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éprouve de pareilles sensations ». Nous n'avons pas relevé de cas semblables dans nos observations. |
Chez presque tous les hypochondriaques porteurs de varicocèles, cette dépression morale dont nous venons de parler s'accompagne d'un affaiblissement notable des forces physiques. Ils sont affaissés, abattus, paresseux ; le moindre exercice les fatigue, le moindre travail les plonge dans une lassitude et une torpeur extrêmes.
Ces malheureux sont en outre tourmentés par de. : fréquentes insomnies et ils se complaisent pendant : ces heures de veille à méditer dans le silence de la nuit sur l’état de leurs organes qu'ils croient irrémédiablement atteints. |
Il n’est pas rare d'observer chez eux des tiraillements et des pesanteurs d'estomac ; certains ont même de véritables accès gastralgiques et le malade que cite Jaccoud (1) dans son Traité de pathologie interne en est un bel exemple. Leur appétit faiblit, ils perdent le goût des aliments et vont jusqu'à s'imaginer que rien ne peut plus les nourrir. Enfin les fonctions digestives sont troublées, l'estomac devient malade à son tour, les digestions se font mal et un amaigrissement rapide en est la conséquence.
La perle d'appélit et de sommeil, les troubles digestifs, le malaise général qui en résulte, joints aux
(1). Jaccoud, Pathologie internè, 1883, tome 1, page 8014,
préoccupations continuelles rendent la vie insupportable.
| Is sont plongés dans un abattement et un découragement absolüs et il n’est pas rare de les voir se décider à en finir avec une existence devenue intolérable. Ils sont hantés par des idées de suicide. Un malade de Brechet (1) atteint de varices du cordon était résolu à se tuer. Vidal de Cassis (2) rapporte le cas d'un médecin en chef d’un hôpital d’une ville. importante de France, qui s'était rendu à Paris pour . Consulter sur un varicocèle, bien décidé, disait-il, à se brûler la cervelle si on ne lui promettait pas une guérison.
Lealy, Robson, Jamin citent des observations semblables.
Enfin, Wiederhold (3) a signalé un certain nombre de malades chez lesquels les symptômes psychiques étaient moins importants. Par contre, on trouvait chez eux des troubles périphériques tels que névralgies de différents nerfs et, en particulier, des intercostaux. Les battements du cœur étaient irréguliers et précipités. Ces malades se plaignaient en outre de paresthésies, de fourmillements, de bouffées
(1). Brechet. Gazette Médicale. Paris, 1834.
(:). Vidal de Cassis. Annales de la Chirurgie franc. et étrang., 1844, tome XIT,
(3. Wiederhold. Deutsche medicinische wochenschrift, sept., 1891, p. 1069.
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de chaleur; leurs membres étaient le siège, dans la moitié du corps correspondant à leur varicocèle, de sensations de chaud et froid et de sueurs profuses. On rencontrait chez d'autres des signes de petit mal, des vertiges et de l'incertitude dans la marche. La fréquence du varicocèle à gauche, ajoute Wiederhold, explique la présence de ces symptômes de ce côté.
Traitement
Quelle conduite convient-il de tenir en présence de cette hypochondrie? Quel traitement peut-on employer pour en enrayer les progrès ?
Chez les malades dont l'esprit est prédisposé, chez ceux qui ont « plus d'imagination que de mal », il faut agir surtout sur le moral. Le médecin arrivera, s'ils ne sont pas convaincus et s'ils sont seulement tourmentés par des phobies, à chasser leurs mauvais pressentiments par de bonnes paroles. Il leur montrera que leur affection est très légrre et ne peut se compliquer d’aucun accident sérieux. Il les instruira sur le peu de gravité de la maladie dont ils sont atteints, il gagnera leur confiance et parviendra après quelques entretiens à chasser des craintes et des terreurs si peu justifiées.
Dans ces cas légers, alors que la croyance en une affection sérieuse n’est pas enracinée dans leur esprit, il ne faudra négliger aucune des précautions hygiéniques propres à arrêter le développement des varices. On veillera à ce que la constriction des vêtements ne soit pas trop énergique ; on combattra la constipation par des lavements réguliers ; on tonifiera les enveloppes scrotales par des lotions froides
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ou astringentes ; on prévicndra toute stase sanguine pelvienne, toute hypérémie hémorrhoïdaire. Les marches forcées, la danse, l'équitation, les bains chauds et les excès vénériens seront sévèrement proscrits. Enfin, un suspensoir léger, bien fait, bien appliqué et bien entretenu sera l’agent le plus précieux dans ce traitement palliatif du varicocèle. Il pourra arrêter l’évolution de l'affection et quelquefois même amener la disparition complète du paquet variqueux.
Dans ces cas heureux, lés bons conseils du médecin sont d'autant plus efficaces que l’état local va toujours s'améliorant. Avec la guérison du varicocèle disparaîtront les mauvais pressentiments du malade.
Wiederhold (1) persuadé que le varicocèle était cause de la neurasthénie, s’est appliqué surtout à traiter l'affection première. Dans l'impossibilité de pratiquer une intervention sanglante dans sa maison de santé spéciale aux maladies nerveuses, il a eu recours à l’électricité et à l'hydrothérapie combinées qu'il fait agir directement sur le scrotum. A l’aide de ce traitement purement local, il a rendu à des jeunes gens tristes et désespérés, leur gaité, leur vigueur première et le goût du travail. On obtient de très beaux résultats, affirme-t-il, à condition de continuer pendant un certain temps ce traitement que
Wiederhold, — Deutsche medicinische wochenschrift, sept. 1891, p, 1069, à
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