Musica sacra do Toulouse, 1S98, n° 4, p
2. Et non pas 1626, comme l'a écrit fautivement J. Grison, organiste de la cathédrale de Reims, en publiant une « fantaisie » sur VAdeste.
3. Il est l'auteur du cantique, fameux encore il y a une trentaine d'années : Célébrons ce grand jour, d'après le O Richard, ô mon roi, de Grétry ; le refrain Chantons sous cette voûte antique vise la Sainte-Chapelle, où le Directoire lui avait permis de célébrer la première « première communion « qu'on eût vue depuis la Terreur. (Note du Manuel des catéchismes de l'abbé Dupanloup.)
Sans doute l'abbé Borderies, (qui devait mourir évéquc de Versailles en 1 83 2), fut-il frappé de la faible prosodie de l'/l^es/t' original ? Ce fut lui, — nous enavons pour certain le témoignage de Mgr Dupanloup, son disciple ' — qui écrivit alors les autres strophes, si bien frappées, En, grege, Aetenii, Pro uobis, qu'il popularisa à Paris, et, de là, qui se répandirent dans le reste de la France et en quelques autres pays.
Un ancien curé de Saint-Louis-d'Antin, à Paris, chanoine de la basilique de Saint-Denys sous le second Empire, l'abbé Martin de Noirlieu, se rappelait fort bien, dit un biographe -, avoir vu « inaugurer » l'usage de VAdeste fidèles dans les églises parisiennes, « où il avait été rapporté d'Angleterre par des prêtres émigrés en cette contrée pendant la Révolution, et qui l'avaient entendu chanter dans les églises catholiques de Londres. »
Au cours du xix' siècle, en Angleterre principalement, le texte original et celui de l'abbé Borderies se sont mêlés. Et, fait curieux, tandis que les catholiques anglais en sont restés au premier de ces textes, les anglicans ont adopté et ce texte primitif et les additions dues aux strophes composées par le prêtre français.
Il existe, de r^(i(?s/t', une version anglaise très populaire, écrite par le chanoine F. Oakeley (1802-1880) et chantée, sur l'air traditionnel, aussi bien par les catholiques que parles autres : [O] corne, ail j-e faitliful. Cette version correspond aux quatre strophes originales, mais on en a une version amplifiée, où, à l'œuvre de Oakeley, on a joint des strophes écrites par W. T. Brooke et quelques autres, et qui correspondent aux paroles de Borderies. Cette version amplifiée figure, en particulier,dans l'hymnaire anglican d'Oxford, publié en 1906 (n" 614), comme Processional Ii}-in)i, pour la deuxième procession du jour de Nocl ; la dernière strophe, la doxologie, Yea, Lor-d [Ergo qui natus) sert pour l'entrée au chœur, et est close par Y Amen :
Elle est suivie du y. Blessed is he hath avec le h]. God is ihe Lord..., auxquels le célébrant ajoute la « collecte » de la Vierge, « for Lady day ».