Le David français, déàxcace
ses mouvemens en chantant les Pseaumes selon les notes qu'il avoit marquées ; et tout cela avec des accords si justes, & des sons si mesurez, qu'on étoit charmé de leur harmonie ^ »
Et plus loin :
« Comme le Roy aimoit beaucoup la Musique, il avoit composé la sienne d'un très grand nombre de Musiciens, tous exquis et treshabiles ; l'on avoiioit que pour la beauté des voix, la multitude des instrumens, la douceur de la symphonie, elle surpassoit infiniment celle de ses prédécesseurs & de tous les Princes de l'Europe : il y avoit deux sous maîtres tres-sçavants- ; mais ce qui animoit davantage tous les Musiciens, c'est que Sa Majesté prenoit plaisir à mêler sa voix avec les leurs, les redressant quelquefois sur les notes •''. »
Enfin, Antoine Godeau, le premier écrivain inscrit dans l'Académie française, fait à son tour l'éloge de Louis XIII, dans la préface à sa paraphrase des Pseaumes de Dai'id. Bien que ce passage ait déjà été cité par d'autres musicologues, je crois bon de le reproduire ici à nouveau, d'après l'édition de 1.672, qui donne les « chants corrigez » par Thomas Gobert, « Maistre de la Musique de la Chapelle du Roy, & Chanoine de la sainte Chapelle de Paris », musicien que j'ai mentionné plus haut.
« Le feu Roy, de glorieuse mémoire, n'avoit pas dédaigné d'employer la parfaite connoissance qu'il avoit de ce bel Art, sur quatre de mes Pseaumes, qui ont esté imprimez il y a longtemps. Et les plus excellens Maistres ont admiré cette composition. Le pieux divertissement que ce grand Prince y voulut prendre m'est si glorieux, que la modestie m'auroit empêché d'en parler, si je l'eusse jugé plus puissant que toutes mes raisons pour porter ceux à qui ie parle, à imiter le zèle & la pieté de ce grand Prince, dont la vie a esté comme un concert harmonieux des plus augustes vertus, & qui ayant restably en tant de lieux les louanges de Dieu, les vouloit aussi chanter luy-mesme, &travailloit à les mettre dans la bouche de ses subjets d'une manière agréable ! »
Nous voici donc encore sur une piste nouvelle. Quels sont, parmi les chants corrigés par Gobert, les quatre psaumes français composés par Louis XIII ? Nul moyen direct ne permet de les retrouver cependant, l'abbé Oroux, dans un livre tardif * mais toutefois bien informé, précise le psaume Seigneur, à qui seul fe reux plaire, comme ayant été mis en musique par le Roi. De son côté, dans ses Nouveaux éléniens du chant, le P. Souhaitty, minime ■', publie le dessus et la basse de
1. Archon, Hist. eccl. delà Cour, t. II, p. 7:54 (livre III, ch. xxix).