‹ Variations quotidiennes des tensions artérielle et artério-capillaireChapitre 48 sur 49 · RASE · texte numérisé non relu

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la pression reste toujours (très élevée dans l'artère et les chiffres de la tension systolique maxima et de la tension . diastolique minima sont très rapprochés.

Si la pression vasculaire étant très élevée, le chiffre de tension systolique, bien qu'anormal, est légèrement séparé par un écart assez considérable du chiffre de la tension moyenne, on aura une preuve de ce que l’élasticité de la paroi artérielle entre notablement en jeu.

Conime conclusion : lorsque chez un hypertendu habituel. une chute légère de la tension systolique ne s’accompagne pas d’une chute parallèle, ou supérieure, de la tension moyenne, on peut en conclure que les lésions vasculaires sont profondes et avancées : el, au contraire, alors même que la pression est élevée, un écart marqué de la tension systolique ei de la tension moyenne est un élé-

ment de pronostic favorable.

Étude comparée des modifications apportées par le régime dans l’état général dés malades et l’état de

leur tension artérielle.

Après avoir noté les modifications de la tension sous l'influence du régime lacto-végétarien hypochloruré, il est intéressant d'étudier les changements apportés par ce même régime dans l’état général des malades,

Exception faite des trois cas terminés par la mort, où la

profonde déchéance cardiaque artérielle et rénale rendait

impossible tout espoir d'amélioration, même momentanée, - il n’est pas un seul des autres malades chez qui nous n’ayons obtenu d'excellents résultats, au point 'de vue de l'amélioration dé l’état général et de la disparition des trois symptômes principaux : œdème, dyspnée, insomnie.

Dans tous lés cas la dyspnée disparut dans un délai variant de deux à cinq jours. Pas une seule fois elle ne résista au régime lacté, et l’insomnie, qu'elle contribue à entretenir, fit place à un sommeil réparateur. Les œdèmes diminuèrent également pour disparaitre dans la suite. Le retour de l'appétit vint s'ajouter à l'amélioration obtenue.

Donc, si nous comparons entre eux les résultats au double point de vue abaissement de la tension et disparition dés autres troubles : dyspnée, insomnie, œdème, nous voyons qu'en général il y à concordance entre la chute de la tension et la disparition de ces derniers symptômes. C’est là, semble-t-il, le cas le plus fréquent, la règle, lorsque l’affection est à son début, à la période de présclérose. Mais lorsque les altérations vasculaires sont plus avancées, lorsque l’imperméabilité rénale est plus accentuée, le parallélisme est détruit. Dyspnée, œdème, insomnie, peuvent s’atténuer, disparaître, et les tensions rester élevées, ou s’abaisser de façon insignifiante. Cette dissoclation est remarquablement marquée chez les malades des observations II et XI, qui, entrés à l'hôpital dans un

état lamentable, sortirent considérablement améliorés, bien

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qu'aucun abaissement durable de leurs tensions artérielles toujours très élevées n'ait pu être obtenu.

A ce sujet, deux de nos obsérvations (Obs. VIT et XII) sont particulièrement intéressantes. Les malades qu’elles visent furent l’objet d’une surveillance constante, toute tricherie de leur part, dans le but de mélanger du chlorure de sodium à leur nourriture hypochlorurée, étant rendue impossible par l’examen quotidien des urines. L'épreuve du régime chloruré, tentée chez eux au cours du traitement, fut des plus concluantes.

Chez l’un d'eux (Obs. XI1), la tension d’abord très abaissée par le régime déchloruré remonta peu à peu. La dyspnée, dont la disparition avait coïncidé avec la chute de la tension artérielle, reparut. Malgré nos avis répétés, et trompant toute surveillance, le malade ajoutait du sel à ses aliments ; le dosage des chlorures de l’urine en étant la preuve évidente, qui révéla l'élimination de 16 grammes de chlorure par vingt-quatre heures.

Dix grammes de chlorure de sodium furent alors donnés au malade pendant deux jours consécutifs. Aussitôt la tension systolique passa de 20 à 30; la tension artériocapillaire, de 13 à 16 ; la tension moyenne, de 150 à 185, pour retomber dans la suite, après suppression complète et vérifiée du sel de l'alimentation.

Une deuxième tentative de chloruration s’accompagna immédiatement d’une ascension de la tension el de la réapparition de la dyspnée. La tension systolique, de 18

passa successivement à 24, puis à 28 ; la tension artério-

ET pes

capillaire, de 14 à 19: la tension moyenne, de 150 à 175, puis à 200.

La reprise de l'alimentation déchlorurée détermina une nouvelle chute de la tension, une nouvelle disparition des accidents dyspnéiques.

Chez l'autre malade (Obs. VID, sous l'influence du régime spécial, la tension systolique était tombée de 26 à 13; la tension artério-eapillaire, de 17 à 10: la tension moyenne, de 200 à 165. La dyspnée, très intense au début, était disparue.

L'institution d’un régime chloruré et carné amena la réapparition de crises dyspnéiques très violentes, et l'élévation de la tension vasculaire ; la tension systolique progressa jusqu à atteindre 25, la tension artério-capillaire, de 10 passa à 15; la tension moyenne remonta jusqu'à 185.

Le régime déchloruré fut alors rétabli. Très rapidement la lension s’abaissa, mais la dyspnée persista, pour ne cesser qu'après l'administration du régime lacté exclusif, nous confirmant dans notre opinion qu'au début du lraitement, il est préférable d’ordonner le régime lacté jusqu'à cessation des accidents dyspnéiques, contre lesquels le régime déchloruré donne des résultats moins satisfaisants.

