III. — L'EXAMEN LABYRINTHIQUE
Actuellement, l'examen vestibulaire tient en séméiologie une place de plus en plus grande, il est souvent réclamé en otologie pour la fonction de l'équilibre, mais il est aussi de plus en plus le complément nécessaire d’un examen reurologique. En effet, il n’interroge pas que l'appareil périphérique de l’équilibre, mais aussi l’état des voies vestibulaires, vestibulocérébelleuses et vestibulo-corticales. |
L’oreille interne a une double fonction : une fonction d’audition (cochléaire) et une fonction d'équilibre (vestibulaire). L'examen fonctionnel, dit examen labyrinthique, permet de juger de son atteinte. Nous interrogeons séparément la fonction cochléaire (labyrinthe antérieur ou limaçon) et la fonction vestibulaire (labyrinthe postérieur, canaux semi-circulaires, appareil otolithique).
L'examen vestibulaire s'impose, non seulement quand les phénomènes cochléaires font supposer l'existence de lésions labyrinthiques (surdité de perception), mais toutes les fois que se manifestent des troubles de l'équilibre statique et dynamique, ainsi que comme complément de tout examen neurologique.
Chaque fois que les sujets peuvent les supporter, nous pratiquons la série des examens suivants, après des intervalles de repos suffisants et même en plusieurs séances, qui permettent de les réaliser dans des conditions physiologiques identiques :
Nous commencons par un examen rapide de la fonction cochléaire, portant sur :
La perception crânienne La perception aérienne à l’aide d’une montre étalonnée.
Pepe CE
La recherche du Rinne La latéralisation du Weber à l’aide d’un diapason (128).
Si cet examen rapide montre que l’appareil cochléaire est lésé, nous pratiquons un examen audiométrique.
Puis nous pratiquons un examen de la fonction vestibulaire :
— À l'interrogatoire, nous notons les troubles fonctionnels indiqués par le malaade :
— Vertiges, dont il faut bien faire préciser les caractères : sensation de-déplacement dans un des trois plans de l’espace, soit des objets environnants par rapport au sujet, soit du sujet lui-même par rapport aux objets. Cette sensation doit survenir par crises, pouvant apparaître brusquement mais devant disparaître progressivement. Elle doit être provoquée ou exagérée par des mouvements brusques ou certaines positions de la tête. Elle doit s’exagérer avec le regard dirigé dans la direction du nystagmus. C’est une sensation subjective beaucoup plus qu’un trouble objectif de déséquilibre.
— Nystagmus : manifestation à peu près constante de l’atteinte vestibulaire qui consiste en tremblements associés des deux globes oculaires, constitués par une secousse lente ou déviation tonique, suivie d’une secousse brève de rappel, de direction opposée (nystagmus à ressort). Le plan du nystagmus peut être horizontal, rotatoire ou vertical. Il est en général variable d’après la position de la tête. Les secousses nystagmiques sont en outre exagérées par la vision en regard oblique. : t
— Vomissements et nausées, qui accompagnent fréquemment la sensation de vertiges.
— Déséquilibre.
— Puis nous lui faisons subir les épreuves stato-cinétiques qui peuvent nous montrer des troubles de l’équilibre :
— Déviation spontanée :
de la tête;
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du membre supérieur (épreuve des bras tendus); de l’index (épreuve de l'indication).
— Station debout : yeux ouverts puis yeux fermés sur deux pieds (épreuve de Romberg) ; sur un pied; un pied devant l’autre.
La tendance à la chute se fait dans le sens opposé au nystagmus, c’est-à-dire dans le sens de la secousse lente.
— Marche en avant et en arrière; yeux ouverts puis yeux bandés, entre deux points fixés d'avance (marche en étoile de Babinski et Weil), qui n’établit que l'inégalité fonctionnelle des deux labyrinthes.
— Puis les épreuves nystagmiques :
— Rotatoires : qui consistent à faire tourner le sujet assis sur un fauteuil spécial à une vitesse telle qu’il exécute 10 tours en 20”, suivis d’un arrêt brusque. La tête du sujet étant inclinée en avant de 30° et celui-ci fermant les yeux. Ce, dans le sens des aiguilles d’une montre (sens positif), qui provoque surtout l’irritation du labyrinthe gauche avec nystagmus gauche. Puis, dans le sens opposé (sens négatif), qui provoque l’irritation du labyrinthe droit avec nystagmus droit. Ce, après un repos de 10’ à 15’. Ces épreuves déterminent normalement un nystagmus qui dure environ de 20” à 40”. L’excitation labyrinthique est due à ce fait, qu’à l’arrêt, l’endolymphe, continuant le mouvement de rotation, excite les cellules sensorielles au niveau des ampoules des canaux semi-circulaires situés dans le plan de rotation. è
— Caloriques (BARANY), qui agi-sent aussi par production d’un mouvement endo-lymphatique, mais les conceptions varient pour préciser le mécanisme intime de. ce mouvement endo-lymphatique.
BARANY admet une théorie purement physique : il y a refroidissement ou réchauffement de la paroi interne du labyrinthe, d’où mouvement endo-lymphatique descendant ou ascendant.