Mabillea publié à diverses reprises le récit de crises du malade pendant lesquelles il reproduisit spontanément avec succès les hémorrhagies cutanées qu'on lui avait suggérées quelque temps auparavant.

2° Déroulements provoqués de personnalité, — Profitant de l'extrême hyperexcitabilité neuro-musculaire du sujet, M. Mabille, par l'excitation directe des muscles et des tendons, provoque une contracture systématique correspondant à un état déterminé; ainsi, pressant les tendons des jambes et des genoux, il met en contracture les membres inférieurs; aussitôt les zones sensibles et anesthésiques changent de distribution; la personnalité se transporte à l'époque de la vie où existait cette contracture; la mémoire est limitée au temps qu'elle a duré, en un mot, tout est identique à ce qui a été décrit au quatrième état : paraplégie, état de BonnevaL

Par un procédé analogue, M. Mabille contracturant la jambe droite seule, le transporte à Bourg. Et ainsi des autres. C'est en effet en se servant de ce procédé que

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le hasard lui avait fait découvrir (ce qui, soit dit en passant, élimine l'idée d'une suggestion involontaire de sa part), qu'il a constaté les phénomènes que nous . allons décrire. Après avoir par la pression des tendons rotuliens produit la contracture des deux jambes et amené l'état dit de Bonneval, il s'attendait comme d'habitude à voir V... revenir à son état de conscience normal, quand il observa ce qui suit :

La contracture disparaît et V... se réveille paralysé de la jambe; il est à Bourg (deuxième état de Bourg). Il donne les renseignements correspondant à cet état de personnalité, état décrit trop souvent plus haut pour que nous en donnions une relation nouvelle. Puis au bout de cinq minutes il reprend conscience à la Rochelle.

Un autre jour, la pression des tendons provoqua l'hémiplégie avec Thémianesthésie droite; V... se trouve à Bicêtre dans le service de M. J. Voisin, (deuxième état de Bicêtre). On le paralyse dé la jambe droite et il se trouve à Bourg. Puis quelques minutes après, on le rend paraplégique, et il est à Bonneval. Spontanément alors il n'a plus bientôt ni paralysie ni anesthésie, il est à Saint-Urbain. Passant ensuite par l'état de Rochefort (hémiplégie et hemianesthésie droites), il finit par reprendre conscience à la Rochelle.

♦Si

lOO DEROULEMENT SPONTANE

Des modifications analogues ments de personnalité, se pr( reprises, soit sous l'influence d' nalité suggérée, soit sous l'influi sique (aimant, fer doux, etc.).

M. J. Voisin, au mois de jan' sur V... un changement d'éta trouve à Bicêtre depuis le mois on n'avait rien remarqué de spt avaient été seulement notées p; mois de janvier i884aétémarq série de crises terribles qui 17 avril; à cette date, V... se dire, d'un long sommeil.

M. J. Voisin a fait à la Soci gique^ une première relation di personnalité de V... (Louis). I sard, cette communication aval où l'un de nous rendait compte .

nos observations.

' Archives de iKHro/t^if, septembre [8Sj.

D ETATS SUCCESSIFS Dl

Nous allons résumer cette c mettre en parallèle avec la nôtn a faite plus tard.

« Le malade, dit M. J. Voisi nir des renseignements sur o vie dont le souvenir lui échapp

« Ses certificats d'entrée i disent qu'il a été arrêté et con représentent comme atteint i avec épilepsie. Il est mis dans et reprend son métier de taillei vier 1884, ses attaques sont as seulement par les surveillants, ne ressembleraient pas aux al haut-mal.

« Le ij janvier 1884, à 8 prend une crise plus violente plaint d'un point de côté à gai tant ce jour-là et les suivants ie sent oppressé et rend, en to quantité d'un sang rouge bien festement des voies respiratoir l'infirmerie de la section.

« Le 20, à la visite, nous tr îur son lit, en proie à une an R. 45. La voix est entrecoupét

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