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d'autant plus de raisons d’exister que, dans certains cas, les fonctions des testicules sont annulées ; Gosselin en a cité un exemple.
Impuissance. — L'appétit génésique est diminué, chez ces individus, à des degrés divers. Tantôt c’est l'impuissance absolue ; tantôt sans être impuissants ils ont des érections incomplètes et si on les interroge sur la fréquence de leurs rapports sexuels on apprend qu'ils pratiquent rarement le coït. Lallemand (1) dit avoir interrogé avec soin les malades qui sont venus le consulter pour de simples varicocèles, et il a remarqué que leurs organes ne répondaient pas à leurs désirs. « Ils avaient plus d'imagination que de puissance et cette faiblesse était même ce qui les affectait le plus ». Cette timidité sexuelle provient souvent des souffrances plus ou moins vives qu'éprouvent les malades dans leurs rapports sexuels.
Tel était le cas du jeune américain que cite Reclus, de l'officier dont parle Dardignac et du malade qui fait l'objet de notre observation XX.
M. Jamin (2) rapporte dans les Annales des maladies des organes génito urinaires une belle observation d’impuissance chez un homme de 26 ans. « Le malade raconte que l'émission spermati-
(1) Lallemand. Des pertes séminales involontaires, 1836. Tome Il, p. 170.
(2) Jamin. — Annales des maladies des organes génitourinaires, juillet 1839, 8. 403,
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que n'est jamais accompagnée d'une érection suffisante pour conduire la verge dans le conduit vaginal. Quand, à 19 ans, il fit sa première tentative de coït, il ne put y avoir intromission et, depuis lors, il en a été toujours de même. Quoique dévoré de désirs vénériens, ce jeune homme voit ses rapports avec les femmes se borner à des manœuvres d’attouchements qui déterminent plus ou moins rapidement une éjaculation. Cette impuissance génitale n'a pas été sans influencer très fâcheusement le caractère du malade, qui avoue, les larmes aux yeux, être hanté par les idées les plus sombres et avoir déjà songé au suicide ».
Sans cesse préoccupé de leur difformité physique qu'ils s’exagèrent, de leurs «aptitudes congressives » dont ils se croient déchus, certains de ces malades sont atteint d’une hypochondrie sexuelle intolérable qui peut aller jusqu'à leur donner des idées de suicide. Cette déchéance génésique est; pour Duplay, la source principale des troubles psychiques.
« Dans certaines positions sociales, dit Vidal de Cassis (1) l'impuissance peut-être considérée comme un faible inconvénient, mais dans des conditions opposées, elle devient quelquefois un vrai malheur. Alors le varicocèle n’est pas une cause individuelle de chagrin, une famille entière en supporte les conséquences, car elle peut s’éteindre ».
(1) Vidal de Cassis, cité in thèse Wieklam. Paris, 1885,
Spermatorrhée. — Sans affirmer avec G. Beard que les varices du cordon sont consécutives à la spermatorrhée ou, pour mieux dire, à laffection de la prostate dont cet écoulement est la complication, il n’en est pas moins vrai qu'on a signalé quelquefois ce trouble chez les malades porteurs de varicocèle.
Or, nous savons que les pertes abondantes de sperme ne portent pas seulement une atteinte funeste à la santé physique, mais qu'il en. résulte pour l'esprit un état d’accablement et d’ennui qui dispose au suicide, témoin le eas, rapporté par Legrand du Saulle (1), de ce pharmacien-major de l’armée de Grimée, qui devenu spermatorrhéique ne pouvait se raser lui même sans être pris d'une envie terrible de se couper la gorge. S'il faut en croire Michea, cet écoulement séminal est la cause la plus puissante et la plus commune des symptômes de l'hypochondrie.
Nous avons vu que plusieurs causes étaient susceptibles de donner naissance à l’hypochondrie et d'en favoriser le développement, mais il est des cas dans lesquels nous n'en trouvons aueune qui puisse expliquer l'apparition de ces accidents nerveux. Landouzy cite l'exemple d'un architecte qui pleurait tous les soirs en rentrant chez lui et Vidal de Cassis
(1) Legrand du Saulle, Le praticien, 1883, p. 553.
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celui d’un artiste qui avait des idées très mélancoliques. Ces deux malades ignoraient la cause de leur mal et ce n’est que par hasard qu’on fit chez eux la découverte d'un varicocèle. « Il semble que l’organisme, même en l'absence. de phénomènes douloureux, garde une obscure conscience de la tare physique, de la déchéance virile causée par l'affection ». (Baissas) (1). Nous devons admettre que dans ces observations, très rares d’ailleurs, il y avait une tare nerveuse. Les malades dont nous venons de parler avaient tous les deux une certaine culture intellectuelle et, par cela même, étaient prédisposés à l’hypochondrie. Le surmenage qui avait été cause de l'apparition de leur varicocèle avait dû amener en même temps un certain degré de faiblesse mentale et hâter chez eux l'éclosion de symptômes nerveux qui n’attendaient qu’une occasion pour se révéler.
