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le malade peut suivre sous la direction de son médecin ordinaire et {out en s’occupant de ses affaires.
Enfin, Wiederhold ajoute que la guérison de plusieurs de ces hypochondriaques est restée complète longtemps après leur départ de sa maison de santé. e
Malheureusement il n’en est pas toujours ainsi et cette hypochondrie souvent rebelle ne cède pas aussi facilement aux méthodes les mieux combinées et aux discours les plus persuasifs.
Si la tumeur augmente, si une légère atrophie apparaît, si les douleurs deviennent considérables, s'il est donné au malade de constater une frigidité qu'il ne soupçonnait pas, si, en somme, tous les symptômes augmentent d'intensité, l’état nerveux ne fait qu'empirer. Le moral, loin de se relever, s’affectera de plus en plus à l'apparition d'accidents nouveaux. Le malade sera persuadé que son médecin a voulu lui cacher la vérité. Ne lui a-t-il pas dit, en effet, que sa maladie n’était pas grave el ne pouvait entrainer aucune complication sérieuse ? Et cepen-
: dant le scrotum augmente de volume, les souffrances
sont intolérables, le testicule se ramollit de jour en jour et l'impuissance est absolue.
C'est alors qu'après avoir épuisé toutes les ressources hygiéniques et tous les palliatifs, il faut en arriver à l’opération.
Toute hésitation serait impardonnable en pareil
is
cas, au risque de voir la tristesse et la préoccupation augmenter jusqu'à l’aliénation mentale et jusqu'aux idées de suicide.
Les chirurgiens sont unanimes, lorsque les symptômes d'hypochondrie sont très accentués, à conseiller l'intervention. Avant l’antisepsie, alors que l'opération était considérée comme dangereuse, on y avait cependant recours tellement l'abattement de certains malades était profond et tellement ils étaient hantés par de sombres projets. Dans certains cas même, et en présence de troubles psychiques aussi marqués, on n’a pas craint de pratiquer la castration que les malades réclamaient à grands eris.
Landouzy, Astley et Bransby Cooper, Thompson Vidal de Cassis, Ogilvie Will, Henry, Lydston ont indiqué l’hypochondrie en tête des complications nécessitant une intervention sanglante.‘Ils insistent sur ce point dans leurs ouvrages êt les heureux résultats qu'ils obtiennent dans leur pratique justifient pleinement leur façon d'agir.
Le nombre des opérations croissant avec les progrès des méthodes proposées et avec l'introduction de l’antisepsie en chirurgie vient augmenter la série des heureux effets de l'intervention. Enhardis par ces succès les auteurs qui se sont occupés de cette question pendant ces dernières années, ont insisté sur la necessité de la cure radicale lorsque le varicocèle s'accompagne d'hypochondrie,
Wickham, Fistié Schwartz, Carlier, Tillaux, Segond, Reclus, Annequin. Dardignac et bien d’autres encore en France; Bennet, Robson, Francesco, Robson, à l'étranger sont unanimes à proclamer l’efficacité du traitement chirurgical. Ils n'hésitent pas à le pratiquer chaque fois que leur malade présente des désordres intellectuels incontestables.
Il est certains auteurs, rares cependant, qui font certaines réserves et qui vont même jusqu’à contre indiquer l'opération.
Pearce Gould (1) dit qu'il faut se garder de toucher aux varicocèles quand les symptômes nerveux sont trés marqués. « Ces cas, ajoute-til, s’observent en général chez de jeunes hypochondriaques dont l’état ne s'améliore que pour un temps très court. » Nous croyons que l'amélioration même passagère dont parle Pearce Gould n’est à pas dédaigner chezces malades sans cesse tourmentés par de sombres idées. En tous cas, nous ne voyons pas la nécessité de laisser à ces individus une infirmité très gêénante et quelquefois même très douloureuse. Elle ne peut qu’alimenter leurtristesse et devenir, par saseule présence, la cause d'accidents plus graves.
M. Duplay (2),5e garde de cèder aux sollicitations
(1) Parce Gould. Société de médecine de Londres. Séance du 11 janvier 1880.
(2) Duplay. Revue générale de clinique et de thérapeut. Août 1893. page 549,