Editée par la Revue du chant grégorien
2. On les trouvera toutes deux, avec toutes les strophes, dans l'Ordin.ure des Sululs, Paris, km i.
3. Je dois connaissance de cette référence à M. le chanoine Ul. Chevalier, membre de l'Institut, à qui je suis heureux d'adresser ici l'expression de ma reconnaissance.
Un coin de la musique d'église au XVIP siècle
Le chant des Oratoriens :
Louis XIII maître de chapelle
Le Roi\ite caeli, dont la coupe musicale, — strophes avec refrain, — a peut-être inspiré celle de VAJcsle, a sûrement déterminé celle de VAtleiide (qu'on ne rencontre guère avant 1824), est, à coup sûr, parmi les pièces populaires latines chantées à l'Eglise, la plus connue et, en tout cas, l'une des plus caractéristiques de tout un groupe de mélodies religieuses provenant du répertoire de l'ancienne congrégation de l'Oratoire de France, si florissante au xvn° siècle'. Encore que la notation qu'on a pris l'habitude de donner à ces chants, et plus encore, les modifications qu'on leur a fait subir, leur prête à tous une allure « grégorienne », le vêtement « ne fait pas le moine» ; ces mélodies ne sont pas du plainchant corrompu, ou composé suivant la formule d'une époque de décadence : non. Tout comme pour les messes de Du Mont, qui s'apparentent fortement à elles, on a affaire ici à un genre de chant particulier, voulu, dont les auteurs n'ont nullement entendu imiter les mélodies grégoriennes, mais seulement s'en inspirer. C'est, comme le dit le P. Mersenne, un « art nouveau », arlem uovam, avoué, encouragé, par quoi les compositeurs de ce genre ont eu dessein de donner des formes neuves à l'expression musicale religieuse.
A la vérité, il a des ancêtres, cet art nouveau : un bon nombre de cantilènes composées vers le xv' siècle offrent déjà, toutes faites, les formules mélodiques qui fleuriront au xvii'. Tel le célèbre Tota pulchra es, Maria, franciscain. Avant de l'avoir, il y a peu d'années, découvert dans des manuscrits de la fin du moyen âge, on aurait pu
I, On pourrait peut-être aussi rapprocher ces pièces de VO filii : toutefois, si la disposition des couplets avec refrain est la même de part et d'autre, la coupe des strophes et le rythme sont très différents. Les lecteurs de cette étude me permettront de rappeler que j'ai fait l'histoire de ce cantique, et publié ses textes OTXgxmM\ à&ns Va. Tribune de Saint-Gervais, \n\, p. 82 et s. J'ai retrouvé, depuis, la mélodie, dans des livres d'heures du x\ 1' siècle ; c'est d'après eus qu'elle a été publiée dans ['Ordinaire des Saints, Paris igii.
croire sinon à une imitation, du moins à une parenté concertée avec les messes de Du Mont :
• • . Il
To-ta pulchra es, Ma- ri- a. To- ta pul-chra es, Mari- a. '.
Il n'est pas jusqu'à la sensible, disparue de l'usage presque partout, mais figurant cependant dans les originaux -, qui ne donne à cette pièce le cachet du « plain-chant musical » du xvn' :
-.fei • ''—^
Tu t;lo-ri- a Je- ru- sa- lem.
Toutefois, en des pièces de ce genre, la mélodie s'appliquait à des paroles nouvelles, chants a-liturgiques, et d'usage local et variable. Mélodie bien de son époque, et dans la forme même des chants populaires, on conçoit qu'elle ait rencontré du succès, et laissé des traces profondes dans le répertoire religieux.
J'ai plus haut parlé du Rorale. Mais ce cantique qui date, comme nous le verrons plus loin, des années 1610 à 161 6, a, lui aussi, une parenté singulière avec une curieuse lamentation populaire alors à Venise, appartenant justement à ce genre, et qu'on chantait à deux parties. Voici ceux des versets de cette lamentation, que sûrement a dû connaître l'auteur du Rorate ; je les reproduis, en les mettant en partition, d'après le beau Sacerdotale de Venise de iSgy, folio 264 et suivants^. Ce chant est en notation mesurée et, parl'elTet de la cléde/a au ténor, le sz b doit être supposé dans cette partie, comme il est noté dans le canins :
Cantus.
■ Il
Cum aulcm ve-nissent ad lo-cum, u-hi cruci
- fi-gendus erat fi- li-
us me- us.
Tciior.
lia ^ ,
sta-lu
runt e-
um in me- di- o
omnis po-pu- li :
et vesti-bus expo- li-
a- tis, nu-dum
li • *
i.Même publication.
2. Cf. Revue du clunt grégorien, xiu, iS/ ; et Rassegna gregorianci, m, 60?.
3. Je n'en connais que deux exemplaires complets, l'un appartenant à la riche collection de livres liturgiques anciens de MM. Rouart et O", éditeurs (Librairie de l'Art Catholique); l'autre dans ma bibliothèque.
Tir::^
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