Ainsi, dans les cardiopathies artérielles, deux dangers menacent les malades :

1° L’Aypertension artérielle habituelle, qui détermine,

ou out au moins contribue à entretenir les lésions des

tuniques artérielles, et peut par elle seule constituer un danger immédiat (rupture d’anévrysme, hémorrhagie cérébrale, œdème du poumon) ;

20 L'intoxication, le phénomène fondamental dù à une double cause :

a) L'apport de poisons exogènes à la faveur d’une alimentation défectueuse.

b) L’insuffisance d'élimination de ces poisons exogènes et endogènes, due à l’aitération progressive des reins : «la maladie commençant dans l’intoxication, continuant dans l’intoxication, finissant dans l'intoxication » (Hu- CHARD).

En combattant l’intoxication par l'institution d’un régime lacto-végétarien hypochloruré, et l'administration de médicaments diurétiques (théobromine, lactose, eaux de Vittel ou d'Évian), on combat en même temps l'hypertension artérielle et ses conséquences. On procure au malade un double bénéfice : immédiat, en supprimant la dyspnée ; lointain, en retardant l’aggravation de la sclérose vasculaire.

Mais, quel qu'important que soit le rôle de l’hypertension dans la genèse et l’évolution des cardiopathies artérielles, quelque grand intérêt que puisse présenter sa constatalion, à un moment où les lésions vasculaires évoluant silenciéusement, l'affection ne se traduit que par des symptômes fonctionnels trop peu inquiétants pour alarmer le malade, il faudra cependant se garder de considérer l’abaissement de tension, obtenue par un traitement,

- AMBLARD $ : 9

comme la mesure des bénéfices retirés de ce traitement par le malade. Une chute rapide de la tension, coïncidant avec une disparition également rapide des accidents toxiques. seront les éléments d’un pronostic favorable. Mais, la tension demeure-t-elle élevée, il ne s’ensuit pas que l’on doive conclure à un échec, que les affirmations du malade, soulagé de souffrances pénibles” viendraient démentir.

CONCLUSIONS ; L. — Une impression déterminée peut tantôt élever, tan-

tôt abaïsser la pression artérielle, tantôt la laisser sans modifications. La pression elle-même semble être le résultatinstable d'éléments divers qui se font équilibre : énergie du cœur, masse sanguine, état'des parois artérielles, résistance périphérique. Une cause perturbatrice peut, en modifiant un ou plusieurs de ces éléments, déterminer des conséquences qui tantôt s’éliminent, tantôt s'ajoutent. De telle sorte que l'on ne peut se rendre compte des modifications apportées par un régime à l’état des pressions artérielle ou artério-capillaire, que par une étude prolongée et quotidienne de la tension ; il est aussi nécessaire, pour éliminer dans la mesure du possible toutes les circonstances qui en dehors du régime peuvent l'influencer, de pratiquer l’examen de la pression dans des conditions absolument identiques d'heure, de position, de tempéra-

ture, de repos, etc., Ctc.

IL. — Pour arriver à des résultats sérieux et réellement scientifiques, il est indispensable de remplacer l'étude des modifications d'une seule variété de tension, par celle des trois Lensions artérielles : systolique ou maxima ; artérielle moyenne ; artério-capillaire. Les variations comparées de ces diverses tensions pouvant en outre fournir les renseignements sur l’état de Fapppreil cardio-vasculaire du malade.

II. — La tension systolique est mobile ; mobile dans son évaluation d'ensemble : étant susceptible d’être abaissée d’une dizaine de degrés ; mobile dans son évaluation journalière : les écarts d'un jour à l'autre se chiffrant parfois par 7 degrés.

IV.— La tension moyenne est de beaucoup la plus stable. Elle présente généralement des écarts peu sensibles, d’un jour à l’autre, et du commencement à la fin du traitement. Elle s'élève, s'abaisse de façon progressive et graduelle.

Dans la pratique, lorqu'on ne peut noter quotidiennement les tensions, il est donc préférable, pour vérifier les résultals obtenus, d'employer la recherche de la tension moyenne. | |

V. — La tension artério-capillaire est très variable dans son ensemble et d’un jour à l’autre, plus soumise à des

influences émolives thermiques, etc., elle n’est pas un guide

très sûr, et sa recherche ne saurait prétendre à donner

des renseignements aussi utiles que celle de la tension

moyenne, et même de la tension systolique.

VI -— Il est utile d'étudier comparativement la tension artérielle systolique et la tension artério-capillaire. Dans les cas où la tension systolique s’est abaissée au cours du traitement, le rapport des tensions systolique et artério-capillaire s'élève; dans le cas contraire, c’est inverse qui a lieu.

VIT. — Nos recherches ont démontré le fait suivant qui nous semble avoir une grande importance : l'étude simultanée de la tension systolique et de la tension moyenne montre que, si par suite du traitement la tension moyenne s’abaisse, alors que la tension systolique reste sensiblement au même point élevé, ou ne s’abaisse que de façon insignifiante, on est en droit de penser que l’élasticité des artères est relativement conservée, et la sclérose vasculaire encore peu accentuée.

L’abaissement du rapport de la tension moyenne à la tension systolique, au cours du traitement, est un élément de pronostic favorable.

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