‹ Varietes bibliographiquesChapitre 2 sur 36 · LES MAITRESSES DES* POÈTES AU XVI» SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES MAITRESSES DES* POÈTES AU XVI» SIÈCLE

sonnets parfois trop libres, fit l’éloge de Lucrèce ; Timothée de Chillac, le disciple d’Alex, de Pontaymery, d ’Angeline; Joachim Blanchon, le poêle limousin, de Dione et de Pasithée; François de Rosset, l’éditeur des Délices de la poésie française, de 1615, de Phyllis ; François de Louvencourt, sieuf de Yauchelles, à’ Aurore et de Leucothée; François Daix, de Polydore; Pierre de Deimier, de Parthenie ; Jean de Boyssières, un poète qui eut la singulière idée d’écrire des doubles sonnets, de Silvie; et Montgaillard (dont les gaillardises ont été reproduites en partie dans le Cabinet satyrique), de Dorizis, d'Isabelle, de Françon et de Claire. G. du Peyrat, le même qui devait plus tard être aumônier de Henri IY, écrivit dans sa jeunesse des vers en l’honneur de Diane; Cl. de Taillemont loua Tricarite, dans des poésies plus incompréhensibles encore que celles de son ami M. Seève ; CI. de Pontoux donna à sa maîtresse le nom d’idée; Nervèze, celui de Livie. Le licencieux auteur de la Nephelococugie, Pierre le Loyer, vanta dans VErotopegnie les charmes de sa Flore.

Voici, comme échantillon, un de ses sonnets :

SONNET

Dans ton sein applany sont deux pommes decloses Qu’en parfaite rondeur nature a fait lever,

Et dans ton mesme sein se voyent eslever Deux fraises de printemps belles sur toutes choses.

Les pommes rondes sont tes deux mamelles closes.

Les fraises tes tétons plus beaux qu’on peuttrouver:

Les pommes vont semblant aux neiges de l’hyver

Et les fraises encore aux plus vermeilles roses.

Cupidon les suçant à longs traits et goulus :

De ma mère le lait, dit -il, ne me plaist plus;

Ses tétons sont moins doux, moins douce est sa mamelle.

J’ayme bien mieux friand dans ce sein m’arrester Et là un doux nectar sans cesse suçotter Meilleur que n’est le lait de Venus immortelle.

Poursuivons. Nicolas le Masson, un poète peu connu, né à Mantes, chanta dans ses vers Isabelle; Jean Deplanches, sieur du Cliastelier et de la Bastonnerie (qu’il ne faut pas confondre avec Jean Desplanches, l’auteur de la Synathrisie), avant d’être prieur de Comblé et sous-chantre de Sainte-Radegonde de Poitiers, rima des sonnets pour Marguerite , Isabelle, Catherine et Francine. Son neveu, Bernier de la Brousse, chanta Hélène et Thisbée; P. deBrach, le poète bordelais à qui M. Dezeimeris a consacré une curieuse notice, chanta Aimée; Maynard, Cléande (voir les Œuvres de François Ménard , dédiées à monseigneur le marquis ' d’ Ancre; Paris, Fran-

Page 1