NOS CONCERTS
lE progrès des beaux-arts, facteur si important de la gloire nationaîe, exigerait qu'on retînt toujours chez nous ■^ . nos meilleurs artistes ; nous en avons perdu un trop grand nombre dans le passé !
Oh ! si le génie pouvait vivre de Fair du : temps! Mais non! Jl paraît qu'il faut de Targçnt, même au génie, et l'argent n'habite guère plus que l'enthousiasme, aux rives du St- Laurent.
,.. C'est, -en outre,. le pays. des familles nombreuses. Or, quand, un homme a gagne de quoi faire, taire, toutes ces petites voix qifî
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luî demandaîenf du paîn, 11 a rempli sa tâche ; ne lui parlez pas trop d'aller aux concerts. Plus riches que nous, plus orgueilleux, plus ouverts au sentiment de la solidarité, initiés plus jeunes aux affaires, à l'évolution générale du monde contemporain, dans le cours de laquelle on les précipite, pendant qu'on nous en éloigne,' les Anglais, s'ils ne sont pas artistes, se targuent au moins d'admirer ceux qui le sont, et de leur fournir de cette admiration des tériioignages sensibles. Ce n'est pas qu'ils naissent supérieurs comme ils le prétendent, mais la diversité des influences assure chez eux le développement de certaines qualités, tandis que chez nous, elle le paralyse.
Pour peu que le vent souffle du bon côté, nous saurons bien, nous aussi, où diriger la barque. Déjà, l'on constate un regain de sympathie pour les beaux-arts, et ceux qui en ont le loisir, se pressent beaucoup plus nombreux qu'autrefois dans nos salles de concert.
Même, on en voit plus d'un dérober au jour une heure précieuse, pour venir contempler les belles œuvres du burin ou du
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pinceau que les dieux protecteurs de Tart exposent aux regards de notre public, à certaine époque de Tannée.
Artistes, je l'admets, pour être ce que vous êtes, à part le talent, il vous faut bien du courage ! mais persistez, il grandit parmi nous, le nombre de ceux qui vous comprennent, qui vous admirent et qui surtout, vous aident et veulent vous voir briller au premier rang des étoiles et des gloires humaines.
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Montréal, comme une des plus florissantes cités de cette Province de Québec, fille aînée de la France en Amérique, et mère toujours aimée de notre peuple.
Dans ce jardin qui nous voit réunis, à deux pas de la montagne qu'il baptisa luimême, vous ne pouviez mieux faire que de perpétuer par le bronze la mémoire de Jacques-Cartier, l'illustre découvreur du Canada. Comme c'est lui qui, le premier, fit reluire dans le riant parterre de ce pays l'étendard de la croix avec celui de la France , c'est aussi l'exemple de ses vertus que vous remettrez souvent sous les yeux de vos enfants, pour mieux les attacher aux tendres et glorieux souvenirs de la véritable mère patrie, à l'amour de notre histoire et à l'ambition de se montrer toujours, en actions comme en paroles, les dignes fils de ceux que la postérité a justement nommés " soldats sans peur et sans reproche."
Ah! pour peu que nous sachions conformer notre conduite à nos traditions, jamais il n'y aura place en nos âmes pour la crainte, ni sur nos fronts pour la honte.
Canadiens, pourquoi manquerions-nous de
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courage dans Taffirmation de nos droits, de notre nom, de notre langue, de nos croyances, de nos aspirations comme particuliers ou comme peuple, lorsque nous avons pour devanciers dans la carrière, des illustrations qui s'appellent Jacques-Cartier, Champlain, Maisonneuve, Marquette, Olier, Jogues, Lallemand, Brébœuf, Laval, la Sœur Bourgeois, Mademoiselle Mance, Mademoiselle de Verchères, La Vérandrie, La Salle, d'Iberville, Frontenac, Lévis, Montcalm ?
Incomparable phalange de héros et de martyrs, je me flatte de croire que du bienheureux séjour de leur immortalité, ils empêchent encore de périr ce petit peuple à Tavenir duquel ils dévouèrent autrefois les ressources de leur génie, les sentiments de leurs grands cœurs et le sang même qui coulait dans leurs veines !
En nous plaçant sous la domination de l'Angleterre, la Providence nous a imposé des devoirs nouveaux. A nos affections pour la France, il faut joindre notre loyauté pour la Grande Bretagne. A notre seconde mère patrie, l'intérêt plutôt que l'amour a inspiré, en ce qui nous concerne, une politi-
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que de conciliation et de libéralité. Cest d'ailleurs celle qu'ont adoptée depuis, les diverses puissances européennes à l'égard de leurs possessions, non seulement pour y enlever tout motif à l'esprit de révolte, mais encore pour se les identifier et s'en faire des aides en cas de besoin. Sans scruter la source d'où cela nous est venu, reconnaissons que l'Angleterre nous a concédé le droit de pratiquer notre religion et d'administrer nous-mêmes, par le conseil de fabrique, les affaires temporelles se rattachant au culte. Par la libre élection de nos commissaires, de nos conseillers municipaux, de nos députés à la Législature ou à la Chambre des Communes, elle nous a faits maîtres de nos écoles,de nos municipalités et de nos gouvernements ; en d'autres termes, elle nous a accordé aussi pleinement qu'une colonie peut en être susceptible, l'immense privilège de la souveraineté populaire. Mais, n'oublions pas une chose : pour l'obtenir et pour le garder jusqu'à présent, il a fallu des Nelson, des Papineau, des Chênier, des Morin, des Lafontaine, des Dorion, des Cartier et une foule d'autre vaillants athlètes
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dont les survivants sont encore à lutter dans rarène parlementaire, pour le maintien de nos prérogatives.
Ah ! messieurs, puisque le destin a exigé tant de labeurs, tant d'héroïsme, tant de noble sang, en échange d'un lambeau de cette liberté qui pourtant, devrait être Tapanage naturel de tous les hommes, surtout de ceux qui naissent sur cette terre américaine, ne craignons qu'une chose : craignons de reculer dévarit la tâche relativement facile de conserver pour nous et pour nos enfants cette précieuse conquête, conquête de droits, de territoire et de richesse publique sous toutes ses formes.
Tout en nous cramponnant aux privilèges que la loi et les traités nous garantissent, hâtbtis-nous d'exploiter ces plaines immenses, ces pêcheries, ces mines, ces forêts dont nous parlons tant sans en profiter, pendant que les étrangers, eux, en profitent si démesurément, sans dire un mot.
Et pour y arriver plus vite, tournons au-
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tant que faire se pourra notre éducation de ce côté.
On objecte que nous n'avons pas de capital ? C'est vrai, nous en avons peu, mais que de beaux résultats nous réalise^ rions encore, si nos petits capitaux, de même que ceux qui les possèdent, pouvaient s'unir pour la poursuite d'une commune entreprise.
Les éléments d'une force sont toujours faibles ; ce n'est que par leur union qu'ils acquièrent de la puissance.
Quoi de plus fragile qu'un simple fil ?
Cependant, réuni à d'autres, il finit par tenir suspendue dans les airs la masse énorme du Pont de Brooklynn.
C'est par la méditation de ces vérités que nous ferons petit à petit l'apprentissage du progrès et de la liberté. Et le jour où nous serons assez formés, assez prospères pour prendre, sans danger, notre place au banquet des nations libres, nous nous détacherons du sein de l'Angleterre naturellement et sans effort, comme le fruit mûr se détache de la branche qui l'a nourri. Tout en nous entretenant dans cette chère espé-
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