Nous venons de .voir que la contemplation abusive des varices produit une grande influence sur l'esprit. Cette préoccupation constante d’une infirmité qui entrave leurs occupations habituelles, ces douleurs qui rénaissent au moindre exercice, cette difformité scrotale absent au plus haut degré la pensée des malades.
Nous savons quelle dépression cérébrale présentent certains varicocéleux déchus de leur puissance
(1) Baissas. Note sur la cure radicale du varicocèle. Dauphiné médical, avril 18%.
génitale ou atteints d’atrophie testiculaire; nous com: prenons que le moral puisse souffrir si nous prenons en considération l’impotence que cette affection entraîne et si nous songeons que l'existence d'un varicocèle peut empêcher un mariage ou briser une vocation militaire. Nous allons maintenant étudier par quels symptômes se manifeste cette hypochondrie.
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Symptômes
Le signe capital de l'hypochondrie, celui qui est absolument caractéristique, c'est la tendance qu'ont les malades à exagérer les symptômes et même à en créer d'imaginaires. Leur attention est toujours concentrée sur les mêmes idées et toutes leurs facultés sont tendues vers le même objet, c'est-à-dire la recherche de la nature de leur maladie. Rien ne peut leur enlever la conviction qu'ils sont atteints d’une affection grave ; ces idées absorbent toute leur attention et leur esprit est constamment en éveil malgré leur dépression apparente. Ils deviennent tristes et fuient toutes les occasions capables de détourner leur esprit de leur maladie. Si quelqu'un est assez heureux pour attirer un instant leur attention d’un autre côté, ils sont bien vite rendus à leurs idées mélancoliques par le luxe des précautions qu’ils prennent pour soigner leur affection. Ils sont très méticuleux et passent leur vie à combiner tous les moyens susceptibles d’atténuer leurs souffrances; c’est ainsi qu'ils ehangent plusieurs fois par jour le coton de leur suspensoir et qu'ils apportent des modifications constantes à leur bandage.
Ils fuient la société de leurs amis, interrompent
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toute relation, ne peuvent supporter la vue d’une réunion joyeuse, se condamnent à vivre seuls et deviennent rapidement misanthropes. Il en est qui restent couchés et dans leurs longues heures de solitude ils donnent un libre cours à leurs sombres idées.
- «Quelques-uns n'osent rien entreprendre, leur esprit devient paresseux et lent et il n’y a rien de viril dans ses conceptions et dans ses œuvres ». Wiederhold insiste sur cette incapacité intellectuelle qu'il a souvent rencontrée chez ses malades. Ils restent assis devant un livre pendant de longues heures sans comprendre ce qu'ils ont lu, et il leur arrive de recommencer mille fois une lettre avant de la rédiger convenablement.
Non seulement ils sont malheureux mais encore ils rendent la vie absolument insupportable aux personnes qui les soignent. Ils deviennent égoïstes et oublient leurs affections les plus chères, leurs devoirs, pour ne songer qu'à leur varicocèle et aux conséquences qu'il peut entrainer. |
D’autres, au contraire, sont « scrupuleux, méticuleux, examinant tout à la loupe, leurs devoirs sociaux comme leurs sensations et leurs souffrances. Ce sont gens consciencieux à l'excès et ayant, comme contre partie de leur défaut, de grandes qualités de délicatesse, de scrupule et de conscience. »
Mais tous s’analysent avec une précaution sans égale, sont au plus haut degré préoccupés de leur
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état de santé. Ils vont consulter tous les médecins qu'ils fatiguent de leurs fréquentes visites. Ils courent de chez l’un chez l'autre, ils analysent leurs sensations avec une minutie incroyable-et racontent longuement et par le menu mille petits détails fastidieux. De peur d'oublier quelque épisode dans le récit de leurs malheurs ils arrivent avec leur histoire écrite toute au long. Ils lisent avec avidité tous les livres qu'ils peuvent se procurer sur ce sujet et ils se persuadent avoir tous les symptômes qui y sont rapportés. Ils se reconnaissent dans toutes les descriptions et leur conviction va toujours grandissant.
Ils sont préoccupés, inquiets, impressionnables mais surtout déprimés.
Quelques-uns sont excitables, au contraire, mais c’est le petit nombre.
George Beard (1) prétend avoir trouvé des malades qui avaient une tendance à diminuer les symptômes qu'ils ressentaient du côté de leur appareil génital. « Il est certains. individus, dit-il, qui ayant souffert pendent toute leur vie, ne savent pas ce que c'est que d’être en bonne santé; ils n’ont pas de terme de comparaison et s’imaginent que tout le monde
1) George Beard. — Nervous diseases connected, with the male genital fonction. The médical Record, New-York, février 1881, p. 199.