‹ Variations sur la musique d'égliseChapitre 28 sur 48 · PSALMODIE RATIO · texte numérisé non relu

PSALMODIE RATIO

AD VSVM PRESBYTERORVM

CONGREGATIONIS ORATORII.

Domini nostri Iesv Christi instituta,

in qua, quid, quoue modo tum célébrant!,

tum Choristis, aut cuilibet e choro psal-

lendum sit, subjectis regulis declaratur.

AVTHORE

P. FRANCISCO BOVRGOING,

BiTVRICENSI,

Congregationis Oratorii Domini nostri

Iesv Christi Presbytère : li domus

nostrs Parisiensis Chori Moderatore.

Ce livre est un in-8° de III feuillets et 268 pages. Des additions y furent faites, qui ne figurent pas dans tous les exemplaires connus : i°la messe

1 . Voir Lebeuf, Hist. de la ville et du diocèse de Paris, t. I, p. 40, 41, II, i58 (de l'éd. Cocheris) ; Piganioi. de la Force, Description de Paris; la Galtia christiana, t. VII, col. 574-575. , ^

2. Il serait assez curieux, si cette seconde hypothèse est exacte, que le chant de l'Oratoire, d'où dériva pour une bonne part la corruption du chant grégorien depuis cette époque, ait pris naissance sur le terrain mitoyen de celui où est maintenant établie notre Schola, vouée à la restauration de ce même chant.

des morts et les chants des funérailles, 19 pages ; 2° les lamentations des trois derniers jours de la Semaine sainte, 25 pages ; 3° les chants de diverses processions, i3 pages'.

Dans la dédicace au P. de Condren, supérieurgénéral, le P. Bourgoing explique que, depuis qu'il avait reçu l'ordre du cardinal de BéruUe de sauver de l'oubli et du silence les chants de l'Oratoire, il a voulu faire an livre à la fois complet, utile, et où de nouvelles: formes de notes indiquent avec précision la tenue de la voix. De quoi le loue le P. Mersenne, fameux musicologue : « Artem novam, & exactam Psahnodiœ canendœ... ornatam, non absqite singulari voli^ptate, qux solet oriri ex diuinorum Eloqiiiorum ad Harmonia; modos exactorum contemplatione, perlegi. » (Approbatio). Chastelain, chanoine de Paris, donnait également son approbation à l'œuvre.

C'est aux pages 16 et 1 7 que le P. Bourgoing explique son système précis de notation, dont la caractéristique est spécialement l'emploi de « semibrèves », alors dans toute leur nouveauté. L'humanisme florissait, et la tyrannie de la « quantité » mal comprise devenait une maladie. L'auteur y revient encore pages 37, 88, et ailleurs.

Le but avoué de tout cela était d'avoir un chant non seulement nouveau, pour la plupart des cas, mais « bref », éloigné de la « morose multiplicité de notes (!) usitée dans les cathédrales et même les églises paroissiales», enfin « mesuré » suivant la quantité.

Le P. Bourgoing, nous apprennent encore les Mémoires domestiques, ne resta point toute sa vie dans la Congrégation.

Son « intempérance » notoire, parait-il, mal commun aux maîtres de chapelle de ce temps, nous dit Gantez -, l'en fit sortir dès ibSg. Secorrigea-t-il rapidement, la cause faisant supprimer l'effet ? On le retrouve en effet, deux ans après, devenu confesseur des Bénédictines de Picpus, et, en 1641, il publiait un livre sur la psalmodie, qui est surtout un traité ascétique, et où Fétis avait vu, on ne sait comment, une réédition du livre de chant de l'Oratoire. Ce nouvel ouvrage de Bourgoing est intitulé : Le \ David \ François, \ ou | traité \ de la saincte psalmodie, \ contenant plusieurs advis \ ou enseignements méthodiques^ pour ceux \ qui sont applique^ par estât à chanter \ les louanges de Dieu,{}à'\b\. Nat., B. 6145).

Le Brevis psalmodiae ratio devait cependant connaître une seconde édition, mais bien plus tard, en 1753 (Paris, Claude Hérissant. — Bibl. Nat., B. 7084). Cette édition reproduit à peu près les chants de l'édition originale de Bourgoing, mais avec des additions notables, spécialement des chants pour les saluts et diverses dévotions.

I. Ces suppléments figurent :i l'exemplaire qui est dans ma bibliothèque. Celui de la Bibliothèque Nationale, cote B. 3353, ne les a pas. 3. L' Entretien des musiciens, passim.

L'influence du chant de l'Oratoire sur la liturgie des églises de France grandit de plus en plus. De notre temps, le Rorale, entré depuis un siècle dans l'usage courant, le Salve, Regiua bien connu, du v= ton', un Tantiun e?-go du même mode -, dont un « double » a formé le chant appelé maintenant « moderne », mais, par-dessus tout, des formules nouvelles pour les psaumes, voilà, en gros, la place des chants oratoriens dans nos habitudes. Cette place, et cette influence, sont manifestes dans le curieux tableau des nouveaux « huit tons », inséré en 1698 à la suite de certains exemplaires du bréviaire néo-parisien de Noailles, (Bibl.Nat., B. 504.) C'estlà qu'on trouve, pour la première fois, classé comme 11' ton en A, sous le titre de Hyporp.olius, parmi les Mesopycni (sic !), le ton oratorien du Dixit Domiuus, que voici d'après l'édition de 1634:

Di- xil Do-mi- nus Do- mi-no me- o ; se- de a dexlris me- is.

Dans le même tableau du bréviaire de Noailles, on trouve aussi, comme vi* ton, le fameux « royal » usité déjà pour VExaudiat. Mais une formule contenue dans \e Directoriian c//or/ des Oratoriens en offre évidemment le premier jet :

et

De- us in no-mi- ne tu- o sal-vum me fac : et in virtu- te tu- a ju-di- ca me.

Or, le même thème s'en retrouve dans un faux-bourdon de la même époque, intitulé Les Grâces du Roy, pour le Laiidate, parmi les chants du 6° ton ^ :

1. Dont on a donné tant de variantes, et duquel un ancien critique. Boucher d'Argis, disait : «Comme le goût change avec le tems, quelques modernes du dernier siècle ont composé cette antienne du .^"^ mode, mais sans beaucoup de méthode... L'auteur du nouveau chant fait au contraire monier lesiim au plus haut de l'octave, ce qui n'engage pas à incliner le corps par respect ; et son o démens est d'un chant trop bas et trop froid ». Je cite d'après J. de Valois, /e .Sa/i'e reo-nia, p. 97, Paris, 1912.

J'en ai donné une transcription, d'après l'édition originale de Bourgoing, et une harmonisation à 4 voix selon le goût de l'époque, dans un fascicule édité à la Schola : Choix de plains-chants et chorals populaires français des X VII^ et X VIII» siècles.

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