‹ Variations sur la vie et les livresChapitre 2 sur 37 · MADAME DE LA FAVETTE · texte numérisé non relu

MADAME DE LA FAVETTE

M"" Je La Fayette était fille d'Aymard de La Vergae, maréchal de camp et gouverneur du Havre-de-Gràce. Elle avait à peine quinze ans lorsque son père mourut. Sa mère, Marie de Pena, d'une ancienne famille de Provence, ne tarda point à se remarier. Renaud de Sévigné qui était chevalier de Malte, se fit relever de ses vœux pour l'épouser.

D'après quelques vers de la Muse historique de Loret, M"'' de La Vergae en voulut un instant à sa mère de lui avoir donné un beaupère. Elle suivit cependant le ménage en Anjou, lorsque le chevalier de Sévigné s'y retira pour nouer plus secrètement ses intrigues contre l'autorité royale.

C'est vers cette époque que le cardinal de Retz rencontra M '° de La Vergae qui était jolie et fort aimable. Elle lui plut baaucoup, et il ne parvint point à l'émouvoir.

Il pensait que sa réputation d'amoureux volage l'avait mise en garde. Il se consola donc vite de sa rigueur, afcc la facilité qui lui était assez naturelle, disait -il, M"° de La Vergue fut présentée à M'"" do

Rambouillet qui lui prodigua ses conseils.

Riche, affable et spirituelle, Catherine de Vivonne, qui avait épousé, en 1600, Charles d'Angennes, marquis de Rambouillet, sut s'entourer de poètes et de savants. On venait chez elle, chaque jour, lire les ouvrages nouveaux et deviser finement, sans craindre l'afféterie ou l'extravagance même.

Le rude Malherbe se laissait amadouer par Vincomp arable Catherine, et ne trouvant pas ce nom assez poétique, il courut longtemps d'anagramme en anagramme. Il consulta Racan : ils balancèrent entre Arthcnice^ Eracint/ie et Çarinthée. Enfin, oT\c\\o\^ii Arthénice, etM^'de Rambouillet adopta ce nom.

Rientôt, la célèbre Julie d'Angennes, fille de M""" de Rambouillet, parut dans les doctes réunions présidées par sa mère, dans tout l'éclat de sa beauté et de son esprit. Julie aimait la louange, et l'encens de l'adoration lui était agréable sans lui causer le moindre trouble. Elle haïssait le mariage. Le marquis de Montausier n'obtint sa main qu'après une cour assidue de quatorze ans, et la soumission la plus entière. Elle frisait alors la (juarantainc.

L'Académie française, qui venait de se for-

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