‹ Variations quotidiennes des tensions artérielle et artério-capillaireChapitre 22 sur 49 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

Nous avons déjà bien spécifié la catégorie de malades chez lesquels nous avons entrepris de mesurer quotidiennement les diverses tensions. Il importe également de dire très exactement dans quelles conditions nous nous sommes placé pour évaluer ces tensions. Des facteurs de tous ordres interviennent en effet pour modifier par eux seuls le résultat; ce qui explique le peu de valeur qu'il faut attribuer au fait d'apprendre d’un malade qu’à un examen

antérieur on lui a trouvé telle ou telle tension.

Conditions générales des sujets.

1° Condition de Lempérature extérieure. — Tous nos malades ont été examinés dans des salles où régnait une chaleur modérée, 16° à 18°. On sail en effel l’importance du degré de température dans l'évaluation de la tension artério-capillaire. « Bien que la radiation calorique

soit faible à la main, la grande surface par rapport au vo-

lume est cependant une cause puissante de rayonnement de la chaleur. L'éloignement du cœur, l'impressionnabilité aux excitations périphériques du système vaso-moteur expliquent également que la circulation, dans les extrémités de certains sujets, soit pour ainsi dire à la merci des changements de température du milieu ambiant. M. Bouloumié a trouvé chez les mèmes malades dans les mêmes conditions des variations de 3° sous l'influence du froid.

Nous avons toujours recommandé à nos malades de respirer régulièrement et tranquillement. L'irrégularité des mouvements respiratoires n'est pas en effet sans influence sur la tension artérielle. D’après TiGERSTEDT, «€ pendant une respiration tranquille et superficielle la pression sanguine ne varie pas. Avec une respiration plus accentuée et plus rapide, la pression s'élève durant l'expiration et s’abaisse durant l'inspiration ; tandis qu'avec une respiration plus profonde et plus lente, la pression maxima coïncide avec le début de lexpiration, et la pression minima avec le début de l'inspiration. Dans ce dernier cas, la fréquence du pouls augmente aussi pendant l'inspiration. »

2° Moment de l'examen. — Toutes les pressions furent mesurées le matin, entre 9 heures et 11 heures et demie, chez des malades à jeun, le déjeuner n'étant servi aux malades qu'après l'examen de leurs tensions. C’est, en eflet, le matin avant le lever que la tension est la moins élevée et le repas modifie généralement la tension arté-

rielle, très exceptionnellement l’abaissant (BouLoumié,

— b3 — PorTaIx) ordinairement l'élevant (BLocH, CHÉRON, DE FLEU- RY).

Les malades maintenus au repos complet au lit ne se livraient dans la matinée à aucun travail de lecture ou autre. Il résulte, en effet. des recherches de Goldwater qu'après une discussion on peut noter des äscensions notables dé la tension artérielle ; la pression systolique pouvant äuginenter de 20 millimètres, et la pression diastolique de 5 millimètres. Et l’on sait que les mouvemerits peuvent modifier l’état dé la tension artérielle, les diminuant pour les uns (HucHarD, CaurRü, BLocu), l’augmentant pour les autres (BouLoümié, BiNET él Courtier, Hizz et Bar- NARD): et qu'un travail intellectuel actif n’est également pas sans action sur la tension ärtério-capillaire qu'il élève d'ordinaire.

3° Position du malade. — Tous nos malades furent examinés ef position horizontale, les bras étendus le long du corps, reposant sur lé plan du lit.

Il existe, en effet, des différences sensibles entre les chiffres exprimant la ténsion d’un même sujet debout ou assis. Les pressions les plus élevées correspondant à la position debout, les plus basses à la position horizontale. Les variations pouvant être de 1° à 1050 de mér-

cure.

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Recherche de la tension maxima.

Le malade étant couché, les membres en résolution musculaire aussi complète que possible, l’avant-bras droit est placé horizontalement dans la demi-pronation, la main pendante vers le bord eubital.

