P. 83 ; cf. Tribune, igoi, p
3. P. Louis Batterel, Mcmoires domestiques pour servir à l'histoire de l'Oratoire, publiés par Ingold et E. Bonnardet, Paris, Picard, 1902, 4 vol. in-S". Je souligne moinaême les passages qui nous intéressent plus spécialement.
« Or, pour leur faire goûter les divins oflices et les attirer aux exercices de la prière, M. de Bérulle crut devoir, au lieu du chant grégorien, introduire dans notre église une autre espèce de chant musical, qui tient et du chant ordinaire et de la musique. L'exécution répondit à ses intentions au delà même de son attente. Ce fut une aflîuence de toute la Cour à tous nos offices, jusque-là qu'on nous appela d'abord les Pères au beau chant. (R. Simon : Lettres critiques, t. II, lettre g".)
« Des esprits critiques voulurent à tort trouver à redire à cet usage, comme singulier et même profane, parce qu'on avait mis en ce nouveau chant les psaumes et quelques cantiques sur des airs approchant de diverses chansons communes alors. Simon, tout impitoyable censeur qu'il est, quand il s'agit de mordre sur nous, répond d<ans ses Lettres que tel a été de tout temps l'usage de l'Église, de tourner en bien les inclinations, même profanes, de ses enfants...
«... Il s'est seulement trompé en ce qu'il a fait le P. Bourgoing de Bourges, l'inventeur de cette nouvelle espèce de chant. Le P. Fardel, dans ses Mémoires manuscrits [&\i\o\iTà'hm perdus] l'attribue a.\ipremier maître de la musique du i-oi, qui était chanoine de Péronne, et qui, étant entré parmi nous dans ces premiers temps, proposa d'abord de psalmodier au chœur quelques heures de l'office, composa ensuite le chant des litanies de Jésus et de la Vierge, puis celui de nos vêpres et de nos compiles qu'on trouva si mélodieu.x, qu'encouragé par l'affluence de peuple qu'ils attiraient chez nous, il en fit sur toutes les autres parties de l'office, sur VExaudiat, sur le Rorate, le Miserere, qu'il accompagna DES DIVERSES PARTIES DE LA MUSIQUE. Ce qu'il exêcutait tant avec des iiistruments de basse, de viole, qu'avec des voix choisies, qui faisaient un chœur à la tribune, tandis que nos pères en faisaient un autre en bas avecleurchantnouveau./>a musique même du Roi s'y rendait souvent "Çiour cela, et plus souvent celle de M. le duc de Nevers, qui passait alorspour la meilleure de Paris ^ »
Tels furent donc les premiers débuts du chant de l'Oratoire -.
Quel pouvait être ce personnage musical, entré alors dans la Congrégation de l'Oratoire, et qui fut, dans la composition du nouveau chant, au témoignage même des historiens de cette communauté, le premier exécuteur des idées du cardinal de Bérulle? Rien n'en a, à ma connaissance, transpiré par ailleurs, et les historiens de la chapelle royale, les aumôniers G. Dupeyrat ^, contemporain de ces faits, et Archon ^, pas plus que Oroux"' plus tard, n'en soufflent mot. G. Dupe3'rat, cependant, nomme " quelques « sous-maîtres » de la chapelle royale