‹ Variations sur la musique d'égliseChapitre 29 sur 48 · Même publication · texte numérisé non relu

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3. Dans les Airs sur les hymnes sacret^, Paris, 1624, in-S", folios 44-45. Ce recueil fut fait parles Jésuites.

Le vocable de ton « royal », le titre de « Grâces du Roy », nous reporteraient-ils dans l'entourage de Louis XIII, dont la musique de l'Oratoire semble avoirreflété les goûts ? Ne serait-il même point une composition de ce roi musicien?

C'est qu'en effet le monarque affectionnait ce genre, et peut-être, émule de son antique prédécesseur Robert le Pieux, s'il n'eût eu à présider aux destinées de la France, aurait-i! pu s'illustrer dans la musique religieuse. Les publications de ce temps y font diverses allusions, et, flagorneries mises à part, il me semble que les appréciations qu'elles donnent éclaireront ce petit coin de l'histoire musicale, où s'élaborèrent les relations entre le Louvre et l'Oratoire '.

« On voit, — dit le P. Fr. Bourgoing dans son dernier ouvrage, dédié à Louis XIII lui-même, — en quelle estime estoient les Chantres chez lesluifs, & combien nostre Dauid les cherissoit, entrant dans leurs concerts avec sa harpe, pour louer ensemble ce grand Dieu ; ainsi que vostre Maiesté daigne faire quelquefois auec les siens pour honorer ce Roy de gloire & chanter ses diuines louanges...

« Dauid se delectoit à faire des airs qu'il appliquoit aux paroles de ses diuins Pseaumes, et en suite les concertoit parmy ses Chantres. Et votre Maiesté, Sire, qui n'ignore rien, & entre les autres sciences se plaist à la Musique, où elle trouue ses plus agréables diuertissements, & fait aussi bien que Dauid des airs & des chants rauissans, qui charment, et frappent doucement l'oreille de ceux qui ont l'honneur de les oiiir... -. »

De son côté, Louis Archon écrit, d'après des mémoires manuscrits :

« Comme le Roy aimoit la Musique, mais de cette sorte de Musique grave & sérieuse, propre pour les Temples de J. C. où il faut de la simplicité et du recueillement, dans les momens de loisir qui lui restoient, après avoir donné ses ordres à tout ce qui regardoit l'avancement du siège [de la Rochelle], il s'égayoit à composer des motets; il n'avoit jamais appris la Musique par règle : cependant il n'y avoit point de Musicien qui manquât moins à ses tons et à ses mesures. La Fête de la Pentecôte étant prochaine, & Sa Majesté n'ayant pas mené avec Elle ni ses Chantres, ni ses Musiciens, Elle montra à un de ses Ecclésiastiques la manière de noter les Pseaumes qu'on chante aux premières et aux secondes ^'èpres, & afin que tout fût prêt pour le jour de la Fête, son zèle lui fit passer la plupart d'une nuit à un travail où Elle prenoit plaisir : on vit ce jour-là ce pieux Monarque, comme David au milieu de ses Chantres, les animer par sa voix, les diriger par

1. Les sources immédiates, et d'ailleurs bien connues, sur Louis .XIII musicien, sont la (ja:;ette de France (22 mars i633), les mémoires de M""' de Montpensier (éd. Poujoulat, pp. II et 20), et de Dubois, (éd. Poujoulat, p. 526). en quelques traits d'ailleurs assez brefs; Louis XIII aurait mis en musique, dans sa dernière maladie, | le De profundis n qui fut chanté dans sa chambre incontinent après sa mort ». Je 1 préfère reproduire ici les curieux textes qui vont suivre. 1

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