Le manomètre est placé sur la poitrine du malade, sous l'œil de l'observateur.

Appliquer l'ampoule {dans laquelle on a comprimé l'air sous une pression de 5 millimètres de Hg.) par sa partie mince, exactement sur la partie inférieure de l'artère radiale, le tube étant dirigé vers le haut, le pôle inférieur laissant entre lui et l'interligne radio-carpien un espace de deux doigts environ. Placer la face inférieure de l'index gauche sur la paroi de l'ampoule opposée à celle qui est en contact avec la peau, et le pouce sur la face dorsale du radius, pour former pince et écraser ainsi l’ampoule en la déprimant régulièrement.

Appliquer l'index et le médius de la main ‘droite immédiatement au-dessous de lampoule, le médius appuyant fortement sur l'artère pour éviter l'ondée récurrente venue

de l’arcade palmaire qui peut, si l’on néglige de prendre

cêtte précaution, fausser le résultat. L’index peutsentirtrès-

distinctement les battements de l'artère.

On exerce alors sur l'index gauche une pression lente,

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graduelle, sur l’ampoule, jusqu'à ce que les battements de la radiale cessent d'être perçus par l'index droit. À ce moment précis, on note l'indication donnée par le manomètre.

IL faut éviter de se laisser influencer. C’est là le gros écueil. Le seul moyen efficace est, soit de fermer les yeux pendant l'examen et de ne les ouvrir que lorsque l’on constate l'abolition de la pulsation ; soit, si la chose est possible, d'indiquer ce moment précis à un aide qui surveille le manomètre dérobé aux regards de l'opérateur.

Il faut savoir apprécier exactement le moment de la disparition des pulsations. Pour cela, l'index droit, qui doit. être tout à fait indépendant du médius, lequel appuie toujours fortement sur l'artère, sera appliqué d’une façon graduelle et avec douceur, ni trop fort, car il fait disparaitre ainsi toute perception des battements avant que ceux-ci aient cessé du fait de la compression par la pelote ; ni pas assez, car les battements cesseraient alors d’être perçus avant que la compression de l'artère soit complète.

ILest bon de pratiquer plusieurs essais.

1° On exerce une pression lente et progressive sur l’ampoule jusqu'à ce que le pouls disparaisse. Au moment où l'opération touche à sa fin, on peut noter quelques pulsations notablement plus fortes que les précédentes, puis, presque immédiatement après, l'arrêt de la circulation dans l'artère ; mais quelques pulsations persistent encore, et il est nécessaire de comprimer encore un peu pour ob-

. AMBLARD 1)

tenir la disparition complète de la pulsation. On note alors le chiffre indiqué, à ce moment précis, par l’aiguille du manomètre.

2° On comprime suffisamment d’un seul coup l’ampoule, pour oblitérer le canal de l'artèretet supprimer toute pulsation ; puis on décomprime progressivement et on note le moment précis où une nouvelle pulsation est ressentie. C'est ce procédé qu’emploient Bascx, HirscH, HENSEN.

Nous avons employé les deux procédés, pour chaque prise de lension, en nous arrètant à un chiffre moyen entre celui fourni par le premier, qui correspond au moment précis où la pulsation disparait et qui est généralement trop élevé, et celui fourni par le second, qui correspond à la réapparition des pulsations, et qui est ordinairement un peu trop faible.

Il est certain que la compression par une action réflexe vaso-motrice peut, surtout prolongée, élever de 15 à 20 millimètres la pression générale. Aussi devra-t-on faire

des lectures rapides.

Recherche de la tension artério-capillaire.

a) Les robinets du sphygmotonomètre étant disposés de façon convenable, c’est-à-dire tous ouverts, sauf celui qui conduit à ampoule, on place dans le doigtier de caoutchoue le doigt qui correspond le mieux à son calibre ; ni trop lâche

ni trop serré, car dans ce dernier cas, il gène le retour de

Dar

la circulation, et le chiffre de tension obtenu est inférieur au chiffre réel, et varie d'une épreuve à l'autre.

b) On anémie l'extrémité du doigt à l’aide d’un tube de caoutchouc roulé autour de la dernière phalange, etremonlant progressivement vers la racine du doigt. Pour ce faire, «le doigt étant engagé dans l’anneau, l'opérateur applique et maintient sur l'anneau avec l'index gauche, une extrémité du tube, tandis que le pouce et le médius maintiennent l'anneau et le doigt, et que de l’autre main, il tient et étire le-tube, pour venir l'appliquer, ainsi tendu, aussi près que possible de l'extrémité inférieure du doigt à anémier, et par une série de spirales très rapprochées, presque circulaires, recouvrir en remontant toute la partie inférieure du doigt dépassant l'anneau » (BouLoumié).

c) On amène le doigtier sur la deuxième phalange, dans sa partie moyenne, aussi près que possible de l'extrémité du doigt, au point où les arlères digitales se divisent en leurs plus fins ramuscules, en ayant soin de ne pas le placer à cheval sur un ‘interligne articulaire.

d) Presser sur la poire de telle façon que la pression ainsi déterminée dans le doiglier amène l'aiguille au chiffre 25 du cadran manométrique.

e) Maintenant la tension à ce chiffre de 25”, on débarrasse le doigt du tube enroulé, ce qui est très aisé. L’extrémité du doigt apparaît alors d’une pâleur cireuse qui contraste nettement avec la coloration des doigts voisins. Il va falloir surveiller attentivement le manomètre et la

phalange anémiée, pour noter le moment précis de la

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ENS Ve

réapparition de la coloration rose due au retour du sang que la décompression graduelle va permettre’.

{ On décomprime lentement. Il faut que l'opération soit lente et régulière. On saisira la poire à pleine main,-les quatre derniers doigts en-dessous reposant sur le plan résistant formé par le lit du malade, le dos de la main en dessus, de manière que la poire « soit saisie comme dans un étau entre les quatre derniers doigts d’une part, la peau de la main et l'éminence thénar d'autre part. » On défléchit lentement les doigts. La rapidité de la décompression doit être de 5 millimètres toutes les 10 secondes. Avec un peu d habitude on arrive très facilement à ce résultat sans le secours d'une montre.

g) On note le moment précis où le doigt prend une coloration franchement rose. Ce point, qui correspond généralement à une sensation spéciale accusée par le malade est

d'ordinaire très facile à apprécier d'une façon exacte.

Recherche de la tension moyenne à l'aide de sphygmomètre de Hill et Barnard.

a) Le manomètre, ayant été mis en connexion avec l’appareil compresseur et le bracelet. est placé sur le plan du lit, à côté du malade. Le bracelet est fixé aussi exactement que possible autour du bras, juste au-dessus du

coude.

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b) Elever à l’aide de la pompe la pression jusqu'à ce que l'aiguille commence à osciller. Continuer à élever la pression jusqu'à ce que l'oscillation disparaisse, ou devienne moins apparente. Noter, au cours de cette opération, le point où l'oscillation est le plus marquée: il indique la tension moyenne.

Dans le cas où l'oscillation maxima ne peut être précisée absolument en un point exact, on notera les deux points maxima et minima. où l’oscillation est la plus forte, ef on prendra la moyenne entre ces deux points.

e) Dévisser un les joints: laisser tomber la lension et élever le bras, La circulation se rétablit facilement. Cette pratique est nécessaire pour éviter la sensation de désagréable fourmillement qui résulte de la compression.

Les lectures peuvent êlre répétées, mais faites rapidement. Le bras sera toujours placé sensiblement à la hauteur du cœur, en état de résolution musculaire aussi complète que possible. La présence autour du bras d'une che-

mise, ou d’un vêtement léger, ne gène pas la lecture,

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